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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La posture des parents au moment des devoirs

Question de tenue et de retenue !

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J'ai croisé d'anciennes collègues de travail qui m'ont donné d'étranges nouvelles d'un lieu d'éducation où la vie n'est jamais facile. Parmi les potins et les cancans, les remarques grinçantes et les réflexions acides, elles m'ont narré une bien étrange question qui fit débat en ce collège de quartier qu'on dit sensible:
« Quelle doit-être la posture des parents au moment des devoirs ? ».

La formulation est magnifique, elle porte déjà en elle sa belle dose de mépris ou de condescendance. Elle pourrait parfaitement venir de notre Grand Petit Homme. Hélas non, c'est une enseignante qui a tenu pareil discours. Je frémis en pensant à ce qu'aurait été ma réaction !

Ainsi donc, il y aurait une posture had-hoc du parent responsable lors de la cérémonie rituelle et domiciliaire des devoirs. Le parent digne se tient aux côtés de son rejeton, assis bien sagement, les coudes sur la table du salon. Il est concentré et soutient moralement le fruit de ses entrailles.

Car, on n'évoque ici que la dimension posturale sans se préoccuper, il me semble de toutes les autres interrogations qui devraient surgir lorsqu'on évoque ce pensum pour de si nombreuses familles. Un ergothérapeute viendrait prêcher pour sa paroisse (terme fort mal approprié pour ce quartier, je le concède) et nous expliquerait alors qu'un bureau dans une chambre individuelle est l'endroit idéal, à la condition que l'enfant soit assis sur un fauteuil confortable et réglable. Un autre monde vraiment …

Un sociologue apporterait sa contribution en décrivant la constitution des familles en fonction de l'origine ethnique (pardon monsieur Besson) des parents. Les conceptions de ce qui doit se jouer au cœur de la cellule familiale et la place qui est donnée à l'enfant dans ce cadre. Rapidement, notre question initiale n'aurait plus aucun fondement …

Un travailleur social pourrait prendre le relais pour expliquer les ravages du chômage longue durée ou des emplois précaires. Il dresserait un tableau réaliste de la capacité de respect de contraintes sociales dans un contexte où les repères sont parfaitement chamboulés, les horaires calés sur des rythmes qui ne sont pas nécessairement ceux de l'école. La pendule tournerait alors dans un autre sens !

Une psychologue dresserait ensuite la problématique des parents face à des demandes scolaires qu'ils ne maîtrisent pas pour une multitude de motifs liés à la langue, la culture,  le niveau d'étude, la dégradation de l'image personnelle, la place de l'un ou de l'autre dans l'éducation des enfants. Un malaise s'imposerait alors à nos bonnes consciences d'anciens bons élèves.

Un pédagogue, spécialiste parfaitement déplacé dans un établissement scolaire du second degré aborderait ensuite le problème des contenus et des méthodes. Il stigmatiserait le travail  supplémentaire qui renforce les inégalités et dédouane l'enseignant d'apports qui seront pris en charge par les familles. Il expliquerait ce qu'il est possible de demander et ce qui est parfaitement déplacé (du collège à la famille ….). Un cas d'école en quelques sortes.

Un législateur légaliste, la chose est encore plus rare, affirmerait qu'il est interdit de donner des devoirs et qu'il serait bon que les institutions nationales respectent les règles. Un médecin décrirait les rythmes chrono biologiques de l'enfant, un poète s'enflammerait pour demander que  la société laisse une place au rêve et à l'enfance, au  jeu et au droit de ne rien faire. Dans la salle des professeurs, il n'y aurait déjà plus d'auditeurs, chacun ayant des activités de loisir à honorer.

Alors, plutôt que de conclure bien hâtivement que ces gens-là sont tout à fait incapables d'aider leurs enfants et qu'ils s'en fichent totalement, notre questionneuse éviterait le ridicule en se taisant !

Posturalement vôtre

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Le ch'timi 14/10/2010 17:22






ETRE PARENT





BUTTERFLY23 


A la naissance
C'est une joie de tenir un être sans défense
On voudrait le border, le protéger, le garder contre soi
C'est beau le sourire d'un nouveau né
Il met du baume au coeur
Après quelques mois
Il gazouille
Et l'on fond car le son est doux
Par la suite
C'est un honneur car il montre ses premiers pas
C'est un spectacle qu'on ne se lasse pas
Et bien plus tard
Le temps révolu de l'enfance voici un nouvel air
Son adolescence avec les petits soucis
Les premiers amours, les peines de coeurs, le choix des études
A peine était il dans nos bras sans le remarquer
Le voilà volant de ses propres ailes





Bonne soirée



BR 15/10/2010 06:53



Ch'timi


 


Footablleur psse encore mais poéte !


 


Bientôt vous nous écrirez un conte où il sera question de votre bonne vieille citrouille ...


Et si quelqu'un y avait pensé avant vous ?


Bonne journement vôtre