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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La procrastination sublime

Différer jusqu'au dernier moment.



3singes
    Étrange habitude que je déplore avec agacement dans notre monde associatif et qui semble s'être généralisée dans tous les domaines des activités sociales. Remettre éternellement au lendemain ce qu'on eût pu faire assez facilement le jour même voire la veille sans que cela eût posé la plus petite difficulté.

    L'économie du flux tendu a peut-être influencé profondément la psychologie des membres de mon club de rugby. Il leur faut attendre la dernière minute pour remplir les formalités administratives qui leur ouvriront droit à la licence, donc au match avec la validation de notre cher assureur ovale.

    Depuis bientôt un mois, nous distribuons les papiers de réinscription avec cette terrible épreuve pour un jeune homme en pleine possession de sa force physique : la visite chez son médecin traitant pour obtenir l'onction médicale afin d'être considéré apte à la pratique de notre sport éminemment traumatique il est vrai …

    « Demain, je le ferai demain ! ». il n'est pas un entraînement où je n'ai entendu cette étrange phrase, jamais mise en action. Plus l'échéance de début du championnat approche, plus je m'exaspère de ce geste simple que l'on diffère dans un refus frénétique de se mettre en règle, de rentrer dans les clous, d'accepter le principe commun.

    Nous retrouvons ce comportement avec les tenants du tiers provisionnel qui attendent souvent l'ultime seconde pour porter leur dû à ce trésor public si méprisé. Dans les écoles, les élèves jouent également cette farce du délai(s) que l'on demande à repousser dans un ultime espoir de croire en la dissolution du devoir à accomplir.

    Devoir, quel étrange verbe, quel étrange nom également. Ils sont les mal-aimés de nos cohortes d'administrés, d'élèves, de membres pas tout à fait actifs. Le devoir se pare d'une abominable coercition, il est rejeté dans cette société qui se vautre dans le seul plaisir individuel.
« Fais ce qu'il te plaît ! » et non plus « Fais ce que dois ! ».

    Nous célébrons tous avec ostentation ces droits qui nous permettent de jouir encore plus de notre bonheur d'être des citoyens privilégiés dans un pays développé. Nous les réclamons, nous nous les approprions sans jamais nous soucier de la petite contre-partie qui est l'autre face d'une même notion.

    Oui, je sais qu'il y a bien loin d'un certificat médical que l'on repousse sans cesse à tous les actes collectifs qui structurent notre appartenance à un société censée fonctionner sur des principes collectifs. Mais j'estime que ce report quasi systématique en dit long sur la dégradation de notre relation à la contrainte nécessaire.

    Les garçons de mon club ne sont pas à blâmer outre mesure. Vendredi soir, à dix jours de la date butoir (au-delà de laquelle leur billet ne serait plus valable), ils étaient vingt- cinq sur soixante-dix à avoir rempli leur contrat. Nous devions rendre visite à un club voisin où seulement neuf licences étaient dûment accompagnées du sésame médicale.

    Ce n'est pas parce que nos voisins sont moins bien lotis que je vais me réjouir. Je constate avec impuissance un phénomène qui d'année en année s'aggrave. Il se peut également que dans nos villes, il soit de plus en plus difficile de trouver médecin à disposition pour une formalité peu exaltante et pas assez gratifiante pour beaucoup d'entre-eux. Mais ceci est une autre histoire ...
   

    Échéancement vôtre.

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Patrice MAGNE 22/09/2010 13:10



Et encore BR tu n'as pas abordé le coté financier de la chose à savoir le paiement de la cotisation


Aïe!Aïe!Aïe!!!



BR 23/09/2010 07:20



Patrice


 


Si, je les glissé entre les lignes.


J'étais très colère et j'en ai vraiment assez de cette attitude qy-ui nous met en danger de perdre à la maison pour notre premier match. Il y a des garçons qui paieront tôt ou tard ce
comportement irrespectueux.


Rancunièrement vôtre