Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La raison close ...

La lanterne rouge.


Le client fait loi !

 



 

Voilà un sujet bien épineux où de toutes parts, les raisons de controverse sont multiples chargées d'intentions louables et de pensées obscures. Il y a les tenants de la dignité de la femme, d'une morale imposée, d'une volonté de débarrasser la Terre d'une activité antédiluvienne. Il y a les amateurs éclairés, les gourmands de la chose, les mâles dans leur splendeur qui n'ont pas besoin de recourir à ce commerce et s'offusquent que d'autres, moins bien lotis, en aient besoin. Il y a les hygiénistes, les pudibonds hypocrites, les moralisateurs bien pensants qui ne parlent jamais de la place qu'il faudrait. Il y a les gardiens de la cité, les voisins de trottoirs, les familles outragées. Il y a la femme maltraitée, la femme battue, la femme violée devenue la femme marchandise.



Il y a encore tant de points de vue pour évoquer un sujet qui ne peut se résumer en un raccourci facile. Il y a la souffrance des femmes qui se vendent, les hommes qui les traquent, ceux qui en tirent des bénéfices crapuleux. Il y a le désespoir des hommes qui ne trouvent jamais chaussure à leur pied, l'éventuelle ségrégation de la laideur, du handicap ou de la timidité. Il y a les retors, les pervers, les violents, les tordus, les dangereux. Il y a celles qui veulent une liberté totale, un confort à n'importe quel prix, un argent qu'elles prétendent acceptable pour faire bonne figure …

La prostitution, je l'envisage de la place confortable d'un homme qui n'a jamais eu à y recourir. Ce n'est ni un titre de gloire ni une raison pour pouvoir pérorer à mon aise. Ce sujet est complexe, porteur de bien de nos faces cachées. Il n'est pas que le seul fait des hommes, il a de multiples facettes qui ne peuvent être traitées d'un simple trait de plume.

Pourtant nos législateurs ne reculent pas devant l'obstacle. Ils attaquent le phénomène à leur manière simpliste. La loi doit tout régler, c'est une croyance magique dans notre pays. Puisqu'il en ait ainsi, punissons le client et oublions le malade ! Six mois de prison et 3 000 euros d'amende, on se demande bien si la potion aurait l'effet escompté.

On applaudit ou s'indigne, on hausse les épaules ou l'on s'interroge. Chacun réagit selon ses convictions et ses failles inavouables puis parfois quelques-uns se posent alors les questions qui dérangent. Qui sera pris par la patrouille ? A quelle prostitution veut-on s'attaquer ? Que deviendront les femmes privés de clients ? Seront-elles accompagnées pour un retour compliqué et douloureux à la vie ordinaire ? Laissera-t-on encore des espaces secrets pour ce commerce enfin prohibé ?



Je n'ose imaginer que la prostitution de luxe, celle qui occupe quelques soirées de nos jolis messieurs faiseurs de lois ou de ministres soit concernée par ces mesures. C'est la prostitution de proximité et au rabais qui me semble visée par une mesure qui ne pose pas de principes déterminés et définitifs, C'est encore au bas de l'échelle qu'on s'en prend sans affirmer fermement la volonté de mettre à bas une économie juteuse et si profitable.

Une fois encore la loi est destinée à punir les humbles, à empêcher ce qui échappe à l'économie du luxe, à abattre le petit commerce qu'il soit crapuleux ou bien faussement indépendant. Pour vivre son vice il suffira sans doute d'avoir de l'entregent, un carnet d'adresse et des moyens conséquents. Nul ne songe à soigner le malade, riche ou pauvre, qui pense que l'affection se paie en monnaie de songes, qu'il peut aliéner le plaisir de l'autre contre quelques billets.

Que vont devenir les filles ou les garçons de joie quand elles seront privées de ce commerce crapuleux. La loi ne s'attaquant pas aux raisons de l'offre et de la demande risque d' imposer une économie plus souterraine encore. À l'horreur d'aujourd'hui, nous allons trouver l'abomination de demain. Y aura-t-il une volonté politique inflexible pour n'en rien tolérer ?

Il faut aller plus loin et mettre dans notre constitution que le corps humain ne peut être une marchandise. Ainsi toutes les prostitutions mais aussi les commerces inavouables que l'on tente de mettre en place en matière d'organes ou d'enfants à naître seront parfaitement cadrés et définitivement évacués des phantasmes sordides et mercantiles.

Coléreusement leur.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article