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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La résistible ascension d'Arturo Ui.

Tout en haut de la Grande Tribune…

Ceci est une fable.
Toute ressemblance avec des personnes ayant existées
Ne serait que facheux rapprochement de votre part....

    Il était une fois un petit homme qui aspirait à gravir tous les échelons qui se présentaient à lui. L'ambition pour les uns, la vanité pour les autres, chacun qualifie comme il peut le chemin des autres et ne se préoccupe guère de nommer le sien.

    Arturo, comme nous l'appellerons, lui qui ne doit pas bien connaître Bertoldt Brecht, mais cela n'a vraiment aucune importance pour notre propos, Arturo disais-je, venait de quitter une belle aventure marine où il avait souqué ferme pour garder à flot une petite plate de Loire.

    Les grands de ce monde ne doivent parfois leur destin à un hasard de l'existence, une inflexion imprévue qui les placent sur une nouvelle orbite. Pour Arturo, c'est l'entrée d'un des siens dans la Principauté d'Ovalie qui bouleversa son existence et son entourage. Il quitta l'onde pure et plus tard sa dame de nage pour se vouer corps et âme à la balle ovale.

    D'abord, il avança à pas de loup. La démarche annonçait déjà sa future nature mais personne ne s'inquiétait alors, de ce personnage, affable et souriant, toujours prêt à rendre service et à filmer un tournoi ou un match. Présent aux entraînements comme aux tournois, il affichait une disponibilité et une prévenance dont on fait l'étoffe des bénévoles.
    Un des naïfs de ce lieu lui offrit son amitié, lui demanda quelques services et le recommanda chaudement auprès des dirigeants. Le cheval de Troie était dans la place, il ne  restait plus qu'à la conquérir.

    Arturo se multiplia pour se rapprocher du balcon. Il était une source inépuisable de propositions, de dossiers menés tambour battant, d'initiatives toutes plus pertinentes les unes que les autres. Il savait à l'époque s'entourer de bons conseils.

    Son ascension fut spectaculaire. Il monta bien vite au sommet de cet édifice. Il s'imposa par sa puissance de travail, sa maîtrise de l'outil informatique qui vous place bien au-dessus du commun des mortels avec de magnifiques présentations sur un P. C. qui ne sera jamais rouge. L'esbroufe, le tape à l'œil, l'apparence vous servent bien mieux qu'un fond solide mais un peu austère.
    La fusée Arturo était en marche, elle fit comme toutes ses congénères, à chaque étape franchie, elle largua un étage encombrant devenu inutile. Malheureusement ici, il se s'agissait pas de matériaux mais d'individus, qui un jour, s'étaient imaginés amis de ce cousin Rastignac.

    Pour atteindre ce sommet tant désiré, Arturo fit comme tous les grands de ce monde. Il composa, se déjugea et se déshumanisa. Il était emporté par cette folie de la grandeur qui affecte, un peu plus, ceux que la nature a élevés en deçà de la toise moyenne.

    Pour un temps, il partagea la première place. Tel Bonaparte, son modèle en toute chose, il accepta un directoire avant de se voir couronné seul, au sommet de son Empire. Sa vie en fut affectée, il lui fallut opter pour un carrosse rutilant, détail d'importance dans un monde qui s'attache à ces marques ostensibles de réussite.

    Il y a peu, Arturo a touché les dividendes de toutes ses combinaisons. Il occupe seul ce trône qu'il désirait si ardemment. Il vous parlera de sacrifice, de don de sa personne, de sens des responsabilités, autant de doux refrains qu'on nous sert habituellement pour nous vendre les ambitions les plus folles, en politique comme ailleurs.
    Il détient le pouvoir absolu sur son petit Empire. Qu'il se méfie, placé où il se trouve, il y a bien souvent un Brutus, un félon qu'on a élevé en son sein, pour vous poignarder dans le dos. Il peut également à moins que ce ne soit concomitamment, connaître les affres du déclin et de la chute !

    Son ascension est Résistible, demain sera un autre jour !

    Augustement vôtre.

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