Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Rose ou le Coq


Côté cour et côté jardin !




    Dans une heure, le coup d'envoi de ce match si particulier que ma vie sociale s'arrête pour ne pas risquer la sollicitation désastreuse, celle qui m'éloignerait de mon petit écran pour l'un des deux seuls rendez-vous de l'année ovale qu'il est hors de question de manquer (l'autre c'est la finale du championnat de France). Je joue la montre pour que le temps se contracte durant cette attente interminable. Les Italiens et les Gallois jouent la diversion plaisante et offrent une autre opposition du bleu et blanc contre le rouge et blanc.


    Ces bleus-azurs là s'agitent, se multiplient de façon désordonnée. Leur débauche d'énergie n'est pas récompensée, ils ont le pied trop hésitant pour suppléer leurs atermoiements collectifs. Les Gallois plient mais ne rompent pas, ils profitent même de quelques maladresses latines quand le coup semble gagnant.


    Les bleus, les nôtres font leur entrée à Twickenham. L'homme sandwich du rugby est filmé en gros plan, sera-t-il aussi performant ballon en main que sur un écran publicitaire ? C'est de sa capacité à perforer derrière une mêlée qui doit rester performante que dépend en partie le sort du Crunch à venir. Comme le dit Marie-Cerise, ça ne sera pas Chocolat !


    Quarante minutes à tuer, les Italiens ont encore échoué. Que l'apprentissage est difficile et combien faut-il de désillusions dans ce jeu avant que de croiser furtivement la consécration. Et encore, certains ne la croiseront sans doute jamais … La télévision Française traîne elle-aussi en langueur ou en longueur. Il faut maintenir le spectateur captif avec les images d'antan, celles d'un temps ou le jeu Français était encore une belle réalité. Cherchent-ils à réveiller les esprits ? Veulent-ils réanimer un vieux souvenir ? Nous aurons bientôt la réponse …


    Marc Liévremont affirme que nous avons une bonne défense et que les six essais encaissés lors des deux premiers matches sont la résultante de fautes stupides. Nous sommes rassurés pour affronter le rouleau compresseur. Il est parfois préférable de se taire plutôt que de répondre à des interviews tout aussi inutiles que ces commentaires qui meublent ce temps qui n'en finit pas de s'écouler. Paradoxalement, la publicité vient apporter un peu de rythme et de surprise dans ce concert de truismes.( C'est bien la première fois que je trouve un intérêt à cette stupidité mercantile).


    Le pire est à venir. Pour le dernier quart d'heure et, hélas pour la totalité du match, le duo inénarrable prend le micro. Mathieu et Fabien puisqu'on s'interpelle par son prénom dans ce milieu de la parole vaine, va multiplier les propos creux, les phrases toutes faites, les évidences incontournables. Le jeu de mot se régale de l'anglicisme de pacotille. Anti paradigme absolu, c'est deux là sont à montrer dans toutes les écoles de journalisme. Ils me désespèrent et j'ose croire que ce ne sera pas prémonitoire …


    Les équipes font leur entrée sur la pelouse. Les Anglais se font accompagner par des fillettes, une façon subliminale bien à eux de nous adresser un ultime message. Une minute de silence avant la rencontre pour nous signifier une fois encore que les hommes ne sont pas égaux devant la mort. Un tremblement de terre en Nouvelle-Zélande et ses quelques deux cents morts emportent la compassion ovale quand le massacre du peuple Libyen par son tyran ne provoque aucune émotion tangible dans ce temps du Rugby mais certainement pas de la conscience universelle.


    Les Français ont gagné le « toast », première victoire Anglaise, celle du vocabulaire. Imanol donne le ton et le premier caramel. Une quille bottée dans les vingt deux met un terme à une première action bleue virulente et le pied nous renvoie à nos chères études. Un ballon perdu sur la première touche et il y a déjà le feu dans la maison France. Les Anglais ne s'y trompent pas en entonnant leur premier « Sweet Chariot » ! Cela galvanise leurs joueurs qui gagnent la première mêlée. Deux lancements de jeu perdus et trois points au compteur, ça commence bien !


    La réponse du berger à la bergère. L'Anglais se fait des passes dans ses vingt deux mètres, il y a quelque chose d'anachronique dans cette remarque et la pénalité vient récompenser le pressing défensif. 3 à 3. Belle réaction.


    Deuxième grosse séquence française ; Dimitri donne de la vitesse au jeu et Vincent met des cannes. Deuxième mêlée et encore une sortie gagnante pour les blancs. Il ne faudrait pas que ça dure . La punition est rapide, touche, jeu au large et hors-jeu Français. 6 à 3.


    Premier ballon perdu dans un regroupement pour les bleus. Attention, c'est là que le perfide anglois nous attend. Il y a le feu plusieurs fois et la pénalité pour l'heure est la seule récompense pour les blancs. Les vagues déferlent et le score enfle 9 à 3. Réaction immédiate et grossière faute au sol de nos meilleurs ennemis. 9 à 6, les bleus restent à flot grâce à la qualité des coups d'envoi.


    Une mêlée gagnée après que Vincent ait mangé l'herbe sur la tête de la vedette adverse. Les gros ont fait l'effort et Dimitri remet les pendules à l'heure 9 à 9. Les uns bégaient leur Rugby quand les autres pointent le bout de leur nez. Ce jeu est curieux et le rapport de force peut basculer pour un presque rien en apparence: ici la sortie du pilier Shéridan sur blessure. Les mouches ont changé de mule en mêlée !


    Le jeu se stabilise. Les défenses prennent le pas sur les attaques, les fautes de main attestent de la férocité du débat. C'est naturellement par le pied que le danger arrive et à ce jeu François et Vincent sont les meilleurs pour l'instant. Le jeu est verrouillé pour le moment et la météo explique aussi les maladresses. Il se débloquera par un exploit ou une erreur individuelle. Une faute clôt cette période en donnant l'occasion aux frenchies de virer en tête hélas sans y parvenir : 9 à 9 aux maudits écrans de publicités.

    La grosse cagade d'entrée, le feu couve et les blancs s'enflamment pour aller à dame. Marc l'avait dit ; une erreur peut faire basculer le match. C'est le respect à la lettre des craintes de l'entraîneur : 14 à 9. Le bis répétitas menace et sans un petit en-avant, le perfide eut failli enfoncer le clou. Mais la confiance a clairement changé de camp ! Les vagues blanches déferlent à nouveau.


    Le « sweet chariot » revient au premier plan. Une nouvelle fois, ça chauffe et il s'en faut d'un rien qu'un essai vienne assommer les bleus qui en sont rendus aux expédients. C'est le moment des premiers changements. L'homme de Cromagnon manifestement dépassé par le rythme sort et Johnny fine lame rentre dans l'autre camp pour rentrer dans la légende : 17 à 9.


    Les Français touchent du bois, la chance va-t-elle tourner ? La petite embellie dure le temps d'une petite incursion dans le camp adverse. Une chandelle éclaire le jeu et permet de coq de jouer son premier ballon dans les 22 de la rose. Derrière la mêlée, la poisse prive Aurélien d'un essai mérité sur une passe au pied de François. L'arbitre se mêle de la chose et renvoie le gallinacé dans son camp.


    Les plats ne repassent pas deux fois et la déferlante change de camp. La rose refleurit et le coq désenchante. Pour l'instant, il résiste, les ergots plantés dans le pelouse anglaise mais on le devine qui bat de l'aile. Une bêtise offre à nos hôtes l'occasion de montrer qu'ils avancent plus vite que leurs visiteurs. L'impression visuelle est terrible. Il y a un monde physique entre ces deux équipes.


    La mêlée demeure une énigme arbitrale et les Français sont dans le collimateur. Le dénouement approche et l'impuissance des bleus semble une évidence. Cette fois encore, le jaillissement vient de la maison d'en face et l'essai a failli être au bout du contre terrible. Il faut le reconnaître, la vitesse et la puissance sont dans le camp Anglais. L'impuissance est Française à l'image de ce plan lâché au pied par Alexis.


    Si près, si loin pourtant. Un manque de talent individuel, une incapacité criante à déstabiliser collectivement dans le même temps. La France perd honorablement. Est-ce suffisant pour préparer l'avenir ? Sans doute que nous sommes satisfaits d'avoir évité ce que nous craignons mais nous ne voyons toujours rien venir.


    Crucialement vôtre.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Philippe 27/02/2011 10:55



manque de talent et un nombre incalculable de faute de mains la puissance ne suffit pas si on ne sait pas tendre les bras vers le ballons sin on ne sait pas offrir ce ballon a son partenaire
dommage ce match était a notre porté



BR 27/02/2011 14:11



Philippe


 


Le talent ne se décrète pas, il ne s'invente pas non plus dans les centres de formation ou les sélections de jeunes. C'est une matière première rare qui ne s'éclôt que lorsque toutes les
conditions sont réunies. Mais il faut des jardiniers éducateurs qui cultivent le jeu, l'amour du jeu, les jeunes pousses et le respect.


Hélas, quand ils existent, on les écartent car ils sont trop indépendants, trop gênants, trop libres. Alors nos jeunes sont formatés parce qu'il ne faut pas risquer d'en faire des esprits fiers
et rebelles.


 


Quand on voit le résultat, on se félicite des choix. Des gentils gendres mais pas des joueurs de Rugby.