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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La sanction, ce n'est pas automatique

Vers une société totalitaire.




    Le libre arbitre, le contexte et la contradiction sont maintenant des données rangées dans l'armoire des archives scolaires. Le bulletin officiel va imposer à tous un barème des punitions et des sanctions qui devront s'appliquer automatiquement dans nos établissements. L'illusion de la tolérance zéro se conjugue maintenant avec le tarif unique et imprescriptible.

    Belle manipulation et jolie farce que cette mesure parfaitement inapplicable dans certains établissements où la misère d'une  partie de la population se transforme en haine de l'institution, mépris des adultes et violences diverses. Ceux-là aussi devront rentrer dans le code juridique d'une école en apesanteur, forte des certitudes du conseil de surveillance.

    Depuis quelques années, je voyais monter cette récrimination. Une incivilité, un manquement au règlement, une réponse immédiate, forte et imprescriptible. La parole de l'enfant, le droit à la défense, l'examen des circonstances ; tout cela aux oubliettes. Une seule tête, un seul ordre, un pouvoir unique et inique.

    Nous tombons dans la caricature des sociétés fascistes. C'est par l'embrigadement des enfants que l'ordre nouveau Sarkozien émergera d'une nation purgée de ses trublions et de ses indésirables. Des mots et des idées qui font froid dans le dos, une méthode qui réfute les valeurs pédagogiques. Un souhait, hélas, de plus en plus revendiqué par des enseignants désemparés, privés de formation pédagogique et qui se tourne vers les sirènes de la répression systématique.

    Bien sûr, il n'y a pas que de mauvaises idées dans le catalogue des punitions et des sanctions proposées à la sévérité obligée. Le travail d'intérêt général est une mesure nécessaire, encore faut-il pouvoir le mettre en œuvre avec des personnels formés pour accompagner des jeunes qu'on ne mène pas à la baguette si on veut vraiment les amender. Les stages dans des associations sont aussi de bonnes réponses, parfaitement inapplicables avec des taux d'encadrement en chute libre.

    Le souci d'éviter le décrochage scolaire est lui aussi parfaitement louable. C'est même une nécessité pour une société qui ne peut se satisfaire de laisser tant de ses enfants sur le bord du chemin du savoir et de la civilité. Mais qui peut croire que c'est par la répression que l'on éduque des enfants à part monsieur notre président et ses amis ?

    Il y a un vrai problème de méthode pédagogique, de contenu et d'organisation des cours. La fragmentation du collège pousse à cet éclatement des individus. Le manque de formation des enseignants à l'organisation du groupe, à la gestion des conflits, aux contenus différenciés et à l'évaluation par compétence est effarant. C'est de là que naissent tant d'incompréhension, de souffrance des uns et des autres. Mais, pour ça, point de directive, bien au contraire …

    Punir, la seule réponse d'un pouvoir qui sombre de plus en plus dans les facilités extrêmes. C'est la dictature du bon sens qui se met en place avec l'approbation d'une majorité qui n'aime rien tant que les réponses faciles. L'éducation est matière complexe, art délicat qui ne se satisfait jamais de modèles pré-fabriqués. Chaque enfant est unique, il lui faut des réponses particulières, une écoute mais aussi un cadre. C'est ainsi qu'il s'élève pour devenir à son tour un citoyen responsable.

    Point de ça ici. Un sujet, un pion qui doit se soumettre. Courber l'échine, suivre le troupeau au pas cadencé. De la complexité, donnant à croire à des réponses simplistes qui vont flatter les tenants d'une société policée. Que rien ne sorte de ce catalogue absurde n'a vraiment aucune importance. 2012 est pour l'heure, le seul objectif qui vaille et la chasse aux voix est ouvertes. Tant pis pour vos enfants !

    Colèriquement vôtre.
   
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