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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Suisse nous met les pendules à l'heure.

Coucou les Français !



 Des touristes français vinrent tenter l'aventure d'un petit séjour chez leurs voisins, gens bien étranges il faut l'admettre, refusant contre toutes les évidences que l'on nous assène, de rentrer dans le giron de la Grande Europe. Ils désirent sans doute conserver les secrets de leur bonheur, à l'ombre d'un marché unique dédié de plus en plus aux marchands pour le plus grand malheur des pauvres habitants.


La mondialisation, les contraintes économiques, la compétitivité, la marche forcée en avant vers plus de règles et moins de liberté sont autant de raison qui poussent les Helvètes à rire sous cape de nos pauvres existences. Eux, à l'abri de leurs si belles montagnes, aux bord de lacs à vous faire oublier nos plages surpeuplées, coulent des jours heureux à un rythme qui ne doit rien à la décision d'un fonctionnaire bruxellois.


Mais revenons à nos pauvres touristes, harassés par un long voyage, des complications financières pour trouver monnaie à l'écart de l'euro dans une unité qui évoque de bien lointains souvenirs aux descendants de Clovis : « le Franc ! », des démarches mystérieuses afin d'obtenir une vignette qui donne droit à l'année et pour moins cher qu'un trajet « Paris- Bordeaux » à l'usage des autoroutes d'ici.


Il leur faut apprendre à nouveau la complexité des taux de change, les banques pratiquant ici comme dans l'ensemble de leurs autres activités un racket permanent. Ils découvrent avec stupeur que leur cher euro dont on leur vante à longueur de propagande officielle la solidité sans faille a perdu près d'un tiers de sa valeur : « Mais qui donc a Trichet ? ».


Puis, après bien des vicissitudes, ils arrivent sur leur lieu de villégiature, un magnifique chalet perché dans un décor à vous pâmer de bonheur béat. Défaire les valises, trouver chambre à son goût, passer par la salle de bain pour se refaire une petite fraîcheur, les pendules suisses affichent dix-huit heures. Il est temps de découvrir le village pour se sustenter ce soir ...


Et là, le Français éberlué découvre que la confédération respecte la vie des employés du petit commerce. Qu'il n'est pas question ici de céder aux injonctions de la vie trépidante, des récriminations des gens importants qui travaillent « eux ! ». Les boutiques sont closes depuis bientôt une heure, touristes ou pas, le repos est sacré.


Le dimanche, trois petites heures d'ouverture seulement pour rattraper les oublis de la semaine et puis à nouveau, la vie familiale reprend ses droits. Personne ne s'en offusque, nul ne meurt de faim non plus. Chacun prend ses précautions, règle son comportement à l'aulne d'une contrainte qui ne demande aucune dérogation.

Quand on pense à nos presque esclaves dans la grande distribution, gens payés à coups de lance-pierre, contraints d'accepter des horaires découpés, des temps partiels qui ne permettent pas de vivre décemment, obligés de venir au chagrin les jours fériés, les dimanches et les fêtes pour les autres, il y a de quoi envier nos amis Suisses dans leur immense sagesse et dans ce respect des autres qui les honore.


Mais le plus abominable dans ce système qui ne cesse de réduire les droits des uns pour la satisfaction des autres et le profit de quelques-uns, c'est qu'il y a toujours des semblables qui vont faire leurs courses le samedi soir en nocturne, le dimanche pour une sortie en famille et les jours fériés où ils ne savent plus quoi faire. Pensent-ils à leurs pareils qui ne vivent pas à côté de leurs enfants, éprouvent mille difficultés pour trouver garde à leur progéniture et ignorent tout des joies du repos dominical en famille ? J'en doute, l'égoïsme est la norme mondiale et la Suisse est un ilot de quiétude.


Fermeturement vôtre.

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