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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le 6 janvier 1412 pour l'éternité et un jour ...

Une hexa-centenaire en pleine forme.


Notre petite Lorraine est née, il y a tout juste et précisément 600 ans, un 6 janvier 1412 qui a bouleversé la marche du monde et les activités du comité des fêtes de sa bonne ville d'Orléans. Je doute que nos amis Anglais se joignent à nous, pour célébrer dans l'allégresse générale, la Sainte, la pucelle, le cheffe de guerre, l'immaculée, la sorcière ou la martyre. Quelle nation peut d'ailleurs se vanter d'avoir un tel condensé de mystère en une seule et même personne !


Mais, ne revenons pas sur sa fin tragique, sans laquelle, n'ayons pas peur des mots, elle serait encore présente à nos côtés pour résoudre tous les maux de notre nation. Je la verrais bien, bannière au vent, la lance à la main, fondre sur les agences de notation pour les bouter hors de l'hexagone. C'est que rien ne lui faisait froid aux yeux à la donzelle, si ce n'est les garçons, mais tournons une page qui doit rester confidentielle …


Elle se porterait comme un charme, bois qui n'a d'ailleurs eu aucune part de responsabilité dans ce sinistre bûcher, ce sale tour de cochon que nous jouèrent nos envahisseurs du moment grâce à la duplicité des infâmes bourguignons. D'ailleurs, depuis ce jour, j'ai le vin triste en mémoire de cette forfaiture !


Jeanne ou Jehanne pour les intimes dans les limites que la décence historique nous impose de garder ici, Jeanne, disais-je, se plaisait à aller à l'assaut des moulins à vent, des forteresses imprenables et des idées reçues. On imagine bien quelle bannière serait la sienne aujourd'hui et il y a fort à parier que ceux qui se prétendent d'elle, en seraient fort maris !


Jeanne est devenue une icône nationale, elle a su faire front à l'affreux envahisseur, elle a rétabli la légitimité du pouvoir national, elle a respecté les voix impénétrables sauf pour elle, du très haut. L'Ange Gabriel se serait montré avec elle beaucoup moins leste qu'avec Marie, c'est là que leurs chemins se sont séparés même si toutes deux finirent en état de virginité indubitable.


La belle guerrière s'est fort mal entourée. Mais peut-on lui reprocher d'avoir ainsi mis en avant, avec un sens de l'anticipation exemplaire, le monstre Gilles De Rais. Ne lui jetons pas la pierre, quoique la gaillarde eût mérité cent fois la lapidation en d'autres régions de ce Monde. Les trahisons d'alors lui coutèrent seulement la cuisson à petits feux, c'est vous dire que nous fûmes en tout temps, bien moins barbares que les autres peuples.


La ville d'Orléans n'a de cesse depuis le 8 mai 1430 de célébrer l'exploit de son héroïne survenu l'année d'avant. Une telle fidélité vaut que l'on prenne la peine de rendre hommage à la mémoire d'une ville qui, entièrement tournée vers l'avenir, n'a pas hésité à lui faire une petite place pour l'éternité. C'est l'occasion, en dépit des lois et des principes républicains, de fêter l'union du sabre et du goupillon. L'évêque et le maire, main dans la main. Il y a de quoi verser une larme puis finir par pleurer de rage quand leurs discours se mêlent dans les plus purs accents nationalistes et religieux.


Ils oublient bien vite que l'église mit quelques siècles à lui rendre grâce après l'avoir traitée de sorcière, ce qui est la moindre des choses pour une femme qui se mêle de politique. Le pouvoir d'alors laissa bien vite tomber celle qui l'avait rétabli en fonction. Les descendants des traîtres d'alors se retrouvent ainsi chaque année dans une amnésie collective qui a de quoi vous émouvoir.


Qu'importent ces petites mesquineries. Il n'est pas permis en notre bonne ville de briser l'illusion. Jeanne, c'est le joyau de notre couronne, le trésor national. Elle se mange à toutes les sauces, elle nomme un lycée comme un affreux centre commercial. Elle défile, elle pavoise, elle est chez elle en sa bonne ville qui sera en liesse toute l'année. Longue vie à la légende, gloire à la sainte et merde pour le roi d'Angleterre qui nous avait déclaré la guerre !


Iconoclastement sien.


Ne vous y trompez pas, je voue une admiration pour l'héroïne, celle qui entraîna le peuple dans sa bataille, celle qui fut abandonnée de tous, sa mission accomplie, celle qui fut jetée dans les bras des anglais parce qu'elle dérangeait le pouvoir rétabli. Est-ce bien cela qu'on se plait à nous expliquer et qu'un Président en campagne va récupérer. Veut-il se bouter lui-même du pouvoir ?

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mjo 06/01/2012 13:09


Alors celle-là... j'en ai souri et aimé tous les mots ! Hauts les coeurs, et file au vent de Loire, si belle en ces jours de douceur...

BR 06/01/2012 14:09



MJO


ET tu n'est pas allée du côté du Post où la donzelle a obtenu un déluge de commentaires.


Chacun à sa Jehanne, chacun l'exploite pour sa paroisse ou sa bannière. La pauvrette doit bien en rire !


 


Bonne journée à toi.