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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le B-a ba de l'humanitaire

Que ceux de la base ne lèvent pas le doigt.





Je vais vous conter l'histoire d'un petit instituteur dans un département que je ne peux nommer, du pays qui n'est plus tout à fait le mien. Depuis de nombreuses années, l'homme a acquis une réputation de travail et de sérieux qui dépasse largement l'espace restreint de la juridiction de notre Inspecteur d'Académie.

    La faute est déjà considérable et en différentes occasions, elle valut à ce digne héritier des hussards noirs, bien des désagréments, beaucoup de contrariétés. Il faut être conforme, même si l'uniforme n'est pas de mise ; le pli sur le pantalon est aussi recommandé que le respect de la doctrine officielle.

    Le diable a, il faut l'avouer, bien des torts et beaucoup de choses à se reprocher. Il prône ce qui n'est pas si grave mais l'applique à la lettre, ce qui est parfaitement intolérable, une pédagogie ambitieuse qui propose d'apprendre à lire comme jadis le faisaient nos anciens tout en comptant tout aussi bien.

    Ce qui fut autrefois le B-a ba du savoir et devenu aujourd'hui méthode subversive qu'il faut casser par des mesures coercitives. Notre courageux maître à l'ancienne trouva refuge dans une organisation rebelle dont le seul l'objectif avoué était de sauver l'école publique du naufrage qui menaçait.

    Il prit sur son temps d'écrire et de diffuser des manuels sans prétentions et sans grande maison d'édition destinés à ceux qui auraient le courage  de suivre la voie qu'il avait défrichée. Sous le manteau ou bien sur la toile, ses méthodes firent plus d'un heureux et attirèrent l'attention de plus doctes, de plus savants que de simples instituteurs, même grimés sous la prétentieuse étiquette de professeurs des écoles !

    Des scientifiques patentés, des académiciens devant lesquels on se découvre, citèrent en exemple le travail du simple petit soldat de la communale.  Ils voulurent même, folie des folies, crime de lèse administration, exporter le trublion en terre francophone.

       Une voyage d' étude était programmé dans le cadre plus vaste d'un projet national d'aide au développement dans un pays qui manquait de tout mais aussi de méthodes d'enseignement. Le financement était acquis, l'équipe constituée. Manquait uniquement, ce qui semblait n'être qu'une simple formalité, un simple ordre de mission de l'Académie concernée, signé par l'Inspecteur du même nom.
    
     Mais qui donc peut bien prétendre à plus que sa fonction ? Un petit instituteur s'occupe de ses élèves et n'a certainement pas pour mission de défendre la langue française et l'héritage des grands pédagogues du passé. Chacun dans son pré et les ânes seront toujours aussi bien gardés. Et que pas un oreille ne prenne des initiatives dans les rangs de la base !

       Justement, Monsieur l'Inspecteur se fit tirer l'oreille. Pourquoi diable confierait-on pareille mission à un autre ministère que celui chargé de l'enseignement ? Tant et si bien qu'il provoqua l'intervention auprès du recteur 'un astrophysicien ancien Directeur général des enseignements supérieurs et de la recherche au ministère de l'Éducation nationale. Monsieur l'Inspecteur ne changea pas d'un iota son refus administratif. La France a grand besoin de tous ses fonctionnaires sur le terrain éducatif, d'autant que depuis quelques temps leur nombre fond comme neige au soleil !

    Le Recteur allait devoir trancher, quand fort heureusement pour l'honneur de notre administration, des troubles politiques dans le pays concerné vinrent renvoyer à plus tard le projet si perturbant. En attendant,  le petit instituteur retournera à son pupitre, lui qui a qui il avait été demandé de jouer les missionnaires sans que sa grande maison ne lui demande rien !



 

 

Fabulistement vôtre.

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Patrick 09/12/2010 17:48



Comment veux-tu que l'on progresse. Le gout du pouvoir ne laise pas de place aux initiatives de la base. C'est dommage et révoltant.


Solidairement



BR 09/12/2010 18:09



Patrick


Ni droite ni gauche dans cette façon qu'on tout les pouvoirs d'ignorer les idées de ceux qui viennent d'en bas. Pour avoir compétence reconnu il faut appartenir à la caste des décideurs patentés.


Remarque au rugby c'est pareil !


Il y a peu de chance que celà change, c'est un nouveau féodalisme qui se nomme haute administration !


Basiquement tien