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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le bâillon de papier ....

Le silence de mon


seul  journal local acceptable.




Je sais en une ville moyenne, un affreux bonhomme qui n'aime personne, vitupère après tous ses semblables et ne respecte surtout pas les puissants. Il a un nom étrange : Achille Zatstrouffard, hérité d'un vaste complot qui n'eut jamais lieu, une utopie d'écriture libératrice qui ne se fit pas.

Alors, il prit l'habitude de déverser son aversion, ses colères et ses humeurs sur le site : libé Orléans. Ultime refuge d'une démocratie bâillonnée par les puissances financières et les frilosités de la presse locale, le site du grand journal national laissait libre expression à des quidams ordinaires; Achille en était depuis qu'il s'était attribué bien abusivement le flambeau de l'irremplaçable et regretté Yves Pasco.

Il se prit au jour de la petite réplique vacharde, du jeu de mot désopilant (d'après sa grille de lecture toute personnelle il faut bien l'avouer), de la saillie franchouillarde ou du propos décalé. Ce que nul autre espace ne lui permettait, Libé Orléans lui offrait sans attenter à sa vie privée. (Pour figurer sur le journal local, il faut avoir sa face exposée au regard vengeur du lecteur rétrograde).

Il jouit de cette liberté s'offrant gratuitement de belles empoignades avec l'adorateur de notre maire, un zélé pousse clavier, servile et mesquin, moraliste et borné. Il toqua parfois les mêmes défauts , car il ne rechignait pas à pourfendre la bêtise en se parant de ses atours.

Mais les notables sont sourcilleux. L'humour, même s'ils ne le comprennent que bien rarement, est un poison dangereux. Ils le sentent, ils en ont l'intuition diffuse tout autant que confuse. Alors, ils réclament la disparition de ce dazibao électronique, de ce nid à esprits guêpins, ignorant par là même qu'ils remettaient question une vieille tradition ligérienne.

L'eau peut bien couler sous nos ponts mais jamais le plus petit esprit de rébellion. En province, il faut être courbé devant les notables de tous bords, c'est une règle incontournable pour la survie au pays. À ne point respecter l'usage hérité des féodalités anciennes, le journal électronique était condamné.

On le fermera sans doute d'une lettre de cachet. Les pratiques n'ont guère évolué et la démocratie n'a pas sa place dans ce pays. Il faut tenir le langage officiel ou éventuellement celui du rival analogue. D'autres discours sont strictement prohibés, faute de gibets, la raison économique est toujours la meilleure pour habiller la censure sous des habits recevables.

Achille ira rejoindre les légions innombrables des revenus de tout, des déçus et des acariâtres. Puisqu'en son pays, il ne peut plus rien écrire, il se désintéressera de la vie publique, deviendra pêcheur à la ligne ou pire encore, téléspectateur de La Voix du maître maçon. Il lira, faute de mieux, le journal local qui n'a même plus l'honneur d'emballer le poisson.

Il est des Achille ici comme partout ailleurs. Des gens qui trépignent de ne pouvoir crier leur colère, hurler leur fait à ces maudits qui nous gouvernent. La parole est une arme bien trop dangereuse pour ceux qui sont en place Ils l'ont compris ou plus certainement, quelques conseillers avisés le leur ont glissé à l'oreille. La liberté d'opinion doit se plier à la loi du marché, l'idée est adroite et la censure tout autant efficace.

Libération-Orléans puisque c'est de lui qu'il s'agit ira rejoindre l'immense cimetière des journaux disparus. Un seule ligne, une seule pensée et les vaches seront bien gardées, les moutons paîtront tranquilles et les cochons continueront de s'en mettre plein le groin.


Bâillonnement leur.

Lire : Article venant de Rennes

Signer la pétition : En passant chez Circé

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Le ch'timi 24/03/2011 23:07



Cher Bernard,


Impossible de signer la pétition de Circé ( pb technique )..je suis allé sur son blog...im-pos-sible..


bre f !






Jupiter dit un jour : " Que tout ce qui respire S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur : Si dans son composé
quelqu'un trouve à redire,Il peut le déclarer sans peur ;Je mettrai remède à la chose.Venez, singe ; parlez le premier, et pour cause.Voyez ces animaux, faites comparaisonDe leurs beautés avec les vôtres.Êtes-vous satisfait ? - Moi ? dit-il ; pourquoi non ?N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ? Mon
portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché ;Mais pour mon frère l'ours, on ne l'a qu'ébauché : Jamais, s'il me veut
croire, il ne se fera peindre. " L'ours venant là-dessus, on crut qu'il s'allait plaindre. Tant s'en faut : de sa forme il se loua très fort ; Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encorAjouter à sa queue, ôter à ses oreilles ; Que c'était une





BR 25/03/2011 06:49



Ch'timi


Il ne faut pas désespérer de la technique et recommencer en passant par libéOrléans.


Quand au texte, il me semble coupé pour illustrer sans doute ce qui va arriver à notre libéO


Coupablement leur