Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le Balbuzard et l'étiage de juin

Un mois de juin sans fin.




Notre bon président déclare à qui veut bien encore l'écouter qu'il faut réinvestir le mois de juin dans notre brave vieux système scolaire. Louable intention qui se heurte au mur de la déliquescence généralisée que nous déplorons d'année en année en observant le curseur des dysfonctionnements jouer les filles de l'air.

A la mi-juin, les effectifs fondent comme peau de chagrin, les classes se vident de leurs personnages les moins studieux. À la fête de la musique, tu peux fermer boutique. Il n'y a plus personne dans les grandes classes et seuls les petits collégiens tiennent encore bon le cap. Les professeurs, exténués par la sarabande des conseils de classe, des convocations incessantes, des commissions de ci, des appels de là, ont déjà depuis belle lurette, montré le chemin de l'école vacancière.

Des parents jouent les pousses à la débine. Tout est prétexte à demander dérogation, à fournir mot pour ne pas rester jusqu'au bout. Il y a toujours quelque chose à faire de plus utile que cette période interminable de l'agonie d'une année scolaire. Les livres sont rendus, les verdicts sont tombés, les dossiers d'orientation sont bouclés depuis bien longtemps. Les jeux sont faits, circulez, il n'y a plus rien à tirer des acteurs du système éducatif.

Plus personne n'y croit vraiment. Il faut ramer sec pour maintenir l'illusion quand les vidéo-projecteurs tournent à plein régime, quand les sorties profitent des beaux jours, quand le temps parfois vous invite à lever le pied. Ça n'en finit plus de finir et pour quelques professeurs indispensables à la bonne marche des examens, le carnet de convocation est plus fourni qu'un carnet de bal.

Les examens professionnels nous prennent depuis un mois déjà des professeurs qui ne sont plus que des visiteurs occasionnels en leur établissement. C'est la porte ouverte à l'école en pointillés. Je viens, je viens pas au gré du programme et des activités proposées. Malheur à qui veut encore imposer apprentissage et  travail ! Il va se retrouver devant des travées vides !

C'est long comme un jour sans pain. Le collège devient sablier. Chaque jour, il perd un peu plus ses pensionnaires. Ceux qui restent parce qu'il y a encore une autorité parentale, n'ont plus guère l'envie de fournir des efforts dans ce désert qui sonne creux. La morosité est la règle, le temps s'étire interminablement. Rien n'est plus terrible que de ne rien faire mais comment travailler dans ce contexte déprimé ?

Paradoxalement, l'emploi du temps est chargé. Les soirées sont meublées d'obligations innombrables. La chorale fait son concert, le sport son assemblée générale, le théâtre sa représentation, le rallye lecture, le défi mathématique, la sortie des uns et le goûter des autres. C'est une fuite en avant, un activisme fictif pour s'agiter un peu et donner l'illusion de la vie.

Les quinze derniers jours de juin demeurent une lente agonie. Plus on veut faire semblant, moins on y croit vraiment et plus c'est difficile pour ceux qui font l'effort de mener le petit au bout !
Le pire dans ce bateau qui prend l'eau, c'est que c'est l'occasion de montrer vraiment que plus rien n'est maîtrisé.

Des gamins se permettent des propos inacceptables, des gestes déplacés, des comportements inqualifiables. Ils comptent sur l'amnistie des vacances. Ils suivent l'exemple de ceux qui en ont vraiment fini et que plus rien ne retient. C'est une étrange absence de repères, c'est une période en apesanteur qui laisse des traces durables lors du retour de septembre. Ceux qui ont déserté seront accueillis comme les autres, sans devoir rendre de compte.

C'est l'école qui, d'année en année se tire un coup de fusil dans le pied. Que faire ? Il y a tant à reprendre que ce chantier parfois, me laisse sans voix. Le Balbuzard pêche parfois des poissons trop gros pour lui....



Finitudement vôtre

 

 

« Je veux remotiver les enseignants »

Publié le 16 juin 2011 dans la République du Centre

Madame le recteur a la volonté de faire bouger le « mammouth ». Elle l'a martelé, mardi à Orléans, lors d'un entretien accordé à la presse quotidienne régionale.

Le balbuzard comme nouvelle mascotte de l'académie : un gadget ?

Vraiment pas. L'académie a besoin d'ambition. On a toutes les caractéristiques d'une académie qui manque de dynamisme. Les deux-tiers des enseignants sont implantés depuis plus de six ans. L'autre tiers, ce sont des étoiles filantes.

Dites-vous que les enseignants sont endormis ?

Ils sont dans une routine. Ils font bien leur travail traditionnel mais ils ne se décarcassent pas dans le sens où ils ne sont pas dans un esprit d'innovation. Or, le métier a changé. On a besoin de rappeler l'enjeu considérable qui est de donner de l'ambition aux jeunes. On veut que la moitié d'une tranche d'âge ait un diplôme d'enseignement supérieur. Dans l'académie, on est en retard. Ce balbuzard, c'est une approche pour faire bouger les lignes.

En particulier dans le milieu rural ?

Sur le rural isolé, on manque de méthode. Une remise en cause doit se produire sur l'accompagnement : les enseignants protègent ou surprotègent les jeunes, en tenant des propos comme « Faut pas que tu vises trop haut, tu vas avoir des difficultés ». Mais c'est possible ! Je trouve l'Éducation nationale trop maternante. Elle manque de caractère paternel et de « coups de pied dans le derrière » !

En a-t-elle les moyens ?

Nous avons les enfants un cinquième de leur temps éveillé. Qui peut mieux que les enseignants encadrer les gamins ? Quand les professeurs de lycée me déclarent « on ne sait pas faire » d'aide individualisée, ça m'agace. Il suffit qu'ils aient des attitudes de parents. On a besoin d'eux ! Je veux remotiver les enseignants.

Ce que notre journal ne dit pas :



En réponse à un journaliste de la Nouvelle République, au sujet des causes de difficultés scolaires à l’issue du cycle primaire, dans un article publié ce jour, madame la Rectrice d’Orléans-Tours déclare notamment :


« Si on enlève des statistiques les enfants issus de l'immigration, nos résultats ne sont pas si mauvais ni si différents de ceux des pays européens. Nous avons beaucoup d'enfants de l'immigration et devons reconnaître notre difficulté à les intégrer. Commençons par combattre l'illettrisme de leurs parents... »


Un passant de mes amis s'est essayé à une riposte qui vaut d'être portée à vos connaissance !


Alors, cet oiseau ? Eh bien lisez !

Quant à la galinette qui s'identifie à un rapace - tout un programme!


"Âgée de 54 ans, ingénieur diplômée des Arts et Métiers (Ensam), agrégée de mécanique et docteur ès sciences, Marie Reynier a été chercheur, a enseigné et a été directrice de l'Ensam avant d'être nommée rectrice, en Martinique.

Depuis 2009, elle était directrice du pôle de contractualisation et de financement des établissements de formation et de recherche au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Née au Maroc, d'origine espagnole, Marie Reynier a vécu sa petite enfance en Algérie, puis en banlieue lyonnaise et à Clermont-Ferrand."

Attention, pas n'importe qui !



"balbuzard pêcheur a fait son entrée au rectorat d'Orléans-Tours. Il est entré partout puisqu'il sera désormais une sorte de messager de l'institution. Ainsi l'a voulu la nouvelle rectrice, Marie Reynier.

Cet oiseau de la famille des aigles, sera sur les documents comme un logo, mais Buzz'A (c'est son nom) sera vivant sur le site internet où la rectrice compte lui donner plusieurs missions.

« Buzz'A (A, comme académie) est appelé à devenir le messager mascotte. Il profitera de sa hauteur pour porter les nouvelles et promener son oeil acéré.

Buzz'A aux ailes amples transmettra, Buzz'A au bec bavard causera, il griffonnera aussi. » Filant la métaphore encore, le rectorat ajoute : « Pertinent et malicieux, tel un élève à l'affût de savoir et curieux de connaître, Buzz'A porte haut l'ambition de chacun. »

Pourquoi un balbuzard ? Parce que cet oiseau voyageur aime particulièrement deux régions françaises où il vient d'ailleurs se reproduire : la Corse et le Centre.

Première mission confiée à Buzz'A : faire la Une du projet académique 2011-2015 que le rectorat met en place.

« Il s'est construit sur la base de la consultation menée auprès des personnels, des élèves et des familles, qui a fait remonter les points forts et les faiblesses de l'académie. » Pour ses élèves, l'académie se fixe trois ambitions majeures (« garantir le socle, fluidifier les parcours, développer l'ambition ») et s'appuie sur trois leviers (« un maillage sur le territoire à même d'assurer l'équité, un climat scolaire donnant confiance, un accompagnement des mutations »).

Devant le rectorat, des enseignants stagiaires contestant leur formation et des professeurs contestant leur mutation (ou le refus de leur mutation) se demandent si, désormais, « c'est au balbuzard qu'on devra s'adresser pour se faire entendre »..."

Quel humour avicole ! On se plume déjà. ( On ne peut pas dire se poiler).

Elle s'y connaît en professeur démotivé, c'est une haute fonctionnaire. Tellement haute qu'elle semble ignorer ce qu'est la démotivation des élèves ou bien elle s'empressera d'un vol puissant pour rappeler que la faute provient de ces crétins dont elle a la charge pour leur apprendre à faire pousser des ailes chez les aptères.

"Elle va garantir le socle": ça c'est une perle.Quand on voit l'usine à gaz et ce que cela a de proche d'un bilan à la planification soviétique ( je parle du livret) , on est fixé. Un bon agent du KGB, une "Poutine girl" made in France.Une vestale du temple de la réussite pour tous. Vont être heureux les IPR et IEN.

Ah, et puis le "maillage" et "l'assurance de l'équité". Toujours ronflant, plus c'est pire plus c'est mieux. Encore une qui ne doit pas copiner avec Malika Sorel.
Comme il est intéressant de constater que nous sommes entrés dans l'ère du langage de la dictature douce. Le déni du réel avec quelques concessions pour faire encore un peu vraisemblable. C'est doux comme un loukoum. Avant d'être aussi dur que le sabre clinquant de Didi, le fou empoisonné au Raja dans Tintin et le Lotus Bleu !


C'est une trouvaille de chez Chatel cette dame orné de ce pedigree ? Bon chien ! Bon chien ! Oh le bon toutou ! avec un sacré flair pour débusquer l'oiseau rare des fleuves pollués et asséchés. Oui, bravo ! Et vive les fêtes de Loire !


Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Le ch'timi 21/06/2011 19:05



Cher Bernard,


J'étais aller jeter
ton souvenir
un matin de décembre
Je l'avait mis dans
un sac.
Mais il était bien trop lourd
et le sac a craquer
Il fallait que je le découpe en
petits morceaux
pour le jeter en plusieurs fois.
Plus facile à dire
qu'à faire.
J'ai testé pas mal
d'outils
d'abord les conventionnels
pioche, marteau, scie
Mais c'est costaud un souvenir
surtout le tien
il voulait pas lâcher
Alors j'ai essayé
autre chose
les potes, l'alcool, la fumette, la poésie
l'autodestruction, la bagarre...
ça a pas marché non plus
ton souvenir n'était même pas
fendu

Il s'est écoulé
une année
et un matin
J'ai trouvé ton souvenir
tout ébréché
tout craquelé
Un coup d'indifférence dedans
et hop!
ton souvenir s'est brisé

J'ai mis de côté quelques petits morceaux
les plus beaux
que je voulait garder.
Puis,
j'ai pris plusieurs sacs
quatre ou cinq
Et oui,
tu en avais pris de la place!

Je suis aller jeter
ton souvenir
un matin de décembre
il neigeait
le sol crispait un peu sous mes pieds
mais du coup
ça m'empêchait de glisser
j'ai fait ça en deux
trois aller-retour
au container
Je l'avait mis à recycler
Et dès que j'ai refermé le couvercle
je me suis senti
un peu plus léger
un peu plus
en paix.
Algakar


 


Amitiés


Patrick



BR 21/06/2011 22:24



Patrick


Mes souvenirs sont à jamais miens, partie intégrante de moi-même. Elle m'a donné la vie, m'a fait ce qu'elle ne comprenais pas pas toujours. Pourtant, dans nos immenses différences, il y a des
valeurs essentielles qui sont siennes.


J'ai laissé mes souvenirs vogués dans les pas des vôtres ou d'autres personnes. C'est ambitieux, vaniteux, prétentieux ... Je m'en fiche, cela m'était nécessaire !