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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le bout de bois.

Des boucliers et des hommes …



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    Le Rugby régional joue ses finales. Dans tous les comités, la même fête, le même cérémonial ! Les vainqueurs du jour se verront distingués d'un petit bout de bois qui symbolisera leur gloire locale.

    Tout a commencé en 1892, quand Charles Brennus (né à Chateaudun) artisan graveur a figé sur le métal un dessin du bon baron Coubertin. Le trophée de l'ovale ne sera pas coupe, il se fera bouclier pour l'éternité !

    Il est vrai que le Rugby se plaît à jouer la bataille de la terre, l'affrontement immémorial pour s'approprier un territoire ennemi. Avancer en reculant, le plus beau des paradoxes qui rendra ce jeu totalement abscons à ceux qui n'en ont pas la tradition. Avancer en s'exposant, en se mettant en danger, en offrant son corps à la défiance de l'adversaire, de quoi en décourager beaucoup !

    Remettre au terme de cette furieuse bataille un bouclier pour célébrer le vainqueur du corps à cœur est un joli pied de nez pour un sport qui se joue, avec une incroyable jubilation, des symboles et des métaphores guerrières et premières.

    Le rugby, c'est le sport de l'Olympe. Il porte en lui mythologie et genèse, enfantement et mort, larmes et joie, fuite et courage. Union des contraires, il célèbre les antagonismes, magnifie les différences, sublime les angoisses des hommes. Pour célébrer le point d'orgue de la saison, une grande Messe païenne s'imposait !

    Alors, de toutes nos provinces, en ce mois de mai naissant, la Principauté d'Ovalie se met sur son « Trente et Huns » pour distinguer les vaillants de l'année. La joute s'intitule « Finales Régionales » et distribue un palanquée de boucliers de bois  pour tous les vainqueurs du jour.

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    Qu'importe le niveau, l'honneur est un bonheur suprême, une récompense rare qui ne se répète que rarement dans une carrière. J'en connais même qui ont toujours vu filer le bout de bois !
Il n'y a pas que les Clermontois à se penser maudits d'ovalie !

    Devant un joli parterre de cravates et de blazers, les shorts ont mis les petits crampons dans leurs gros godillots. Émotion, angoisse, interrogations, doute, gorge nouée et supporters enrubannés. Chacun , l'espace de cette journée, vivra l'exception qu'il voit habituellement sur son écran de télévision. Comme leurs idoles, dimanche soir, il y aura ceux qui seront ivres de joie et pas seulement, et les autres, larmes à l'œil et regrets éternels !

    Depuis une semaine, le rendez-vous a occupé tous les esprits. Le dernier entraînement ne ressemblait à aucun autre. Sérieux, application et une volonté de bien faire incroyable. Puis le lendemain fut interminable : le sac vérifié, la gorge nouée et les aiguilles qui se refusent à avancer plus vite. Dans le car, un silence inhabituel. Dans les vestiaires, même les mouches ont désertés ce lieu insupportable …

    Un échauffement d'une rare concentration. Chacun se réfugie dans des rituels qui se veulent magiques, la sorcellerie n'est pas loin. On se rassure comme on peut, on se serre, se parle, se rassure et plus ça va, moins ça va !
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    Puis le coup d'envoi que l'on espérait libérateur délivre une équipe et enferme l'autre. Il y a souvent cet étrange paradoxe. Ce match que l'on a joué à l'avance tant et tant de fois ne se déroule jamais comme prévu. Mais ceci est une autre histoire …

    Finalement vôtre

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