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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le cirque Bidon

 

Une piste sous les étoiles.


Imaginez un cirque, c'est assez facile pour vous. Retirez lui le chapiteau et offrez vous une nuit étoilée pour remplacer la chose. Vous voilà en plein air. Le vent de galerne souffle fort, de gros nuages à l'ouest menacent de vous apporter l'orage. Des risées de vent confirment les inquiétudes ! Pourtant rien n'arrêtent le public averti et la troupe magnifique du crique Bidon.


Pour fermer le banc, les remorques forment une demi-ronde pour imposer le décor. Ce sont des roulottes à l'ancienne, de bois et de locomotion équestre. On devine bien quelques sophistications discrètes qui doivent apporter le confort à leurs occupants. Point de paillettes ni de tenues chamarrées. Ce cirque s'inspire d'une tradition qui préfère le bric au clinquant.


Les spectateurs s'installent, la séance commence tout doucement sans en avoir l'air. L'aparté, la connivence, la facétie et la grosse farce se mêlent. C'est un ballet étrange pour un bal qu'on nous promet sans interruption. Une dame s'impose par sa stature dans cses scénettes. Elle est matrone, gironde, gouailleuse et un brin redondante. Le personnage qu'elle compose sera la pierre angulaire de la soirée, le point d'appui qui fera que la farce basculera vers un ailleurs poétique.

 


 

Elle est flanquée d'un fils, jouant parfaitement le bredin de service et de deux donzelles qui se la jouent entre hystérie et folie douce. Dans les gradins, le climat s'instaure, après la surprise, la connivence se crée. Il est évident que le spectacle ne sera pas comme les autres. Il faut se préparer en douceur quand on doit passer de l'autre côté du miroir.


Quand les musiciens surgissent, ce sont les mondes des tsiganes et des slaves qui sont évoqués. Point de cuivre. Ce soir, violon, accordéon et guitare vont vous prendre par la main pour accepter le dérapage onirique auquel vous serez conviés. Le cirque est prétexte, ce qui n'exclut pas une parfaite maîtrise des cabrioles, jongleries, numéros qui s'intercalent entre des pages de vie dont vous serez témoins.

Ce n'est jamais tout à fait conforme, ni vraiment circadien. Vous êtes dans une autre dimension. Vous errez entre théâtre, cirque et comédie. Vous acceptez cette invite. Le public rit, s'esclaffe, s'émerveille, s'enthousiasme, se tait, frappe des mains, pouffe, retient son souffle. Vous êtes redevenus des enfants, quoiqu'il y ait toujours un soupçon de gravité dans tout ça !


Les numéros sont précis, ils sont pourtant toujours à contre-pied. Rien ne se passe comme prévu, rien n'est ici comme ailleurs. Les animaux ne sont pas ce qu'ils devraient être, les artistes ne sont plus ce qu'ils donnent à montrer.

 


 

On donne dans la caricature d'un monde qui est le nôtre et dont vous deviendrez spectateurs complices. Les batailles hystériques des filles, les niaiseries de la matrone, les mièvreries des garçons sont autant de miroirs déformants. La troupe s'amuse et vous pousse dans vos retranchements.


Racontez les numéros, l'enchaînement du spectacle n'est pas souhaitable. Gardez-vous de trop en savoir, laissez vous guider dans ce voyage qui trouvera toute sa résonance quand le nuit sera venue. Se jouera alors la tragédie d'un monde qui ne demande qu'à s'embraser.


Il sera sauvé par la farce, l'humour, le rire et la dérision. Tout espoir n'est pas perdu. Le cirque Bidon vous aura fait passer une merveilleuse soirée. Il vous aura rendu meilleur. C'est un spectacle rare, un moment d'exception que vous ne devez pas manquer. Ils arrivent à Gien vendredi 8 juillet pour 4 représentations. Ils remontent eux aussi la Loire. N'hésitez pas, allez les voir.


Circadienbidonement vôtre

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