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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le Club des Incorrigibles optimistes.

D'hier et d'aujourd'hui …

Puisque le mauvais temps vous empèche de jouer au Rugby, prenez un livre utile …

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    Ils s'appelaient Sacha, Léonid, Igor, Wermer, Imré et Vladimir, venaient de l'enfer, derrière un rideau de fer et n'avaient pas plus le droit au bonheur dans cette France du Grand Charles. La discrétion, la peur, les petits boulots étaient déjà le lot des clandestins de cette époque.

    Les temps ont changé, l'humanité pense bien naïvement avoir fait un petit bout de chemin. En ces années-là, on jetait les algériens à la Seine sous la direction d'un préfet de sinistre carrière. Maintenant, on se contente de repousser les étrangers à la mer ou dans les airs et tous les préfets de ce pays partagent cette terrible charge avec un zèle qui honore cette noble charge.
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    Jean-Michel Guenassia a écrit un premier roman ambitieux, dense, riche et utile. Il a reçu fort justement le Prix Goncourt des lycéens car il leur permettra de plonger dans une époque historique tout en éveillant les consciences de ces jeunes gens qui vont s'identifier à Michel et ses amis . Ce roman est plus utile qu'un drapeau français au fronton de nos lycées.

    La sagesse du lecteur heureux est de se dissimuler derrière le talent de celui qui lui a offert quelques jours de pur bonheur. Je n'ai d'autre ambition aujourd'hui que de permettre à d'autres  de mes semblables de plonger à leur tour dans une tragédie qui se renouvelle avec de nouveaux oripeaux. La parole revient à l'auteur, gloire et honneur à lui.
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    « Il n’y a pas d’adjectif pour qualifier cette histoire, pas de mots pour décrire ce qui n’existe pas et qu’on ne peut concevoir. […]Cela nous amène à relativiser notre capacité d’imagination que l’on croit infinie et à nous interroger, au contraire, sur la faiblesse de notre imaginaire, que l’on confond souvent avec l’entendement. Le goulag, les génocides, les camps d’extermination ou la bombe atomique n’ont rien d’inimaginable. Ce sont des créations humaines, ancrées au fond de nous, et dont seule l’énormité nous écrase. Elles dépassent notre entendement, détruisent notre volonté de croire en l’homme et nous renvoient notre image de monstres. Ce sont, en réalité, les formes les plus achevées de notre incapacité de convaincre. Le point ultime de notre capacité créative. »
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    «  Durant des années,j'ai travaillé comme un fou, sans compter mon temps, sans prendre de repos. Pour rien. Ce temps m'avait été donné et je l'ai perdu. Aujourd'hui, je lis, je dors, j'écoute les concerts;{...}.Je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie. Le scandale, ce n'est pas l'exploitation, c'est notre connerie. Ces contraintes qu'on s'impose pour pour avoir le superflu et l'inutile. {…}
Le problème, c'est pas les patrons, c'est le fric qui nous rend esclave. Le jour de la grande bifurcation, celui qui a eu raison, ce n'est pas le couillon qui est descendu de l'arbre pour devenir sapiens, c'est le singe qui a continué à cueillir les fruits en se grattant le ventre. Les hommes n'ont rien compris à l'évolution ! »


    Aujourd'hui, les prénoms ont changé, ceux qui arrivent ne fuient plus un régime répressif mais simplement la misère. Ils n'ont ni papiers ni existence légale. Ils se cachent pour éviter les contrôles, ils ont peur de la police, de leurs enfants, des voisins. Rien n'a changé et pourtant on nous a fait croire à la victoire du bien sur le mal en cette année 1989 où le mur s'effondra.
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    L'homme a cette formidable capacité de toujours reconstruire des murs dans son cœur et dans son pays. Il y aura ceux qui sont du bon côté et les autres, les laissés pour soldes de tout compte que d'autres iront chercher quand le besoin en main d'œuvre bon-marché se fera à nouveau sentir.

    La cupidité demeurant à tout jamais la pire de nos idéologies. 


    Incorrigiblement vôtre.

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