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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le coq, le jardinier et les chardons.

Fable des espaces verts …


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    En une triste journée grise de désolation, le rugby amateur joue dans le même temps qu'une pâle sélection nationale. Il en est ainsi quand le mépris des humbles, des anonymes et des petites gens est érigé en principe de gouvernance.

    Revenons à ce ballon qui n'est pas rond et à la rude bataille que se livrèrent les formations de Fleury les Aubrais et de Déols, sur un terrain gras, certes, mais parfaitement propice à la pratique du Rugby.
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    Ce n'est sans doute pas l'opinion d'un jardinier municipal. Détestant rien tant que la poussée anarchique d'un chardon sur sa verte pelouse, ce monsieur considérait ce terrain comme son petit pré carré. Il déplorait encore une fois que son joli terrain dusse accueillir à contre-cœur le piétinement intempestif de crampons agressifs.

    La chose ne se produira plus de si tôt, le prince du sécateur ayant obtenu que ce lieu fût interdit à ce détestable usage sportif jusqu'au 21 mars. Un coq ne chante pas qu'au printemps et un rugbyman joue surtout en hiver pour des raisons qui échappent à la confrérie jardinière.

    Quelques personnes un peu plus raisonnables cherchent à atténuer le courroux  de ce terrien intransigeant et promettent aux hommes de ce lieu de revoir la portée de ce qui pourrait bien être un arrêt de mort pour ce pauvre club. « Chroniques-ovales » vous informera de cette sempiternelle bataille du terrain qui transforme souvent les petits hommes en vert et rouge en pauvres dispensés de sport.
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    En attendant, le Cercle foulait cette précieuse pelouse à la quête des points de sa survie. Face à eux, des berrichons durs au mal, lourds et massifs comme il se doit dans cette terre historique de rugby avaient des intentions exactement opposées à la réalisation de ce noble dessein.

    Tout commença de la meilleure manière pour les futurs pensionnaires des gymnases locaux. Une incursion collective dans les vingt-deux mètres adverses, un dure bataille au sol et de la boue fleurit alors une petit fleur d'espoir !

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    Puis ça se gâta beaucoup. Les gars de Déols avaient la chaussette guillerette. Des blocages furtifs au centre, des expéditions ravageuses sur les extérieurs leur permirent de pointer par deux fois dans une zone encore en herbe : l'en-but.

    L'inquiétude gagnait les rangs des trop rares spectateurs, ceux qui avaient préféré le sport pour de vrai à l'ennui sur un canapé domestique … Sentant le vent du boulet, les cheminots allaient réagir lors de la seconde période, celle qui les voit toujours reverdir. Tant qu'il y a de la vie, du rugby et un terrain, il y a de l'espoir …
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    Un jeu au pied plus profond, des mauls de nouveau efficaces, de l'envie à revendre et le coup de pouce du destin permirent aux mouches de changer de coq. Trois essais plus tard, les moribonds s'en prenaient à rêver au bonus offensif ! Les hommes sont ainsi faits qu'ils ne se satisfont jamais du peu que le destin leur concède. Et pourquoi pas un terrain synthétique pendant qu'ils y sont aurait déclaré une mauvaise graine !

    La fin de la partie fut agrémentée de quelques chamailleries et apparemment il n'était pas question de jardinage en ces instants fâcheux pour les visiteurs. Dans sa cage, un coq qui se prit longtemps pour une poule attendait son prochain tuteur, le joueur le plus laborieux de la partie. Pendant ce temps, sur le grand écran, ses congénères se débattaient avec quinze chardons plus piquants que prévu dans l'indifférence de ceux qui avaient été privés de ce spectacle ennuyeux.

    L'herbeestplusvertesanspiétinement vôtre.

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