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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le Festival de Travers


Cochon qui se dédie !

Il n'y a pas que le rugby dans la vie

    La tradition a la peau dure et le passant qui s'aventure sur la place Saint Aignan est encore à la recherche du petit cochon rose en pain d'épice, du stand dédié à la cochonnaille et de tout ce qui fait la gloire du goret !

    La fête du cochon est morte depuis belle lurette, rien n'y fait. La nostalgie et une folle envie de chair cuite s'imposent à tous. Le travers proclamé par l'affiche rappelle notre porc d'attaches affectives. Mais il y a tromperie manifeste sur la marchandise ; ce travers là n'est pas porcin !

    ABCD se met pourtant en quatre pour nous éloigner d'année en année de cette histoire qui a eu une fin, nous qui restons sur la nôtre. La musique, l'accueil, les stands, l'abattoir demeurent fidèles à cette place au charme incomparable. C'est aussi la dernière occasion de se retrouver dehors avant cette longue trêve hivernale qui nous privera du grand air qui va se faire trop frais …

 


    On tape du pied, on se réchauffe d'un vin chaud et d'une rencontre plaisante, on s'enflamme pour un artiste encore inconnu, qui brûle les planches d'une scène toujours embrumée par une loi Évin qui n'a pas sa place ici.

    Tout y est mais rien n'y fait vraiment. L'ami cochon nous reste en travers de la gorge ! Il y avait peut-être là, une revanche gauloise sur l'ostracisme qui force l'animal à la discrétion. La diététique et des religions l'ont mis au banc de l'infamie. Se réclamer de sa vénération devient presque une provocation insupportable pour beaucoup, un acte de contrition masticatoire !

    Le festivalier automnal étant par nature rebelle, il avait là
une belle occasion de montrer son soutien inflexible pour une cause si futile. Le geste gratuit par excellence, la confrérie du boudin chaud et de la châtaigne grillée, du vin chaud et du pain d'épice qui défie le temps qui passe, le monde qui se métisse, les plaisirs qui rétrécissent.

    C'en est fini et nous en sommes marris ! Ce travers là ne nous mènera pas sur les chemins de la gourmandise et de l'intempérance, quoique … Il nous invite sur d'autres voies, vers d'autres voix, d'autres curiosités. L'oreille curieuse est préférée au gosier gourmet. La proposition rebute beaucoup de monde et la place n'est plus aussi bondée que par le passé.

    L'essentiel se joue maintenant ailleurs. La fête sur la place est une mise en bouche, le point de départ d'une belle série de concerts qui nous conduiront de salles en salles dans toute l'agglomération orléanaise. C'est à ce travers là que Pierre et sa belle équipe nous convient. Gourmets, nous y répondrons avec un immense plaisir.


    En attendant, il faut bien se faire une raison, le cochon n'est plus de ce monde, c'est le plus vilain tour qu'il nous ait joué, et ça, vraiment, nous l'avons en travers !

    Traversement vôtre.

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