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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le kimono et l'armure.

L'habit à la page !


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    Cenabum est l'une des rares cités où tout s'est arrêté depuis le 8 mai 1429. Pourtant les heures de gloire ne manquaient pas dans la cité des Carnutes pour franchir sans dommages la fille Liger à l'assaut des Tourelles.

    Hélas, la bataille fut menée, dit-on, pas une jeune et jolie pucelle qui, peu de temps plus tard, brûla d'un feu intérieur qui en fera bientôt la Sainte Patronne du développement durable. Les gens délivrés de ces infâmes Anglois lui vouèrent une reconnaissance éternelle qui s'arrêta néanmoins à la lisère de Rouen.
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    Comme il n'y a pas de fumée sans feu, ils effacèrent leur amnésie provisoire par la célébration perpétuelle de l'acte héroïque et miraculeux. Dès l'année suivante, ils fêtaient en grand Pompe religieuse l'union sacrée de la lance et de l'eau bénite. Et depuis ce 8 mai 1430, chaque année à l'exception des vilaines guerres qui vinrent jouer les trouble-fêtes, Cenabum déroula le tapis rouge pour honorer les cendres de sa délivreuse jouvencelle.

    La chose est connue du Monde entier, les fêtes Johanniques sont à la faribole ce que Bigard est à l'humour. Ici, on célèbre, on commémore, on prie et on ratiocine à qui mieux Dieu et l'État. La séparation entre le pouvoir séculier et le pouvoir spirituel n'est pas lettre d'évangile. Monseigneur l'évêque et Monsieur Le Maire défilent bras dessus bras dessous sous le regard bienveillant de l'armée française, pas fâchée de trouver valeur à son goût.

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    C'est ainsi et cela restera, il n'y a pas à y revenir et pour devenir habitant officiel de cette bonne ville de Cénabum il faut au moins un jour dans sa vie avoir défilé devant le bel étendard de Jeanne et  celui de Gilles de Rais, preuve affligeante que les difficultés actuelles de l'église sont éternelles.

    Pour impliquer la France dans la chose, les échevins ont pris l'habitude d'inviter une personnalité nationale. La tradition voulait même que le président de la République en personne se rende dan la bonne cité la première année de son mandat. La visite fut respectée jusqu'à ce qu'un président iconoclaste refuse l'invitation, craignant sans doute de monter sur ses grands chevaux ! Celui-là préférait Guy Moquet à Jeanne la Lorraine qui n'avait semble-t-il écrit aucune lettre à lire aux collégiens.

    Les personnalités se succèdent pour ouvrir le défilé derrière la pucelle. Cette année, la ville a choisi une pointure, une flamme olympique qui risque de rappeler de bien mauvais souvenirs à notre Jeanne. Figure tutélaire du sport, du judo et de l'UMP, le brave David a dû détourner une partie de la dernière collecte de pièces jaunes pour fondre une nouvelle armure à la guerrière magnifique.
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    Lui en kimono, elle en armure sonnante et trébuchante, la fête sera somptueuse. Monsieur le Pharaon Maire de Cénabum, profitant de l'aubaine pour vanter une fois encore les mérites de son grand équipement chéri, qu'il baptisera à n'en point douter : « Arena d'Arc » comme il se doit, dans cette ville coincée entre Loire et traditions.

    N'écoutez pas les griefs absurdes d'un sinistre individu qui n'a jamais assisté à ce qu'ici on appelle une fête. La moitié de la ville défilant devant l'autre moitié qui se repose des efforts consentis l'année précédente. Pour appartenir à la bonne société locale, il faut en passer par cette dévotion anachronique et factice, ce qui ne sera jamais mon cas …



    ViveLabeurement* vôtre

    * Vive Labeur : Devise de la donzelle

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Vigo 06/05/2010 13:21



Bonjour l'ami...


 


[J'essaye de répondre à votre présent quotidien déposé là où vous savez, mais voilà qu'on m'y empêche... Allez comprendre. Voici donc ma réponse à "Des bougies ou des cierges".]




Sur le milieu en général, on pourrait dire bien des choses en somme... En variant le ton par exemple, tenez :

Agressif : "Moi Monsieur, si j'étais de ceux-là, il faudrait sur le champ que je m'ampute la conscience !"
Amical : "Mais l'on doit vous confondre avec le banditisme, pour garder vierge vos casiers, faites-vous donc construire une justice."
Descriptif : "C'est énorme, c'est terrible, c'est sale, c'est vulgaire, que dis-je c'est vulgaire, c'est une infamie d'outrance !"
Curieux : "Comment donc le peuple endure-t-il encore vos singeries ? Par simple masochisme, négligence ou voyeurisme ?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point l'insurrection populaire, que dans l'attente du spectacle, vous vous préoccupâtes de submerger sa patience de tant d'actes psychopathes ?"
Truculent : "Ça Messieurs, lorsque vous voyagez, il faut prévoir bien des cargos, pour y stocker tant de culot, ainsi que vos si gras ego !"
Prévenant : "Gardez-vous par le poids des casseroles, de ne jamais finir au sol".
Tendre : "Cumulez donc les mandats, les citoyens semblent aimer cela."
Pédant : "Même l'animal Messieurs, que l'on nomme Loxodonta Maximus, en manquerait lui-même pour tromper tant de monde !"
Cavalier : "Quoi les amis, l'impunité est à la mode ? Pour exercer vos fonctions, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Aucune loi ni magistrat, Messieurs de bon aloi ne saurait salir vos emplois, qui sont tellement tous de bonne foi."
Dramatique : "Ecoutez le Monde crever."
Admiratif : "Pour la racaille, quel exemple..."
Lyrique : "C'est à faire passer Jacques Mesrine, pour une frêle ballerine."
Naîf : "Mes éternels respects pour votre excès de progrès."
Respectueux : "Souffrez-messieurs qu'on vous admire, car nous savons qu'ailleurs c'est pire."
Campagnard : "Pouarf eud' Miladiou !"
Militaire : "Sonnez la charge contre le peuple !"
Pratique : "Si l'objectif est de finir assis au banc des accusés, d'une fin de vie à la Santé, vous est déjà tous assurés."


Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot : "Les voilà donc ces malhonnêtes, qui sous prétexte de profits, on anéanti mon Pays, ils s'en réjouissent, les traîtres !"

Ou dans une version plus réaliste : "Les voilà donc les infâmes, qui par mépris du genre humain, construisent une tyrannie mondiale, et se régalent de ce drame."

Ou encore : "Les voilà donc les abjectes, qui laissent accomplir ce projet, c'est le fléau du genre humain, qui semblent vouloir ce destin".


Pardonnez la pauvreté d'un style dépité par ceux dont il est question ici, et qui ne méritent guère plus d'effort, qu'ils n'en font eux-même pour nous, peuple de France, pipi-caca.


Bonne journée,

Vigo.



BR 06/05/2010 13:30



Vigo.


 


Que dire de mieux ?


Que faire, si ce n'est avec votre autorisation, reprendre ce texte comme un billet.


 


Quand à la morale, elle vient d'être décrétée par l'ami Charles P. qui fait appel de sa non sentance car il estime être sali par une décision qui l'a reconnu coupable mais non puni en raison des
grands services rendus à l'état. Monsieur veut être totalement blanchi …………


 


Ajoutez le en guise de pied de nez final à votre tirade !


Bergeracement vôtre