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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le marcheur sanitaire

 

Le tour des pharmacies.



Partir sur les chemins de Loire après une année professionnellement bien difficile et une saison sportive catastrophique n'était sans doute pas l'idéal pour affronter d'un pas serein et léger les difficultés incontournables de l'exercice. C'est tout naturellement que je fus en butte aux petits soucis que rencontre celui qui se lance à l'aventure mal préparé et bien fatigué.

 


 

« Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! » me souffla une Mélusine du bord de Loire. Elle dut me glisser en même temps un maléfice, car dès le premier jour j'avais fort mal à l'oreille et des promesses d'ampoule au pied droit. Fort de ces deux bons compagnons de route, j'allais agrémenter mon périple ligérien d'un petit tour de France des pharmacies. C'est joindre l'utile à l'insupportable !

 


 

C'est à Gien, troisième étape du parcours que l'inflexion sanitaire se conforma réellement. Le premier pharmacien consulté me pria fort gentiment de me rendre aux urgences. J'en revins avec un percement du tympan et un traitement antibiotique à vous couper les jambes. C'est au matin du quatrième jour que je revins voir mon bon samaritain pour compléter ma trousse de soin itinérante.

 


 

Le mal empira à un point véritablement insupportable. L'oreille bourdonnait et m'empêchait de trouver le sommeil, aggravant par la même occasion l'état du marcheur. Je croisai sur ma route un médecin marcheur qui me prescrit des gouttes apaisantes. Nouvelle pharmacie à visiter, cette fois en la bonne ville de Châtillon sur Loire. Hélas, le produit eut un effet désastreux et aggrava mon état.

 


 

Jamais deux sans trois prétend l'adage. Ne voulant pas le faire mentir, je rendis une nouvelle visite dans une officine de Pouilly sur Loire. À ce train, mon budget médical allait prendre des proportions alarmantes. La pharmacienne écouta d'une oreille attentive et saine les jérémiades d'un inconscient. Elle proposa de compléter les antibiotiques par un analgésique qui fut, il faut le reconnaître miraculeux. Qu'elle soit encore remerciée !

 


 

Progressivement tranquillisé du côté du pavillon du miséreux, je pus alors tout à loisir me focaliser sur une ampoule qui avait pris des proportions inquiétantes. Elle avait usé tout mon stock de double peau et ma patience par la même occasion. C'est à Bourbon-Lançy que je dus renouveler les pansements miraculeux et mon effet placébo personnel : la petite bouteille de Synthol. Malheureusement, l'officine était perché tout en haut d'un village escarpé et le remède fut accompagné de quelques maux supplémentaires.

 


 

Je perdis de vue quelques temps les officines. Le pied me faisait souffrir mais la marche exige de petits sacrifices et celui-là me semblait tout à fait acceptable pour mon chemin de croix vertes. Mais comme à chaque jour suffit sa peine, l'ampoule exige tous les matins nouveau pansement. Le stock vint à manquer et une nouvelle visite s'imposait. Je me rendis donc dans une pharmacie de Marcigny.

 


 

L'officiante fit la moue à la vue de ce pied martyrisé. Elle ne daigna pas soigner les plaies, préférant vendre, ce qui est maintenant la fonction première et exclusive de ces commerces médicaux, des pansements supplémentaires. Je renouvelai le stock en l'agrémentant d'un pansement de nuit qui vint compléter son collègue de jour. Cela me faisait une belle jambe !

 


 

La route allait son train clopin-clopant. L'usage immodéré des doubles-peau me permit une fois encore de rendre visite à des dames portant blouses blanches. Cette fois, mon pied ne fut pas regardé en pinçant les lèvres et la jeune vendeuse d'Aurec prit le temps de choisir les pansements ad-hoc. J'en oubliais bêtement d'acheter ma petite bouteille de Synthol, fort surpris qu'en ce lieu on m'ait considéré avec bienveillance.

 


 

C'est donc à Retournac que je retournai pour la dernière fois retrouver l'enseigne verte clignotante. Le Synthol me permet en cours de route de me masser un peu les jambes, de récupérer un peu de fraîcheur. Si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal non plus et le rituel est un moment important de la récupération après quatre heures de marche.

 


 

Voilà, je suis à deux étapes de mon but. Je ne pense plus m'arrêter pour de quelconques achats paramédicaux. La coupe est pleine, l'ampoule en a même fini de me faire souffrir. Je vais y perdre un ongle et dans quelques temps, ce ne sera plus qu'un excellent souvenir. J'aurai visité quelques pharmacies sur ma route et je puis vous assurer qu'aucun particularisme régional ne vient apporter une touche pittoresque à ces lieux tous identiques. Dommage !

 


 

Pharmaceutiquement vôtre.


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