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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le premier pas du Rebrousse Loire

En route, la tête pleine de doutes.




Ce matin, quand vous lirez ces quelques lignes, j'aurai déjà accompli quelques milliers de pas. Ce seront les premiers d'une longue répétition qui me conduira, si rien ne vient entraver mon dessein, jusqu'aux sources de la Loire (j'utilise un pluriel pour n'offusquer aucun candidat à cet honneur) pour ensuite traverser la Lozère et terminer mon périple à Millau.

J'achève l'année scolaire ou plutôt c'est elle qui m'a achevé. Je suis épuisé et c'est avec une fatigue mentale certaine que je vais débuter ce chemin de Loire. J'espère que le corps suivra et que ma fille Liger réparera les plaies d'une année à oublier sur bien des plans. En cela, je débute un pèlerinage sur moi-même et vous en ferai les témoins privilégiés.

Laissons-là ces plaintes inutiles, la Loire s'offre à vous en ce petit matin. Jamais, elle n'est aussi belle que quand on la surprend à son réveil. Son lit couvert encore d'un mystérieux voile cotonneux qui l'embrume. Un soleil rasant se lève triomphant , il s'empourpre, fier de découvrir la belle sauvage, heureux de guider son onde vers l'océan qui l'attend. Ils feront route ensemble et je vais m'opposer à eux, moi qui ne suis qu'un rebrousse Loire !



Le chemineux naissant entamera sa longue course entre Loire et canal. C'est au petit Saint Loup que débutera notre belle histoire d'amour. La Loire n'est pas fille légère et parvenir jusqu'à elle par la venelle à quatre sous serait la prendre pour ce qu'elle n'est pas. Je me garderai bien de la considérer ainsi même si le maigre filet d'eau qui s'y traîne la rend peu glorieuse en cet étiage désolant.

Mais Combleux la magnifique m'attend. Le plus beau village de chez nous, La Loire en majesté et le canal en beauté. Un coin de paradis, un espace préservé de la folie des hommes. Des maisons, l'auberge de la Marine où je vous invite à vous arrêter, la quiétude d'une France quand elle n'était pas encore vendue à la folie mercantile.

Le canal file vers la forêt, je continue vers Bou, le bout du monde aussi quand les crues terribles d'alors coupaient ce village de toute humanité. Les contes d'ici nous parlent de nuits terreurs quand le fleuve en colère emportait tout sur son passage. Ecoutez cette histoire et vous comprendrez mieux pourquoi nous sommes tous ici, enfants de la Loire.


J'ai laissé mon premier compagnon de marche. Philippe de Santeau, un homme de la Beauce pour découvrir les premières fantaisies du fleuve, alliance du grain et de l'ivraie. L'heure matinale de mon départ n'a pas découragé le prince de la brocante. Le chineur se lève parfois plus tôt que le marcheur.

Je continue sur notre rive droite. C'est à Jargeau que je franchirai mon Rubicon. En attendant, je plonge vers la berge, plus d'habitations ni de route. Un chemin de terre qui longe les bancs de sable, j'avance seul dans ce paysage du val. La Loire se traîne, la sécheresse l'a rendue dolente. Le sable triomphe, il a gagné la partie contre le délire des hommes qui n'ont eu de cesse, le siècle dernier de creuser le lit pour construire, construire et finalement détruire un équilibre si fragile.

C'est à Jargeau que j'espère trouver table ouverte. Qu'un lecteur du matin me dise sans tarder où l'on peut me convier à partager le repas méridien. Si personne ne se signale, je ne serai pas en peine, la ville est commerçante, la chair bonne. Puis je reprendrai ma route sur la rive Sud, au bord du fleuve, il y a un chemin qui me conduira jusqu'à Chateauneuf, la ville marinière et son musée à visiter. Je ne prendrai pas le temps de m'y arrêter, la première étape est longue et jusqu'au moulin de Guilly, le chemin n'en finit pas de tourner.



Vous saurez la suite en me manquant pas les prochains épisodes du Rebrousse Loire, les aventures marinières d'un marcheur salutaire.

Inauguralement vôtre

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philippe 04/07/2011 20:11



tu as bien fait de commencer ton periple aujourdhui appellons ce jour l'independance day d'un amoureux de la loire


bonne route Bernard


Philippe



BR 05/07/2011 06:14



Philippe


Tu verrais mon état !


L'indépendance est en petit forme


J'ai mal partout


Vieusement tien