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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le regard tourné vers le sommet.

Newton, sans gravité …



    Curieux paradoxe ovale qui veut que tout corps soit inexorablement attiré par la pointe du sommet d'une pyramide à la base hexagonale. Les projecteurs de l'actualité ne s'y trompent pas,eux qui braquent leurs rayons ardents vers cette cime qui brille de mille feux lors des tournées automnales, du tournoi hivernal et des ballades australes et néanmoins estivales.

    La pyramide ne semble guère se préoccuper du printemps, période qui favorise l'exode de ses membres vers des territoires inconnus pour des joutes éliminatoires, des bacchanales jubilatoires et des boucliers ambulatoires. Elle laisse cette saison aux gens de peu qui ont échappé à l'épreuve du temps et des épreuves officielles.

    Épreuves, la commission est lâchée en rase campagne. Elle porte un nom qui ne trompe pas tant il est chargé de souffrance, de contraintes à surmonter, d'obligations à respecter, de sanctions qui menacent, de règles qui limitent, d'injonctions et de directives.
    La base supporte l'édifice et les caprices de ses élites. Ainsi pour illustrer le propos, je reviendrai sur la licence, ce sésame indispensable et bien naturel mais qui perd toute valeur au mois de juillet. Les vacances, la trêve, une reprise fin août pour bon nombre de clubs modestes et trois semaines de course et de soucis afin de réunir des papiers en règle pour repartir du bon pied.

    Jadis, nous avions tous le mois de septembre pour nous retourner en utilisant la licence précédente. Maintenant, il faut se confronter à la concurrence de la rentrée scolaire pour trouver place dans un cabinet médical surchargé. Les matchs amicaux de début septembre deviennent impossibles faute de combattants estampillés. Ce qui peut se faire dans une structure de bon niveau avec médecin au service de l'association est impossible plus bas. Le dire ne sert à rien ! Si haut, on ne peut entendre les plaintes de gens si insignifiants.
    Autre exemple de difficulté souvent rédhibitoire : la constitution d'une équipe junior. Pendant de longues années, cette catégorie courrait sur trois années civiles. Cela permettait ainsi de constituer, en douceur, une passerelle avec l'âge senior et ses exigences plus complexes. Cela élargissait le cible pour réussir malgré les études, les difficultés professionnelles ou amoureuses à accroître les chances de réunir 25 jeunes.

    Hélas, ce modèle pour commode qu'il était ne correspondait ni aux besoins, ni à l'organisation du haut-niveau. Il fallait imposer à tous deux années pour que l'élite puisse se donner les moyens de construire une filière de formation cohérente : Crabos – Reichel – Espoirs …

    On sait que ce modèle ne touche que très peu de clubs, que la compétition Crabos est dorénavant réservée à l'entre-soi, que des voix s'élèvent sur la pertinence de ce modèle qui concentre les meilleurs jeunes dans des clubs où finalement on leur donne très peu leur chance.
Qu'importe, une mesure prise le sommet s'impose à une base si peu représentée dans les organes de décisions qu'elle ne peut faire entendre sa voix.

    Alors, dans les petits clubs, chaque année on voit les garçons partir pour des centres de formation plus avides de chair fraîche que jamais. On perd en chemin ceux qui choisissent l'apprentissage qu'aucune campagne officielle ne présente comme une solution de formation qui exclut de la vie sportive. On laisse filer ceux qui vont poursuivre des études qui demandent trop de temps pour continuer le sport.
    On finit en peau de chagrin et on doit se tourner vers aussi démuni que soi pour constituer un rassemblement cache-misère en sauvant l'essentiel : le rugby. Une année de mieux, une année de plus pour former cette masse nécessaire à toute élite, une année encore pour accueillir des débutants, une année toujours pour vivre ces si belles années juniors. Mais qui donc pourrait m'attendre ou me lire, tout là-haut ?

    Pyramidalement vôtre.

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