Mercredi 18 novembre 2009
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Publié dans : Fable
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Sport-fiction ?
En êtes-vous certains … ?
L'évolution, mon bon monsieur, conduit ce monde encore plus vite que ne l'a imaginé l'ami Darwin qui ignorait tout du
Rugby, ce qui fut son plus grand regret. Les objets rentrent dans la ronde de l'espèce à leur tour et notre royaume d'Ovalie n'échappe pas à cette nouvelle loi d'un univers désormais impitoyable
!
Avant chaque rencontre de ce noble sport, un technicien supérieur des surfaces planes et herbeuses examine à la loupe ou au microscope électronique la verte prairie et établit un
diagnostic d'adhérence. Les joueurs peuvent alors passer à ce stand rendu public par une publicité pour un site ovale afin de se munir des
pneumatiques et crampons adéquats. Ainsi, ils pourront conserver équilibre et tenue de combat en territoire gras, humide, glissant, sec, gelé ou pelé.
Avant de pénétrer sur leur terrain de jeu, ils passent alors dans les mains réparatrices de l'ostéopathe
préventif. Celui-ci anticipe les vilaines blessures de la cheville ou du genou que l'option cramponnesque risque de causer. Chaque médaille a son revers mais l'enjeu vaut bien une attelle !
Chaque joueur de ce sport à la pointe de la recherche technologique dispose d'une implantation de crampons étudiée en souffrerie. Leurs formes et leurs emplacements ont fait
l'objet d'analyses pointues des exigences aux postes. Il faut hélas, intégrer les aléas regrettables qui sont issus d'une polyvalence excessive impossible à intégrer dans les variables
aléatoires.
Longueurs et formes sont négociées entre le technicien de surface et le logisticien technique. Entre les crampons de 14 mm et ceux de 18 mm, une vraie guerre de tranchées oppose
ces deux doctes spécialistes. Le conique a perdu son hégémonie dans les vestiaires et les formes sont aujourd'hui bien plus variées que le vocabulaire géométrique. Les pyramidaux, les transversaux,
les cubiques, les parallélépipédiques et les pas vraiment ronds s'opposent et s'unissent au gré de la fantaisie de nos ingénieurs cramponneurs.

Le joueur n'en a pas pourtant terminé avec ses soucis cordonniers. La chaussure est devenue la clef de voûte de
l'édifice rugbystique et les apports de la mécanique quantique ont permis des bonds considérables dans les problèmes de la résistance au plaquage. Des jupes latérales installées sur les souliers de
certains ailiers particulièrement véloces leur permettent ainsi d'échapper au plaquage cathédrale (on parle alors de mécanique cantique).
Le laçage a lui aussi fait des progrès considérables grâce au savoir faire d'artisans chanvriers qui venus des sports de voile depuis les succès de New Zélande dans la coupe
America, se sont naturellement penchés sur ce sport roi dans ces îles des antipodes. Le nœud collant convient parfaitement au troisième ligne récupérateur tandis que le nœud de chaise s'impose bien
sûr aux remplaçants.
Tous les regards se portent dorénavant sur les souliers de nos compétiteurs, la publicité s'est emparée de la chose et des bandeaux lumineux font défiler des slogans mercantiles
pendant les rencontres. La chaussure est devenue le centre névralgique de nos colosses aux pieds agiles !
Des ordinateurs embarqués établissent des statistiques d'une redoutable précision sur les efforts consentis par chaque
joueur et comme le disent fort à propos de vieux entraîneurs circonspects, il y a quelques coups de pied au cul qui se perdent …
Les progrès ne cessent de modifier cette activité où l'homme n'a plus la totale responsabilité de ses actes. Le C. I. O. s'en inquiète et une commission d'enquête a été mise sur
pied afin de mesurer les conséquences de cette course à l'armement technologique et certaines sources prétendent que le rugby à Sept pourrait être supprimé des jeux de Rio. Monsieur Lapasset fait
des pieds et des mains pour étouffer la menace et se cramponne bec et ongles de pied à son rêve olympique.
Technopodiquement vôtre.
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