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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le temps des retrouvailles.

Stage cohésion 3

 

 


   
    Il est seize heures, la troupe épuisée cherche l'ombre et le repos dans le magnifique parc de Châteauneuf sur Loire. L'entraîneur d'opérette et capitaine d'occasion me confie sa fierté d'être à proximité d'un cèdre qu'il a ramené du Liban avec ses compagnons du douzième régiment de Cuirassés d'Orléans. Le jeune arbre pousse gaillardement face à l'orangerie.

    Les diverses conversations sont calmes, les joueurs se prennent déjà pour des vacanciers illusoires, déboussolés par des activités qui ont rompu provisoirement leurs repères habituels. Ils sont tous véritablement déprogrammés de leur quotidien en moins de vingt-quatre heures.

    L'instant pourtant arrive où il faut rentrer dans les vestiaires pour retrouver l'habit de douleur et d'effort rouge et vert qu'ils ont laissé depuis plus de cinq mois. Chacun reprend les rituels des années passées. Les partenaires se regroupent autour du soldat qui l'espace d'un défi joue le rôle du guide technique.

    Amusé et curieux, je guette le discours d'avant match, cette harangue codifiée et sacrée qui permet, quand elle est pertinente, de réussir la mutation entre l'homme ordinaire et le fou furieux qui va livrer son corps aux plaquages, aux coups et aux bobos les plus variés. Cette transformation passe par les mots, la brute sait aussi se faire esthète et vibre à l'évocation des belles émotions collectives.
   
    Notre guerrier est malhabile. Sa prise de parole est parsemée de nombreux « Moi, je ! » qui attestent (et c'est heureux) qu'il est resté joueur et ne se départit pas de son contexte habituel. Sa harangue malgré cette petite maladresse de forme, est un vibrant appel à la bataille, aux valeurs collectives de notre sport de combat au ballon.

    Les mots sont simples. Ils ressemblent au joueur qui sera exemplaire dans les minutes à venir. En premier lieu, il demande à tous ses camarades d'aborder sérieusement cette première plongée dans la compétition. Le Sérieux, c'est la clef de voûte de toutes les activités sportives. Notre soldat ajoute à cet ingrédient de base, toutes les épices du combat. Il redevient le membre du corps expéditionnaire en avouant son horreur de la défaite. Il termine en exigeant l'engagement de chacun !

    Puis, le calme revenu, il annonce sa composition d'équipe. Il redevient partenaire puisqu'il use du surnom pour chacun quand un véritable entraîneur ne se permettrait pas pareille familiarité. Il se grise ensuite de stratégie en anticipant un peu trop tôt sur les rotations qu'il pense mener au cours de la partie. Il commet l'erreur sans conséquence aujourd'hui, de dévoiler hors contexte ses cartes secrètes.

    L'échauffement sera mené de main de maître par un autre vainqueur du triathlon. Basketteur de formation, il insiste sur la souplesse, les étirements et le relâchement. Une autre culture qui n'est pas vraiment entrée dans les mœurs ovales. Le troisième larron distingué se contente de redonder les affirmations de son mentor. Pour lui, le plus important est de ne pas se blesser pendant la partie.

    Bien-sûr, dans ce contexte fort inhabituel, il ne s'agissait pas d'un vrai match mais d'un entraînement dirigé par deux des véritables entraîneurs de ces formations associées au niveau junior et amies depuis de nombreuses années. Nous découvrirons dans notre prochain billet une partie de ce qui se passa lors de l'après et qui d'habitude reste parfaitement secret !


    Préparatoirement vôtre.

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marie-jo 20/09/2010 09:08



...Bon j'ai du retard, mais je commente la vidéo : Et là est franchie la triste barrière de l'image, qui veut primer sur les mots. Je crois sincèrement qu'il est des moments qui peuvent être
forts quand ils sont vécus, et qui deviennent obcènes quand ils sont au mieux "vus" en direct, au pire "voyeurés" par caméra interposée... Autant j'aime le récit des émotions ressenties, les
mots choisis, les silences et les yeux bavards, autant me désespère ma position de spectatrice tapie devant son écran, gênée de cette intrusion sournoise et indiscrète dans la vie des
autres... Non, définitivement non, je n'aime pas l'image qui déshabille cruement quand le récit revêt les personnages des vêtements qu'on leur a choisis (du costume taillé sur mesure à la
robe de velours...) La dentelle des âmes ne se révèle à la vue que dans l'intimité... ou dans l'écriture



BR 20/09/2010 12:26



Mari-Jo


 


La video du discours d'avant match est totalement caricaturale. Elle contient ce qu'il peut y avoir de plus détestable dans notre sport. Ne pense pas qu'il s'agisse d'un modèle mais d'un
repoussoir.


 


Avec des mots forts mais sans cette haine féroce, il est possible de transcender les joueurs. Sinon à quoi serviraient mes textes si c'est pour tomber dans cette horreur ?


 


Rectificativement vôtre