Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le terrain de la discorde.

Lasser bébé.



    Il n'est pas que le Cercle qui connaisse mille tourments pour une histoire de terrain. Le malheur de l'ACBB est d'ailleurs bien plus grand puisqu'il est question que l'on lui retire son saut du loup pour l'usage exclusif du Stade Français.

    La chose n'est pas nouvelle, les municipalités sont prêtes à toutes les compromissions pour favoriser les clubs puissants sans se préoccuper du sort des petits. Cette morale n'est pas l'exclusive du sport, elle mène ce monde qui pourtant se prévaut toujours de la doctrine de l'intérêt général.

    Un terrain de Rugby est d'abord destiné à accueillir des crampons. Qu'ils soit dorés ou de simple aluminium, qu'ils garantissent la stabilité d'une chaussure de pointure 49 ou bien de 34, l'herbe s'il en reste ou bien le simple champ de labour se font un devoir de recevoir les rebonds du ballon ovale.

    Mais la municipalité n'a pas la même conception. La multitude ou les paillettes, les enfants innombrables ou les grandes vedettes aux maillots chamarrés, le choix ne demande que peu de temps et les sportifs amateurs sont priés d'aller jouer plus loin. On a connu ici aussi le réflexe de caste quand il a fallu prêter le terrain voisin au grand club de football de la préfecture. Rien n'était trop beau pour les uns, tout est toujours de trop pour les autres !


    Il y a dans ce fait-divers sordide tous les ingrédients qui mènent notre communauté nationale à sa perte. La notion de bien public, les obligations d'une municipalité, les distributions des subventions, tout cela semble être à redéfinir dans un pays où le fait du prince prédomine et où les contre-pouvoirs ne sont plus opérants.

    L'argent du contribuable n'est pas destiné à participer au fonctionnement d'une entreprise commerciale à objet sportif. Les clubs professionnels s'inscrivent dans une logique capitaliste mais oublient toutes les règles qui prévalent dans la doctrine de la libre entreprise. Ce n'est pas avec de l'argent public que l'on doit alimenter les moyens de fonctionnement de ces structures. Les fonds privés doivent financer stades et terrain d'entraînement pour les clubs professionnels et surtout pas l'argent des collectivités territoriales.

    Monsieur Guazzini fait le beau avec des femmes dénudées dans un Stade France qu'il transforme dès qu'il le peut en un presque lupanar antique, mais il ne peut s'offrir un centre d'entraînement. Il quémande à l'occasion de ses bacchanales et obtient d'élus émerveillés de tant de beautés pulpeuses qu'on déshabille un petit club pour habiller ces demoiselles et leurs compagnons de balle.

    Les bénévoles de l'ACBB découvrent qu'ils doivent faire le grand saut vers l'inconnu pour laisser la place à des loups de la finance et des paillettes. Déguerpissez les sans grades, les inconnus, les enfants de la balle ovale, les petits joueurs pour le plaisir. Ces messieurs les professionnels ont besoin d'un outil de travail mais préfèrent le voler que de se l'offrir !

    Ainsi va notre pays. Plus on a la bouche pleine, plus on a droit à la grosse part du gâteau. La redistribution fonctionne à sens unique, pardon : inique. Le pouvoir est clairement au service de la classe dominante. Les logements sociaux, les écoles, les terrains de sport sont laissés à l'abandon. L'argent de la nation permet de rembourser les nantis, d'encourager des investissements scandaleux dans les dom-tom, d'aggraver les inégalités. Ce ne sont pas des sots, mais de véritables loups qui se servent sur la bête !

    L'exemple de l'ACBB n'est qu'une pièce supplémentaire à charge contre un pouvoir qui à tous les niveaux où il s'exerce, est aux mains de prévaricateurs sans foi ni loi. Un grand coup de pompe au séant sera nécessaire pour redonner une conscience collective à nos représentants élus pour servir et non se servir ou servir exclusivement les leurs et leurs pareils. Sept cent cinquante amateurs pour le seul plaisir de 30 professionnels très médiatiques ...

 


    Louvement vôtre.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article