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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le théâtre de tous les risques qui les menacent.


L'Apleat au collège.

 


 

Traiter de manière habile et efficace le délicat sujet des assuétudes qui guettent les adolescents demande tact et mesure. Il est délicat d'aborder l'ensemble des pratiques toxiques, nocives, néfastes. (Les mots même sont sujets à interprétation et à critique). Il faut avancer sur la pointe des pieds, ne pas se faire prosélyte, fournir des informations quand le public concerné n'est pas encore impliqué, mettre en garde en jouant les donneurs de leçon.

 

L'apleat : Association pour l'Ecoute et l'Accueil en Addictologie et Toxicomanie est très active dans le Loiret. Elle a une mission de prévention et c'est dans le cadre de celle-ci que quatre personnes sont venues à la rencontre d'une vingtaine d'élèves de quatrième.

 

Ce sont d'abord deux acteurs, une fille et un garçon qui vont leur jouer une pantomime, entre mime et pantalonnade autour de trois tableaux. Durant près de trente minutes, avec une écoute sérieuse, des éclats de rire qui ne dégénèrent pas, une attention de chaque instant, des interjections et des murmures, mes élèves vont vivre et réfléchir au rythme des grimaces et des facéties de nos deux acteurs.

Il a envie d'embrasser cette fille charmante, elle aimerait se laisser aller à une relation qu'elle désire. Ils n'osent pas, ils se cherchent, ne parviennent pas à se trouver. Alors, ils vont utiliser le truchement de produits ou de pratiques pour briser la glace, pour oser s'approcher l'un de l'autre. Il leur faut casser leurs inhibitions, les solutions sont multiples tout autant que les pièges !

Il commence par lui offrir un cône stupéfiant, un billet pour le rêve et l'euphorie, le rire et la folie. Il lui propose, elle commence par refuser, elle se laisse convaincre, essaie, part vers d'autres territoires. Ils ne sont plus eux-mêmes, s'envolent vers un paysonirique. Ils se retrouvent au cœur de cône hallucinant. Ils font la découverte de tout ce qui compose ce produit aux origines douteuses, aux ajouts frauduleux, à la qualité non certifiée.

Le rêve s'écroule, la jeune fille se dérobe, elle fuit cette promesse illusoire, elle refuse de céder aux sirènes vaporeuses. C'est la fin du premier acte, nous allons pénétrer un autre monde, celui des soirées entre-soi, l'alcool est au centre de la fête. On y boit tout et n'importe quoi, les mélanges se font, vont-ils enfin faciliter la fusion de ces deux-là ?

Trop timides au début, ils boivent, boivent et re-boivent sans raison. Le rythme s'accélère, il n'est plus question que de boire immodérément. Ils perdent pied avec le réel et leur désir, ils perdent contenance. Lui, au lieu de l'embrasser, vomit, elle ne tardera pas à l'imiter. Il n'est plus question d'être deux, le dédoublement de tout les conduit à n'être que seuls avec leur folle appétence !

Changement de décor et de rythme. Elle est chez elle, coupée du monde, isolée de tous devant sa console de jeux. Il vient lui rendre visite, lui faire un peu de cour. Il la dérange, elle lui consent une petite place mais elle l'ignore. Seules les manettes qui lui ouvrent son monde virtuel la préoccupent. Il cherche à l'approcher et c'est le drame.

Elle retourne les manettes contre lui, le virtuel et le réel n'ont plus de frontières. Elle tire sur lui, il est une cible comme celles de son écran. Le monde n'a plus d'existence, le désir non plus. Il n'y a d'ailleurs plus aucune volonté. On l'appelle, elle n'écoute pas, elle devient robot, elle entre en symbiose avec sa machine, lui finit par l'imiter. Ils achèvent leur démarche folle en se tapant la tête contre le mur.

Un silence suit. Il faut un signal pour que les élèves applaudissent, discrètement. Il leur faut digérer ce spectacle. Ils sont prêts. Le débat qui suivra sera riche, ils ne regarderont pas l'heure filer et oublieront la récréation. Le spectacle a ouvert la parole, il n'est pas question de norme ou de recommandation, la comédie permet de dire et de comprendre. Merci aux deux comédiens.

 

Stupéfiantement leur.

 

Apleat : http://www.apleat.com/

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Kakashi 07/04/2012 07:19


En tout cas, sympa le concept de prévention.

C'est Nabum 07/04/2012 21:05



Kakashi


 


Pour l'instant aucune prévention efficace pour l'assuétude à mes billets. Je suis désolé !



Kakashi 07/04/2012 07:18


A force de vous lire, je vais peut être finir à faire qu'un avec vos billets !;)


(Oh, mon Dieu !!!)

C'est Nabum 07/04/2012 21:04


Kakashi Je décline toute responsabilité en cas de perte totale de maîtrise et de dissolution de l'individu au plu secret de cette écriture maladive. Prenez garde, la contagion est toujours possible
!