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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 07:14
- Publié dans : Compétition et conséquences
Nostalgie Ovale

roger_couderc.jpg

Un an déjà et quelques petites corrections ...


        Ce n'était pas un rendez-vous ordinaire : un match du Tournoi des V nations c'était notre enfance, la nostalgie et tout le Rugby que nous aimions.

       Dans notre étrange petite lucarne en noir et blanc, c'était la voix de l'ami Roger, férocement de mauvaise foi, amoureusement cocardier. Il encensait les siens, craignait les adversaires, hurlait  après l'arbitre : un rêve !
  
        C'était bientôt la fin de l'hiver, le retour discret du soleil avec cette France à l'accent qui roule. C'était, pour nous, les gens du nord de la Loire, la découverte de ce jeu si complexe, d'un ballon pas vraiment rond et de ces guerriers si héroïques.
  

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        C'était et ce sera toujours la répétition éternelle de la Guerre de Cent Ans, la revanche à jamais espérée face à l'infâme Anglais et ses perfides acolytes. C'est la possibilité sans cesse renouvelée de venger notre Jeanne, paix à ses cendres !

        C'était l'entrée de l'épique dans le sportif. Antoine Blondin nous racontait des HOMMES d'exception passant outre le saignement, encaissant les coups jusqu'à plus soif et s'en  retournant au feu à coup d'éponge magique avant de se réconcilier pour chanter au comptoir.

        C'était et c'est pour trop longtemps encore, le rendez-vous de l'arbitraire. La possibilité de développer notre paranoïa gauloise, l'occasion donnée aux anglos-saxons de se réconcilier pour entraver les efforts de l'impétueux continental.
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       C'était une affaire entre 4 nations britanniques et les porteurs de béret. L'intrusion d'un buveur de vin à la table de 4 distingués dégustateurs de thé. C'était l'affrontement du rustre inculte face à ces si respectables sujets de sa gracieuse majesté.

        C'était un rendez-vous donné, tous ces samedis bénis, au coup de sifflet de 15 heures. C'était le sublime dans la grisaille de février. C'était l'héroïque au cœur de mars.

       Et puis, tout a changé ! Au nom de la modernité, de la communication et de la marchandisation, la tradition fut balayée. Ils ont invité l'Italie pour donner l'illusion de l'équilibre entre latins et saxons.
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    Ils ont quitté ce merveilleux Parc des Princes ; cet écrin de Rugby, pour s'épuiser en « Ola » et s'admirer sur les écrans géants de cet espace sans âme qu'on nomme « Stade de France! »
Ils ont multiplié les rendez-vous, du vendredi soir au dimanche après-midi, pour offrir aux diffuseurs des espaces de cerveaux humains.

       En France, ils se sont invités entre soi, pour se retrouver autour de coupes de champagne dans des loges vitrées alors que le commun, bien trop heureux d'avoir obtenu un précieux billet doit se contenter d'une infâme et exorbitante bière sans alcool.

     Le quinze du coq entame son tournoi un dimanche après-midi. En Écosse, des présidents de comités à vie, des puissants qui s'ennuient et des amis de vedettesferont un voyage offert par des sponsors. Ils y retrouveront des amateurs qui se débrouillent et anciens internationaux qui ont abandonné le pré et le service aux clubs clubs.

    Pendant ce temps, toutes les forces vives du Rugby seront sur les terrains de jeu. Et ils s'étonneront que la part du marché de cette retransmission ne donne pas les résultats escomptés.

       Roger, ils sont devenus fous !
   

roger_couderc.jpg


    Nostalgiquement vôtre.
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