Dimanche 7 février 2010
7
07
/02
/Fév
/2010
08:23
-
Publié dans : Carton rouge
-
Comment tuer la poule aux œufs d'or !
Il y a quelque chose de plus fort que la tradition, de plus important que le respect des pratiquants, de plus rentable que la billetterie : « Les droits télévisés
! »
Pour ces énormes subsides sonnants et jamais trébuchants, les responsables sportifs sont prêts à toutes les bassesses, eux qui, pour en arriver là, étaient déjà passés maîtres
dans l'art délicat de la courbette, de la flatterie et du parjure.
Tout est bon pour le pognon ! C'est la nouvelle Saint Cochon de nos décideurs, présidents de ligue ou de fédération, qui s'engraissent sur le dos de la bête qu'on abat. La
surexposition a remplacé la rigueur de la compétition. Une journée de championnat ou de Tournoi s'étale, se prélasse, se répand sur tout un week-end. L'équité et la logique sportive sont peu de
chose au regard des deniers à empocher.
Trop de sport à la télévision tue le sport pour de vrai, le sport de masse, le vrai, le seul. Lancés dans une course folle aux droits télé, et toujours plus aveugle, les
responsables de la Fédération Française de Rugby singent à merveille leurs homologues du football. L'imitation est d'ailleurs souvent plus excessive que l'original et la règle se confirme encore
une fois.
Je n'imagine pas l'équipe de Monsieur Domenech effectuer un match officiel à une heure où tous les amateurs seraient en compétition. C'est impensable dans le monde du ballon
rond, en principauté d'Ovalie cela ne pose aucun problème. La forme du ballon sans doute autorise plus de fantaisie dans la gestion de l'entourloupe …
Dimanche, en Écosse, le quinze de France affrontera son homologue Écossais. On peut s'amuser de la coïncidence entre la réputation de pingrerie de nos amis en Kilt et le
choix purement économique de la programmation de cette rencontre. Pendant ce temps, sur beaucoup de terrains Français, des amateurs joueront dans l'indifférence générale.
Leurs spectateurs habituels, amateurs de Rugby, auront à choisir entre le confort de leur salon et la boue de nos terrains d'hiver. La qualité du spectacle n'étant pas tout à
fait la même, les esthètes, les frileux, les cocardiers, les mal-chaussés feront le choix espéré par les dirigeants fédéraux.
Le trésorier local, n'aura que ses yeux pour pleurer sur la recette de la buvette, triste à noyer son chagrin dans un vin chaud sans cannelle. La seule ressource d'un petit club
amateur n'est rien en comparaison des immenses besoin d'une Fédération gloutonne et dispendieuse pour les puissants.
Je sais qu'
on ne peut rien contre cette modernité qui s'impose à tous avec la
froideur d'un plan comptable et l'immoralité de ce monde impitoyable. Je persiste pourtant dans mon œuvre si malveillante : me faire l'écho de ces plaintes sourdes de la base qui n'arrivent jamais
à ces sommets de plus en plus inaccessibles !
Désespérer Billancourt ne vous a pas suffi. Vous vous en prenez maintenant à cette toute petite base qui est pourtant indispensable à votre belle vitrine. En agissant
ainsi, vous nous méprisez tout en reniant ce que vous fûtes un jour, il y a si longtemps et dont vous n'avez plus souvenir.
À 16 heures, au moment du coup d'envoi de ce Tournoi que j'ai chéri depuis ma plus tendre enfance, je serai derrière la rambarde de mon club. Vous pourrez dire à vos marchands
d'espace publicitaire qu'il ne doivent pas compter sur moi pour s'enrichir. J'enregistrerai le match, la passion est plus forte ; j'enregistrerai, sans vibrer ni m'enflammer pour les nôtres !
Trèscolèrement vôtre.
Derniers Commentaires