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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les bulles finissent toujours par éclater

Le grand gaspillage.


 


    Voilà, c'est parti, le grand gaspillage à nos frais de salive et de temps, d'argent et de disponibilité est engagé pour un mois. Tout janvier, nos grands hommes, tout ce qu'il y a de personnages importants dans ce pays, vont faire le tour des popotes, des corps constitués, des corporations, des groupes de pression, des ambassades et autres lieux d'importance pour ratiociner sur le temps qui passe, les difficultés de l'heure, les exigences de rigueur et les belles promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent !

    C'est le temps indécent des vœux officiels, des cérémonies à facettes, des belles tenues et des réceptions mondaines où les élites de la nation, de la région ou du département vont se rincer la gueule à nos frais et se remplir la sous-ventrière à nos dépens. Un mois de ce marathon des paroles inutiles, des redondances niaiseuses qui vont occuper tous les costumes croisés munis de la rosette à la boutonnière.

    Ils qualifient cela de rituel républicain, je n'y vois qu'une parodie de caste, une débauche scandaleuse d'énergie et d'argent quand les efforts demandés aux français exigeraient de la part de ces beaux messieurs un minimum de retenue et d'une qualité dont ils ignorent tout : «La décence !».

    Qui osera calculer ce que nous coûtera le mois de janvier de notre encore Président et pas vraiment candidat ? Il va s'offrir la plus belle campagne gratuite de l'histoire d'une République qui n'en finit plus de se vautrer dans les excès en tous genres. À quelque chose malheur est bon, il n'aura pas besoin de se lancer dans une nouvelle affaire Karachi pour trouver quelques subsides, ni aller quémander d'autres enveloppes chez de vieilles dames fort riches, ce sont les comptes de la nation qui lui serviront de réserves inépuisables.

    Qui fera le détail de ce que nous coûte en bouteilles de Champagne, en petits fours, en frais de déplacements et de représentations, ces joyeusetés qui vont se reproduire ainsi dans les mairies, les conseils généraux, les conseils régionaux et les préfectures ? Nous allons assister à l'écart des coupes qui se lèvent, à ce joli spectacle d'une France qui ne se serre jamais la ceinture et qui a l'outrecuidance de nous demander de le faire.

    Exigeons la fin de ce rituel suranné. Demandons l'arrêt de cette mascarade qui est une insulte à la démocratie, une survivance des manières d'un ancien régime qui ne parvient pas à mourir. Qu'ils se mettent au travail et cessent enfin de trinquer à notre santé, de boire le fruit de notre labeur et de se ficher de notre tête par la même occasion.

    J'essaie vainement depuis quelques jours d'éveiller les consciences sur ce modeste sujet qui n'est pas vital, je veux bien le reconnaître, aux regards des enjeux de ce temps. Mais c'est en brisant les petits privilèges que l'on peut faire bouger les lignes, affirmer clairement que nous ne sommes plus dupes de la vacuité de ces êtres qui confondent servir la nation et se servir alors qu'ils ne devraient être que de simples « Représentants du peuple » sans autres privilèges que celui d'œuvrer le temps d'un mandat, pour notre bien commun.

    Rejoignez-moi dans ce combat symbolique, menez grand barouf quand ceux qui vous desservent tiennent encore sauterie républicaine à vos frais. Hurlez, criez votre désapprobation, votre colère, votre rage. Renvoyez-leur à la figure ce mépris dont ils nous gratifient à longueur de journée. Qu'ils fassent une bonne fois pour toute Vœux de décence, de modestie et d'intégrité. La demande peut paraître parfaitement incongrue quand on observe d'un peu près ces gens qui nous gouvernent, mais je ne pense pas qu'elle soit illégitime. Plus aucune cérémonie de vœux dans ce pays et pendant que vous y êtes, laissez tomber les inaugurations, les remises de médailles et autres plaisanteries similaires.

    Baroufement leur !

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regis reguigne 03/01/2012 08:42


    Et , en 1789  , dans la Nuit du 4 août , qui furent " dégommés " (? ) , largement mais pas totalement ( et rachetables ) : les Privilèges et , localement , qq privilégiés
dans des " attaques " de châteaux destinées à brûler les documents " terriers " qui conservaient les " preuves " de leurs avantages ancestraux .


    2012 n' est pas 1789 ...


  A propos , ma rosette , bleue , pour actions au service de causes environnementales , je n' irai l' exhiber dans aucun " pot " de début d' année ; nous devons être un certain nombre dans
ce cas .

BR 03/01/2012 14:15



Regis


Une nouvelle nuit du 4 août s'impose et lors de celle-ci, il faudrait mettre à bas également cette hypocrisie des décorations. Je ne doute pas que vous ayez mérité la vôtre mais pour vous,
combien d'autres, tout à fait indignes, la porte à leur revers ?


Le plus insupportable, c'est cette tradition de ne décorer les braves gens, ceux de la base, que lorsqu'ils sont morts au travail : pompiers, policiers, simples soldats.


C'est bien la preuve de l'inutilité insigne de ces décorations.