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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les commentateurs Chafouins

Une paille dans l'œil,
la gentiane à la bouche.

 



 

    Il est une catégorie de personnages qui ne cesse de me surprendre, de m'étonner par leur capacité à dénigrer sans jamais fournir la moindre preuve de leurs capacités rédactionnelles, de leur pensée conceptuelle ou de leur expression complexe: ce sont les commentateurs chafouins, les princes noirs du clavier.

    Je sais que mes billets sont de nature à provoquer le courroux, à mettre en colère ceux qui pensent différemment. C'est la loi du genre et j'aime les joutes oratoires qui m'opposent à ceux qui n'expriment pas la même lecture du monde. Quand le débat est emprunt de courtoisie, qu'il se plait à distiller quelques saillies ironiques, nous sommes entre gens de bonne compagnie. Le ton peut être vif, qu'importe, il met aux prises deux personnages qui avancent à découvert dans la jungle de l'idéologie.

    Mais quand le persiffleur est un triste personnage au passif colossal et à l'actif nul, je me demande ce qui peut motiver ces petits bras du clavier qui ne pensent qu'à détruire sans jamais construire la plus petite expression. Ils avancent, bousculant tout sur leur passage. D'un mot, d'une expression, d'une opinion, ils font leurs choux gras, assénant un aphorisme définitif, une réplique cinglante, un jeu de mot simpliste, puis se dérobent au débat.

    Ils se posent en censeurs, se font les chantres du bon sens, de la logique, de l'évidence ! Ils posent une mine, une sentence sans réplique qui laisse le pauvre auteur sans voix. « Discours mécanique, bourré à craquer de poncifs qui ont fait leur temps... ». Que répondre à ce personnage ? Il a fermé le débat, renvoyant le pauvre écriveur dans ses cordes, circulez, il n'y a rien à redire !

    D'autres détiennent la connaissance et ne perdent pas leur temps en vaines explications. Ils se gaussent en se drapant d'une suffisance sans réplique : « 40 ans que l'on entend le même discours... ». Comme ils n'ajoutent rien à cette cinglante affirmation, vous ne pouvez que baisser la tête et rentrer dans la triste cohorte des vieux ringards de service.

    Il y a les professionnels de la chose. Ils agissent pour une idéologie, ils portent un drapeau qu'ils mettent dans leur poche, n'ayant pas même le courage d'avancer à visage découvert. Ce sont les tireurs embusqués, ils font feu sur tout ce qui n'a pas l'heur de satisfaire leur conception du monde. Ils s'honoreraient de jouer le jeu du débat en écrivant à leur tour des billets argumentés, des textes plus complets que leurs jets au vitriol si sommaires.

    Il y a les multi-cartes. Des individus malfaisants qui changent de pseudo pour attaquer sans cesse le pauvre blogueur qui n'a que sa bonne foi à opposer à des gens qui ne visent qu'à détruire. Ils pilonnent, organisent de véritables tirs de barrage, cherchant la réplique qui placera leur adversaire en situation de censure. Je ne perçois pas l'intérêt qu'ils ont à user de cette stratégie du harcèlement, ils doivent au moins y trouver du plaisir, fusse une forme perverse !

    Cependant, je ne saurai jamais assez remercier tous ces personnages de l'ombre, ces ennemis jurés de la controverse et de la dialectique. Ils apportent la preuve que nos efforts ne sont pas vains, qu'il faut continuer à dénoncer les travers d'une époque peu glorieuse, qu'il faut pointer du doigt les dérives de notre système politique, les excès et les abominations du libéralisme.

    Si nos modestes billets n'avaient aucun effet, je ne vois pas pourquoi quelques officines peu reluisantes mandateraient ces obscurs exécuteurs des basses besognes. C'est pourquoi, je viens ici leur rendre justice et hommage. Sans tous ces commentateurs chafouins, il y a bien longtemps que je me serais lassé de mener bataille. Ils sont mon moteur, ma raison de continuer. Plus l'attaque est virulente , plus le commentaire est peu amène et mieux je me sens.

    Merci messieurs les discourtois, vos attaques sont toutes aussi précieuses que les commentaires flatteurs. Ils sont le pendant obscur à ces magnifiques rayons de soleil. Ils les soulignent de leur ombre maléfique et nous les font encore plus apprécier. Hélas, le temps ou la lassitude font que bien trop rares sont maintenant mes visiteurs lumineux.…

Patrironiquement leur.

Vidéo ;
Parler de tout, parler de rien par franceinter

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Le ch'timi 05/09/2011 22:21



Beranard,


Pas de problèmes, Victor est avec vous ..son séjour à Guernesay l'a rendu encore plus tenace...


demain en fin daprès-midi...logiquement ??


Je mets en ligne mon prochain billet musical..terminé..mais toujours le grand dilemne dans le choix des chansons


 


Amitiés


Patrick



BR 06/09/2011 06:55



Patrick


 


Me voila entre Bénabar et Bernard, je vais bientôt avoir droit à un billet de votre part !


 


J'attends ce billet avec imaptience et compte rejoindre Victor en exil avec les textes à venir ...



Le ch'timi 05/09/2011 21:41



Cher Bernard,


J'espère que ce jour de rentrée fut bon..Je suis venu avec mon pote Victor :


Ainsi les plus abjects, les plus vils.


Ainsi les plus abjects, les plus vils, les plus minces
Vont régner ! ce n'était pas assez des vrais princes
Qui de leur sceptre d'or insultent le ciel bleu,
Et sont rois et méchants par la grâce de Dieu !
Quoi ! tel gueux qui, pourvu d'un titre en bonne forme,
À pour toute splendeur sa bâtardise énorme,
Tel enfant du hasard, rebut des échafauds,
Dont le nom fut un vol et la naissance un faux,
Tel bohème pétri de ruse et d'arrogance,
Tel intrus entrera dans le sang de Bragance,
Dans la maison d'Autriche ou dans la maison d'Est,
Grâce à la fiction légale is pater est,
Criera : je suis Bourbon, ou : je suis Bonaparte,
Mettra cyniquement ses deux poings sur la carte,
Et dira : c'est à moi ! je suis le grand vainqueur !
Sans que les braves gens, sans que les gens de coeur
Rendent à Curtius ce monarque de cire !
Et, quand je dis : faquin ! l'écho répondra : sire !
Quoi ! ce royal croquant, ce maraud couronné,
Qui, d'un boulet de quatre à la cheville orné,
Devrait dans un ponton pourrir à fond de cale,
Cette altesse en ruolz, ce prince en chrysocale,
Se fait devant la France, horrible, ensanglanté,
Donner de l'empereur et de la majesté,
Il trousse sa moustache en croc et la caresse,
Sans que sous les soufflets sa face disparaisse,
Sans que, d'un coup de pied l'arrachant à Saint-Cloud,
On le jette au ruisseau, dût-on salir l'égout !

— Paix ! disent cent crétins. C'est fini. Chose faite.
Le Trois pour cent est Dieu, Mandrin est son prophète.
Il règne. Nous avons voté ! Vox populi. —
Oui, je comprends, l'opprobre est un fait accompli.
Mais qui donc a voté ? Mais qui donc tenait l'urne ?
Mais qui donc a vu clair dans ce scrutin nocturne ?
Où donc était la loi dans ce tour effronté ?
Où donc la nation ? Où donc la liberté ?
Ils ont voté !

xxxxxxxxxxxxxTroupeau que la peur mène paître
Entre le sacristain et le garde champêtre
Vous qui, pleins de terreur. voyez, pour vous manger,
Pour manger vos maisons, vos bois, votre verger,
Vos meules de luzerne et vos pommes à cidre,
S'ouvrir tous les matins les mâchoires d'une hydre
Braves gens, qui croyez en vos foins, et mettez
De la religion dans vos propriétés ;
Âmes que l'argent touche et que l'or fait dévotes
Maires narquois, traînant vos paysans aux votes ;
Marguilliers aux regards vitreux ; curés camus
Hurlant à vos lutrins : Dæmonem laudamus ;
Sots, qui vous courroucez comme flambe une bûche ;
Marchands dont la balance incorrecte trébuche ;
Vieux bonshommes crochus, hiboux hommes d'état,
Qui déclarez, devant la fraude et l'attentat,
La tribune fatale et la presse funeste ;
Fats, qui, tout effrayés de l'esprit, cette peste,
Criez, quoique à l'abri de la contagion ;
Voltairiens, viveurs, fervente légion,
Saints gaillards, qui jetez dans la même gamelle
Dieu, l'orgie et la messe, et prenez pêle-mêle
La défense du ciel et la taille à Goton ;
Bons dos, qui vous courbez, adorant le bâton ;
Contemplateurs béats des gibets de l'Autriche
Gens de bourse effarés, qui trichez et qu'on triche ;
Invalides, lions transformés en toutous ;
Niais, pour qui cet homme est un sauveur ; vous tous
Qui vous ébahissez, bestiaux de Panurge,
Aux miracles que fait Cartouche thaumaturge ;
Noircisseurs de papier timbré, planteurs de choux,
Est-ce que vous croyez que la France, c'est vous,
Que vous êtes le peuple, et que jamais vous eûtes
Le droit de nous donner un maître, ô tas de brutes ?

Ce droit, sachez-le bien, chiens du berger Maupas,
Et la France et le peuple eux-mêmes ne l'ont pas.
L'altière Vérité jamais ne tombe en cendre.
La Liberté n'est pas une guenille à vendre,
Jetée au tas, pendue au clou chez un fripier.
Quand un peuple se laisse au piège estropier,
Le droit sacré, toujours à soi-même fidèle,
Dans chaque citoyen trouve une citadelle ;
On s'illustre en bravant un lâche conquérant,
Et le moindre du peuple en devient le plus grand.
Donc, trouvez du bonheur, ô plates créatures,
À vivre dans la fange et dans les pourritures,
Adorez ce fumier sous ce dais de brocart,
L'honnête homme recule et s'accoude à l'écart.
Dans la chute d'autrui je ne veux pas descendre.
L'honneur n'abdique point. Nul n'a droit de me prendre
Ma liberté, mon bien, mon ciel bleu, mon amour.
Tout l'univers aveugle est sans droit sur le jour.
Fût-on cent millions d'esclaves, je suis libre.
Ainsi parle Caton. Sur la Seine ou le Tibre,
Personne n'est tombé tant qu'un seul est debout.
Le vieux sang des aïeux qui s'indigne et qui bout,
La vertu, la fierté, la justice, l'histoire,
Toute une nation avec toute sa gloire
Vit dans le dernier front qui ne veut pas plier.
Pour soutenir le temple il suffit d'un pilier ;
Un français, c'est la France ; un romain contient Rome,
Et ce qui brise un peuple avorte aux pieds d'un homme.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxJersey, le 4 mai 1853.
Victor Hugo sur www.poesie-francaise.fr


 


Amitiés...je me fais rare..mais vous suis...et bravo pour vos unes sur le post..


Patrick


Victor Hugo.


 



BR 05/09/2011 22:11



Patrick


 


J'avoue que j'étais un peu inquiet à votre sujet.


Vous lire me rassure et la compagnie du Grand Victor donne à votre viste des allures de fête.


La rentrée ma foi fut toute en douceur, elle se poursuit demain et le vif du sujet commencera mercredi.


Il me faudra ferrailler et un billet arrivera pour dénoncer l'état inqualifiable de la structure où j'exerce, le mépris d'une collectivité locale qui ne sert que sa clientèle au mépris de la plus
simple équité.


Je vais prendre sur le bac mais je dénoncerai l'injustice quand elle est manifeste.


À SUIVRE DONC ...


 


Que Victor me donne le souffle pour continuer le combat