Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les Cornettes de la Chapelle d'Abondance.

Gastronomie :

Abondance de bien ne nuit pas toujours !

 

 

Est-il raisonnable de décrire un repas déraisonnable ? La question mérite d'être posée au pauvre chroniqueur qui se pique parfois d'écrire un billet gastronomique, astronomique et gargantuesque tout autant. C'est en risquant l'apoplexie, que le pauvre mangeur-écrivailleur s'aventure en un lieu où rien ne se fait dans la mesure.

 

J'avais déjà dans le passé tenté la plus folle aventure qu'un estomac puisse supporter en pays de ripaille. À la ferme de papy Gaby, une fois par semaine, un repas du dimanche soir est proposé aux stakhanovistes du fromage sous toutes ses formes. Tartiflette, Raclette, Fondue, Berthoud, Plateau de fromage et un dessert pour faire passer tout ça dans une ambiance de feu, de foire, de noce, de troisième mi-temps. Les survivants en redemandent !

 

Quand on est capable de sortir un tel menu, on peut tout aussi bien s'aventurer sur d'autres sentiers. C'est le cas, à deux pas de la ferme, dans l'hôtel restaurant des Cornettes où depuis six générations, les Trincaz s'évertuent de tout faire par eux même avec des produits du terroir et de qualité, n'en doutez pas.

 

Alors, pour assurer le pari insensé de nourrir parfaitement, copieusement, amoureusement, dans la joie et la bonne humeur trois cents convives deux fois par jour et ce, une bonne partie de l'année, une armée pacifique se met en quatre. Je n'exagère rien et je peux vous assurer qu'il est préférable de réserver pour trouver table en cette corne d'Abondance.

 

Qui n'a pas vu une assiette des Cornettes ne sait pas qu'il est possible de réunir les exigences de la cuisine raffinée, originale et recherchée et le bonheur simple d'une ration digne de Gargantua. Il n'est pas question de manquer en ce lieu, c'est la devise de toute une escouade de cuisiniers, mirlitons, commis, serveurs et patrons qui œuvrent tous à ce but démoniaque.

 

Après les lourdeurs de l'Auberge de la mère Blanc, je me résolus à la prudence la plus élémentaire avec un choix exclusivement de poissons. Je n'ai ni la place, ni le temps de vous décrire les variations multiples de tous les possibles pour choisir de quelle manière vous serez repu en cette table. Les prix ont même l'élégance rare de se faire abordables en pays antonyme.

 

C'est Priscillia qui prit nos destinées en main. Gouailleuse, gentille, sans ostentation mais avec un naturel peu habituel dans la profession, la jeune fille mena au pas de charge ses différentes interventions. On ne traîne pas en palabres inutiles, Priscillia pique le client qui hésite, se moque de ses interrogations, le remue un peu, le tance parfois et finit par rire d'elle-même.

 

Faut-il vous décrire ce qui se présenta à ma gourmandise ébahi, par trois fois comblée ? Je n'ai pas le cœur à vous proposer ici un supplice insupportable. C'était parfait, beau et bon, surprenant et goûteux, subtil et précis. Que du bonheur en somme. Des accords qui honorent les papilles, des assemblages qui ravissent les yeux, des flagrances qui vous remettent en appétit si jamais une lourdeur passagère avez eu le malheur de vous titiller.

 

Priscillia gronde si l'assiette n'est pas finie ou si le trou normand n'est pas bu jusqu'à la dernière goutte. Allez, laissez-vous faire, voilà un supplice gourmand qui ne peut se renouveler trop souvent. Alors, quand vous êtes tombés dans les fourches Caudines de ces diablotins du fourneau, autant aller jusqu'au bout de ce délire merveilleux.

 

Vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Le plateau de fromage a besoin de roulettes pour se faire chariot des produits d'une région riche en fromages authentiques. Pour le régime, il faudra attendre un autre jour et ne pas hésitez à vous lancer à corps perdu dans toutes les activités physiques de la région. En attendant, il vous reste les desserts.. Un choix à y passer la nuit, des produits de qualité, un plaisir de tous les sens une fois encore.

 

Alors, si vous voulez vivre au moins une fois dans votre vie cet étrange mariage du baroque et de l'épique, si nous n'avez pas peur de vivre un repas au-dessus de vos possibilités stomacales, si vous ne venez pas le petit doigt en l'air pour faire des manières, vous aurez aux Cornettes de la Chapelle d'Abondance, une occasion unique de vous réconcilier avec la belle, la grande, la copieuse cuisine de France !

 

 

Dithyrambiquement leur ! 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Kakashi 25/03/2012 14:01


C'est dans quelle région déjà ?


Bon wee Nabum.

C'est Nabum 26/03/2012 06:45



Kakashi


C'est à La chapelle d'Abaondance en Savoie entre Chatelle et Abondance.


C'est au centre du village


 


Courage !