Vendredi 5 février 2010
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Publié dans : Carton rouge
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Retour en grâce.
Qu'est ce qu'un international ? Quels sont les responsabilités et les devoirs qui doivent être associés à cet honneur sportif ? Quelle image souhaite-t-on faire passer à
notre jeunesse à travers nos équipes nationales ?
Je suppose que ces questions n'ont pas trop de sens dans ce monde où seule la performance compte. Il est vrai que lorsque l'on observe le comportement des « footeux »,
la honte nous monte aux joues. Des enfants gâtés, pourris, pervertis par trop d'argent et de gloire, des êtres immatures qui ne savent rien de la vraie vie.
Heureusement dans ce concert de médiocrité, le Hand-ball Français apporte une bouffée d'oxygène, de simplicité et de sincérité (Pardon pour ce gros mot, inconnu sans doute dans
la bande à Domenech !). D'autres sports échappent aux projecteurs et doivent tenir leur rang avec cette dignité dûe à l'honneur de porter le maillot frappé du coq.
Jusqu'à présent, le rugby avait toujours réussi à jouer de son image décalée, de cet ailleurs qui côtoie la truculence, l'insouciance, la bombance et l'innocence.
Seul l'ancien sélectionneur Bernard Laporte avait franchi une ligne jaune dans son allégeance totalement déplacée à son grand ami des campings et des casinos.
Puis, il y a eu cet été l'affaire Mathieu Bastareaud, le dérapage banal qui se transforme en affaire d'état de par l'incompétence de quelques-uns, la maladresse de
quelques-autres et la faiblesse du protagoniste principal.
Le Rugby avait oublié de fermer la porte et de régler l'affaire en privé. Le linge sale fut exposé à l'opinion publique. L'onde de choc devint ingérable, Mathieu pris dans
une tempête qui le dépassait et le broyait.
Il a été puni, il a payé fort cher comme il vient de le reconnaître pour finir par retrouver son jouet. Tant mieux pour lui. Mais c'est là que se posent de nouveau mes questions
liminaires. Peut-on réintroduire dans une sélection nationale un joueur qui n'a pas totalement purgé sa peine (des travaux d'intérêt général auprès des jeunes d'¨Île de France) ?
La presse parisienne publiait : « Le terrible aveu de Bastareaud, L'international de rugby, de retour en équipe de France de rugby pour le Tournoi des VI
Nations, reconnaît qu'il a voulu mettre fin à ses jours après le scandale de l'été dernier. La fausse agression en Nouvelle-Zélande. C’est vrai, oui, j’ai voulu en finir, dévoile-t-il. Après
coup, il le regrette pour sa famille, son entourage, ses amis, mais il ne veut pas entrer dans les détails.
Cette épreuve l’a endurci depuis. Il se sent plus fort sur le plan moral et mental. »
L'aveu est douloureux mais ce n'est pas celui-là qui importe. Ce garçon a menti devant la France entière. Il a nié l'évidence, inventant le coup de la table de nuit. Il se pose
ainsi comme le digne représentant d'une génération qui se construit dans le déni.
Ce serait son problème s'il n'aspirait plus à la sélection nationale. Son retour impose selon moi qu'il dévoile la vérité. Non pas pour lui, mais parce qu'il redevient un modèle
social et que le mensonge ne peut être une valeur éducative.
Certes, avec de tels principes, il n'y aurait plus guère d'hommes politiques dignes de représenter la France. Je crains même qu'il n'y en ait plus aucun ! Mais le sport
n'est pas la chose publique et il demeure un modèle qui devrait penser à réintroduire de l'éthique dans ses pratiques.
Le pragmatisme impose là aussi de manger son chapeau. Pour vaincre la redoutable formation écossaise, le quinze de France fera profil bas, Mathieu Bastareaud se tiendra à carreau
et l'affaire doit être rangée dans la case profits et pertes !
Dans un pays où l'auteur d'un coup de boule donné devant des milliards de téléspectateurs est reçu officiellement à l'Élysée, plus rien ne devrait choquer. Je vous prie de
m'excuser pour ce sursaut intempestif de moralité et vous invite à regarder le match Écosse- France sans aucun état d'âme !
Tabledechevetement vôtre.
Et si dire la vérité dans cette affaire impliquai un ou plusieurs de ses coéquipiers ?
Il n’est pas impossible que dans cette histoire il soit le seul a porter le chapeau et que ne pas révéler la vérité protège certains de ces coéquipiers. Au quel cas cela est plutôt courageux de sa part de passer pour un menteur aux yeux de tous, non ?
Etre international suppose des obligations morales.
Assumer sa faute, dire la vérité font partie de celles-ci.
C'est un point majeur dans cette affaire.
La vérité est indispensable ou plus rien n'est exemplaire.
Supprimons la Marseillaise, le maillot tricolore et Basta !
Une équipe de menteurs, de lâches aussi pour ceux qui sont dans le coup et n'ont pas reconnu leurs responsabilités et d'incompétants dans l'encadrement.
Ça commence à faire beaucoup pour un sport qui se veut éducatif, exemplaire, sain.
Je nie et je m'en tire.
Bel exemple pour la jeunesse.
Une honte absolue