Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Mon tribut à leur tribu

À la table familiale.



Trente -trois personnes à table à ce repas d'après Nativité. La tribu au grand complet et une pièce ajoutée pour rapporter les mœurs étranges et gourmandes d'une famille qui aime mettre le couvert pour célébrer le bonheur de se retrouver. 


Autour de Michel et Monique, les patriarches, bon pied et surtout belle fourchette, la cohorte de leurs enfants, petits enfants et arrières -petits- enfants. Le clan au grand complet, les pièces épousées, les couples qui se forment, les visiteurs d'un soir. C'est en mettant les petits plats devant les grands que mamie Monique rayonne de bonheur. C'est en trinquant avec chacun que Michel est heureux. 


Le rituel est toujours le même chez ces gens du bien manger. La journée passée à préparer le cérémonial. Petits fours, amuse-bouches, gourmandises et mignardises. On s'affaire, on s'inquiète, on s'exaspère. L'une craint qu'il n'y en ait pas assez, l'autre redoute un excès de restes. Quand on a manqué un jour, c'est pour toute la vie que la table devient un espace vital … 


On s'entraîne un peu aussi. Une bouteille débouchée au matin pour se donner la force et la patience d'attendre la fête du soir. Un petit Tariquet, quelques magrets fumés mettent l'eau et la déraison à la bouche, la suite prouvera que ce n'était que prémisses anodines. 


L'heure approche, les cadeaux viennent s'empiler dans l'arrière salle et le Père Noël en personne fourbit son costume. Les arrières-petits enfants sont les rois de l'avant fête. Le nombre des cadeaux croit exponentiellement avec l'agrandissement du groupe. Le plaisir d'offrir est devenu une seconde nature, un gène qui se transmet, une pratique qui s'imprègne. 


L'heure a sonné de se retrouver, de se presser autour du bar dans cette salle hantée (pardon en T). L'apéritif est aussi long qu'un jour sans pain. Il faut trinquer avec chacun, raconter, se confier, se dire ce qui d'habitude reste dans le secret de soi. La famille c'est sacré, les distances sont abolies, les différences d'âge et de conviction estompées. 


Pourtant des clans se forment. C'est le contenu qui s'impose à tous. Il y a les adorateurs de la liqueur maltée, les sectateurs de la bulle divine, les thuriféraires du jus de vigne et les raisonnables du fruit liquéfié. Le niveau sonore n'attend pas le nombre des verres, il y a tant à se dire. 


Trois heures plus tard, les mêmes ont fait le tour de toutes les questions essentielles, voire existentielles. Le rouge s'empare de quelques joues, la faim justifie le dépôt des armes et la troupe condescend à se mettre à table non sans avoir célébré une journée plus tard, le rituel des cadeaux. 


Croyez-vous que la meute soit à satiété ? Que nenni ! Le foie gras trône sur la table. Quatre canards ont offert leur cirrhose à l'incontournable tradition du Sud-Ouest. Puis ce sont des langoustes qui se sont fendues de leur habit de fête. Il n'est pas question de faiblir, le repas est acte d'amour, Monique est aux anges, Michel se régale. 


Les épicuriens ont toutes les gourmandises possibles. Un père et son fils sortent malgré le grand froid pour s'offrir le plaisir d'un cigare. Il n'est plus question de raison, Rabelais a trouvé famille à sa démesure. Quand ils rentreront, plus de quatre -vingts centimètres de filet de bœuf se proposeront à leur appétit inépuisable. 


Les conversations roulent grand train, la table est prétexte à mettre en bouche autre chose que des plats succulents. Ce « rêve-aimons » est l'occasion de mots simples qui rappellent que la faille est la valeur fondatrice des liens qui les unissent. Quelques ombres passent subrepticement, les absents ne sont pas oubliés et quelques voiles passent parfois dans les yeux.



Liensdusanguement vôtre

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Le ch'timi 30/12/2010 19:59



Cher BR..je craque :





amitiés


 


Patrick



BR 31/12/2010 07:49



Patrick


 


Attendez, le plus dure est à venir.


Lisez le texte du jour, il calme toutes les ardeurs.


 


Bonne année à vous