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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Montpellier 26 Racing 25

L'invité surprise.


Une équipe sortira de la boîte.




Retour à Marseille pour cette seconde demi-finale du top 14. Deux équipes sont invitées au banquet pour la première fois dans la période récente. Montpellier la jeunesse, le Racing l'armada cosmopolite. Deux visions du rugby mises en musique par deux demi-de-mêlés passés à la baguette. D'un côté le rouleau compresseur parisien, un racing qui n'a plus rien à voir avec le nœud papillon rose. De l'autre, une formation qui a le jeu comme viatique et un cœur gros comme ça !

De l'approche tactique de ce match dépendra le spectacle qui nous sera offert. Les parisiens de Berbizier comptent sur l'expérience des hommes, la profondeur du banc et le poids d'une saison presque parfaite. Les montpelliérains de Galthier joueront sur la spontanéité d'une formation déjà à la fête et qui reste sur l'euphorie de sa qualification miraculeuse.

D'entrée de jeu, Chavency est victime d'une cravate mais le ballon fuit les perches. Le Racing remet ça, les sudistes se remettent à la faute et Steyn réussit là où Wisneiswski avait échoué : 3 à 0. Le Racing est installé dans le camp adverse, on devine pour l'instant Montpellier pris par l'enjeu. Ça chauffe sur la ligne des minots !

La première mêlée donne lieu à une pénalité. J'espère que l'arbitre permettra de réguler cette phase essentielle qui doit pouvoir se dérouler normalement. La première incursion des sudistes est impressionnante de fraîcheur. Les passes se multiplient, le soutien est toujours là et ils bénéficient d'une pénalité pour égaliser : 3 à 3.

Le jeu s'emballe, une relance impossible de Lorée met le feu aux poudres. Saubade perce plein champ, Montpellier fait une faute qui vaut le premier carton jaune. Gorgodze se fait remarquer, il est coutumier du fait (on ne prête qu'aux riches !) et Wisneiswski règle la mire : 6 à 3. Sur le coup d'envoi, grosse bêtise à la réception et mêlée à 5 mètres des perches. Un départ de la troisième ligne contraint l'arbitre à demander la vidéo. Celle-ci ne permet pas de se prononcer, une pénalité donne la possibilité d'égaliser en sous-nombre. 6 à 6.

Nouvelle faute à la réception, c'est le signe d'une fébrilité partagée. Le Racing choisit la mêlée, tente un petit par-dessus et bénéficie à nouveau d'une pénalité. Il y a beaucoup de fautes qui viennent casser les intentions des deux camps. Monsieur Poite tient conférence, il veut éviter que la mêlée soit comme hier soir, le sanctuaire du jeu.

Égalité numérique, le Racing n'a pas profité de l'aubaine. Wisneiswski par dépit tape un drop, montre l'impuissance actuelle. Montpellier réussit une belle percée sur le ballon suivant, il faut un plaquage destructeur de Steyn pour sauver la mise. Le danger change de camp, pour l'instant, bien malin qui peut donner le vainqueur.

Le Racing est à un pied de marquer un essai par Bobo sur un contre, sur l'action suivante, c'est Mirande qui va à dame de l'autre côté. 6 à 13 juste avant la mi-temps. Montpellier semble plus spontané jusque là. La dernière action illustre l'alternance de pénétration avec jeu debout et de jeu déployé. Nouvelle balle d'essai par Ouedraogo qui est repris à quelques mètres de la terre promise.
On devine le désarroi des troupes de Berbizier même si Montpellier vendange un peu …

À la sirène, Montpellier joue une pénaltouche signe de confiance. Elle ne donne rien mais montre la domination psychologique du moment. Ce qui va se dire dans les vestiaires du côté parisien pourra-t-il renverser la vapeur ? Les joueurs d'expérience auront leur importance. Le Racing ne va pas au bout de ses intentions et petit à petit a remis son adversaire en selle. Il leur faut imposer le combat avant d'envoyer au large et ne pas se débarrasser trop vite des ballons.


Reprise avec les mêmes acteurs et coup d'envoi haut de Montpellier. Le Racing joue dans ses 22 mètres, envoie au large pour perdre le ballon que Trin Duc exploite à merveille pour envoyer Fernandez derrière la ligne. C'est l'essai qui tue. Le Racing pourra-t-il s'en remettre ? 6 à 20. La précipitation est un ennemi mortel au rugby.

Chabal rentre pour apporter son énergie et son autorité. Immédiatement le Racing embraye avec un ballon porté (coïncidence ?) qui leur permet de récupérer une pénalité. Ils choisissent la touche. Une dizaine de temps de jeu plus tard, les banlieusards se mettent à la faute après avoir campé près de la ligne. Une belle occasion de revenir perdue !

Le jeu des représentants de l'Hérault est plus fluide, plus vif aussi. L'enthousiasme est de leur côté. Mêlée, départ du troisième ligne, petits relais courts et une fois encore, le Racing est pris par la patrouille. Pénalité en bonne position : 6 à 23, ça commence à sentir bon …

Pourtant la grosse cagade arrive de suite, la jeunesse sans doute. Un dégagement plein champ, une relance de Fall qui n'est pas plaqué ou trop tard et qui donne un essai à Bobo. En prime, carton jaune pour Trinh-Duc pour un plaquage à retardement et la situation se complique un peu alors que tout allait si bien : 11 à 23.

Sous la baguette de Durand rentré à la mêlée, le Racing joue mieux. La défense de Montpellier est héroïque. Mais la tête et le physique ne suivent plus. Deux grosses erreurs au pied et les hommes de Béchu sont arcboutés sur leur ligne après une pénalité. C'est chaud brûlant et Montpellier finit par se brûler. Un essai après des petits tas et beaucoup de patience. 18 à 23, les mouches ont changé d'âne.

Trinh-Duc revient mais son plaquage cathédrale a redonné le foi au Racing. Le bras de fer est engagé. Toutes les erreurs vont se payer cash. Cette fois c'est le Racing qui est pris par la patrouille et même de loin, il faut tenter. D'un rien la pénalité ne passe pas et le Racing remonte le ballon mais le botte directement en touche. Il y a de la crispation !

Le jeu devient fou. Des deux côtés on envoie du jeu pour emporter le morceau. C'est la meilleure solution, à qui va-t-elle sourire ? Il reste dix minutes. Chaque erreur va peser le plomb comme le soleil de Marseille qui épuise les organismes. Mais pourquoi ne pas jouer en soirée ? À cause d'une finale européenne de football ? Je n'ose le croire !

Nouvelle pénaltouche pour le Racing. C'est maintenant ou jamais. C'est l'heure du verdict, au troisième temps de jeu, Durand donne avec une chistéra la balle de match à un partenaire qui pointe derrière la ligne d'un geste rageur. La transformation passe et le Racing est devant : 25 à 23. Il reste quatre minutes. Montpellier se débarrasse du ballon, signe d'un manque de lucidité.

Montpellier joue son va tout. Ils ont remonté le terrain sur une pénalité vite jouée. La pénalité de la gagne (mais ce match est fou) est sifflée par monsieur Poite. Le buteur ne tremble pas, Montpellier repasse devant 25 à 26, il reste un ballon : le Racing le joue et à la sirène, ce sera le drop. Il est totalement manqué.

Montpellier au bout du rouleau a empoché la mise et ira défier l'ogre toulousain. Le Rugby est le plus beau des spectacles quand les hommes veulent se donner la peine de jouer. Finalement, il y a peut-être une morale à cette victoire de l'insouciance. Que la finale soit aussi belle que cette rencontre.

Enthousiasmement vôtre

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Patrick 29/05/2011 02:36



Ami,
c'est vai que le Rugby fait vivre des moments exceptionnels aux fanas que nous sommes . . . et quand ce n'est pas la maitrise technique qui nous enchante, alors c'est l'esprit frondeur des morts
de faim qui vient nous enthousiasmer. Mon avis était très partagé au début . . . entre parisiens et méditerranéens. Mais la fraicheur (si l'on peut dire) combative et l'envie des minots m'a fait
prendre leur parti à la faim.


VIVE LE RUGBY . . . et après cela je ne veux pas entendre tes gérémiades dans ton coin et tes propos pessimistes  de désertion. Tu m'as mis sur ton porte bagage pour (re)venir au CJF. . .
moi, je te (re)montrerais le chemin de l'estanquet en passant par une bonne bouffe dès le semaine prochaine quand tu as un moment.
J'ai besoin de te parler.
POURQUELERUGBYVIVEMENT TIEN


ps - dimanche il n'y a rien, je voulais parler de TES GEANTS



BR 29/05/2011 11:09



Patrick


 


Merci pour ce commentaire.


Je ne déserte pas, je n'ai plus d'équipe et pour en entraîneur, il n'y a rien de pire. Donnez-moi 35 noms de garçons prêts à reprendre vraiment et qu'importe leur niveau je vais sur la pelouse.


Mais qui peut me le dire aujourd'hui ?


Alors, plutôt que d'être ridicule une année de plus, j'aimerais mieux prendre les minimes et les faire travailler comme des fous ...


Qui se soucie de actuellement d'obtenir l'engagement des joueurs ?


ça ne peut être moi, le fossoyeur de l'année !


 


J'ai mal à mon club ...