Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Nous menons une bataille sans que beaucoup ne le sachent !

L'inconscience

 

 

d'une profession.





Une réunion de parents d'élèves en une section spécialisée de notre grande et belle maison Éducation Nationale ; les représentants légaux de nos six classes sont invités à venir rencontrer les enseignants pour découvrir les modalités de cette nouvelle année scolaire. Quatre-vingt dix élèves pour un peu moins de familles !

Comme chaque fois, un petit papier fut glissé dans le carnet de correspondance avec, à découper, un bulletin réponse. Comme souvent, très peu de retour : l'afflux de communication papier tue l'efficacité de cette procédure et en début d'année, l'école est passée maîtresse dans l'art de noyer sous le papier les familles.

Au matin de cette réunion, inquiet du peu de retour et convaincu que rien ne remplace le lien direct, votre serviteur vint une heure plus tôt ; ne le répétez surtout pas à ceux qui passent leur temps à dénigrer la profession, pour appeler les 21 familles dont j'ai l'honneur de servir de professeur référent. (Je ne puis écrire professeur principal car, bénéficiant d'un sous-statut, je n'ai le droit ni au titre ni surtout à l'indemnité qui revient au travail que je ferai malgré tout ! La maison se plait à distinguer les siens et à payer plus ceux qui travaillent le moins : spécificité qui fait grand mal à notre réputation.)

Le tour des popotes dura un certain temps. J'ai la surprise de découvrir à l'autre bout de la ligne un élève qui me répondit sur le portable de sa mère. Celui-ci, prétendument malade, s'était, soi-disant, vu confier l'appareil, pour couper court aux appels du collège. Nous vivons une époque formidable et signalement sera fait à mes responsables pour que la chose soit tirée au clair. Naturellement, nul représentant de ce garçon qui semble agir à sa guise ne fut présent ce soir-là.

La suite au contraire fut bien plus heureuse. Je touchai directement et de vive voix onze familles avec lesquelles un premier dialogue fut entrepris. Toutes ne purent répondre à la proposition, des rendez-vous furent pris pour que le lien ait lieu à une heure plus convenable avec leurs impératifs. Nous ne pouvons attendre que tous se libèrent à nos heures de fonctionnaires nantis diront les haineux du service public …

Je laissai messages multiples à ceux qui ne répondaient pas. Il y a maintenant un grand nombre de numéros par famille et curieusement, il n'est pas plus aisé de joindre celles-ci. Il faut noter que les numéros fantômes se multiplient, ce qui tôt ou tard finit par poser problème quand l'incident survient ; mais ceci est une autre histoire et les lois du commerce téléphonique sont supérieures aux impératifs de sécurité.

Au bout du compte, sur les huit destinataires de mes messages, trois vinrent finalement à cette réunion et deux eurent la courtoisie d'avertir par retour de téléphone. Il ne faut pas désespérer des gens, il suffit de leur faire confiance. Ainsi à 17 heures 30, heure bien malcommode pour ceux qui travaillent, je veux bien l'admettre, ils étaient nombreux dans ma salle que j'avais demandé grande, sous le sourire quelque peu dubitatif de mes collègues. Quatorze famille pour moi alors qu'ils étaient moins nombreuses pour tous les autres …

Nous menons une guerre ouverte contre ceux qui attaquent notre institution. Des sites, sous couverts de cris de détresse, sont des officines de bien peu de tolérance aux conceptions élitistes et aux intentions dangereuses et liberticides. La bataille doit être menée contre les allées du pouvoir où gravitent ces gens qui préconisent le chèque formation, la fin du service public d'éducation et le tout privé. Face à ces gens organisés, motivés, mus par de noirs desseins, notre immobilisme est coupable, mortel irai-je jusqu'à dire.

Je puis vous assurer que les présents se sentirent heureux d'être si nombreux, embarqués dans une nouvelle aventure qu'ils devinaient chargée de conviction et de motivation. Puisse la prochaine fois que mes collègues usent de la même détermination pour affronter à bras le corps cette dégradation de la confiance qui ne doit pas être inexorable. Nous sommes en guerre, il faudra bien le comprendre un jour pour sauver notre maison !

Combativement leur

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mjo 12/10/2011 11:51



Puisses-tu ne pas partir seul... et plus encore, en revenir confiant et solide. Je te retrouve avec plaisir dans cette chroinique allante. Je rêve seulement d'une pareille force de conviction
auprès de chacun, l'école est communauté éducative, pas une armée de moulins...  Il faudra réussir ensemble



BR 12/10/2011 12:39



MJO


 


Je sens poindre une critique de fond qui n'est pas injustifiée du retse !


 


Mais avant que de me lancer dans la conviction, il faut laisser le temps à mes nouveau collègue de se faire aux mauviases manières de se pourfendeur de tout !


 


Les moulins ne tournent qu'avec le vent, je crains d'être en mouvement bie plus souvent et que l'accoutumance demande temps et patience.


Quand ils auront compris, je serai déja parti ...Ainsi va la vie des instables atrabilaires


Bonne journée