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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Pique-nique ovale.

Bourlingueur du dimanche donnez-vous la main et partagez vos paniers ! C'est ainsi que nous pratiquons depuis toujours lors de nos déplacements du dimanche lorsque notre univers se réduit à un car, un vestiaire, un pré et un club-house. Étrange pratique qui nous confine dans des espaces clos ou réduits où la promiscuité est la reine de la fête.


Nous nous sommes donnés rendez-vous aux mâtines pour un nouveau périple. Les soutes se remplissent des surprises qui seront révélées à la curiosité de tous. Une glacière, aux couleurs du club suit le mouvement pour accorder l'asile frigorifique aux bouteilles de vin blanc et à d'autres boissons que je préfère taire.


Le moteur ronronne, les plus fatigués de nos anciens complètent une nuit qu'ils ont du écourtée pour remplir leur devoir dominical. Puis, le car s'arrête, l'aire de repos sera notre table extérieure, notre repas gastronomique d'un dimanche lointain.


Il fait un joli petit vent frisquet. Février n'est pas mois à se découvrir et manger dehors use déjà les calories à venir. C'est pourquoi elles seront prises sans modération dans le clan de ceux qui ne revêtiront pas le short et les crampons. Ils observent d'un œil gourmet les trésors de nos provinces qui sortent des cabas.


La protéine est la reine de la fête. Elle tient lieu d'aliment primordial pour donner au pain sec un peu de chaleur. En ce jour, il y a le cochon, fidèle des fidèles qui se fait saucisson, pâté de tête, jambon cru ou de York, Guéméné , ventrèche et jambon persillé. D'autres bêtes se mêlent à la table. Le cheval se fait andouille, jambon fumé ou rouge du nord. La lapereau, le canard et le chevreuil font des jolis pâtés. Quelques égarés du palais nous ont apporté des produits de Justin Bridou que nous bouderont avec constance.


Quelques vigilants de la diététique ont apporté du céleri branche, une carotte et du radis rose pour donner leur chance aux légumes. Les plus soucieux complètent l'apport avec un taboulé malheureusement cellophané Il n'est pas aisé de bien se nourrir quand on vagabonde sur les routes. Un coq en pâte se nourrit presque exclusivement d'œufs durs, c'est sans doute ce qui explique ses vingt minutes de retard au rendez-vous initial.


Si le solide se veut ésotérique, le liquide fait le tour de la France. C'est un principe incontournable, le bouchon ne se pousse jamais assez loin dans ce désir de vagabondage gustatif. Nous allons d'ici à plus loin, de vignobles de Loire en contrées exotiques et même la si lointaine Alsace a droit de goulot en notre confrérie.


C'est au dessert qu'on reconnaît l'esthète. Le goinfre se contente de la ripaille, le gourmet recherche la douceur et le réconfort d'un peu de sucre pour adoucir ses mœurs. Il en est qui pousse le détail jusqu'à apporter mille feuilles pour ravir palais et tâcher duffle-coat ! La farine souille le gourmet, l'appétence du sucrée pousse à quelques négligences et le bâfreur devra rendre compte quand a la maison il faudra rentrer.


Car telle est notre destinée. Tôt ou tard, devant femme légitime il faudra rendre compte d'une journée loin du foyer où la bombance a poussé l'impétrant bien loin des chemins de la raison. Les maux de têtes seront la juste récompense d'une journée de déraison, de mangeailles et de buvailles. Le sport n'est que prétexte et la défaite vient justement sanctionner les excès de bouche.


Nous rentrons alors, la mine basse et la honte aux joues, pourtant rien ne nous éloigne de nos folies vespérales. Le prétexte est gourmand et la faim justifie le cholestérol !



Patrickement vôtre.


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Patrick 21/02/2011 16:04



Mon Ami,
j'ai relu ta prose et la déguste encore. Elle a pour moi un parfum de nouveauté puisque je faisais hier mon premier voyage en bus avec les ver(res) et rouges.
Il me faut maintenant  récupérer de cette liberté ovale retrouvée. Elle a toujours le meme gout et la meme odeur.
Et j'y ai trouvé "un fillot".
Et puis, cerise sur la première des millesfeuilles, ce si joli extrait de notre maitre  "le grand Jacques".


Gargantuesquement Tien



BR 21/02/2011 16:54



Patrick


 


Demain ma prose sera moins glorieuse puisqu'elle relatera une nouvelle défaite, une cerise déconfite en quelque sorte !


On y parlera encore du gâteau, mais la digestion en sera plus délicate.


 


Quant à ce Jacques, je doute qu'il soit en enfer ! Il fait bombance au paradis des épicuriens que nous essaieront de gagner le plus tad possible. Mais avec ces excès, il faut être prudent !


 


Pantagrueliquement tien