Jeudi 15 octobre 2009
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Publié dans : Compétition et conséquences
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La cécité du regard
Aux trois blessés "agresseurs" du côté des vainqueurs !
Le coup de sifflet final retentit sur un score sans appel. L'addition est lourde, le match mené de bout en bout et pourtant, le vaincu se dit victime d'injustice et d'agressions
multiples. Les observateurs neutres (il en existe quelques-uns autour de cette rambarde sommaire) ironisent sur ce paranoïa confortable qui exonère des vraies questions …
Ainsi, il en va souvent comme ça sur nos beaux terrains aux perches dressées. Rares sont les perdants lucides ! Le sport en général et notre Rugby régional en particulier
focalise ses acteurs sur leur seul rapport à la performance factuelle. Il n'y a d'en-avant que pour l'autre, de hors-jeu qu'en face, de gestes malheureux et maladroits que pour les méchants : les
autres !
Un seul point consensuel dans l'analyse, l'arbitre a été mauvais et subjectif. Hélas la divergence revient vite au galop, personne ne peut se mettre d'accord pour désigner le
camp favorisé par l'homme seul
au sifflet à roulettes.
Ce jour-là, l'arbitre n'a pas été mauvais, il a dirigé le match avec sa connaissance du
jeu et des règles dans une logique très équilibrée. Il a peut-être manqué de fermeté quand la tension est montée d'un cran, comme cela arrive si souvent sur nos vertes pelouses. Il a voulu attendre
pour punir et il l'a fait avec une modération qui l'honore. Alors, pourtant tant de courroux ?
À la frustration de la défaite, s'ajouta ce jour-là, l'incapacité évidente à endiguer les actions de trois ou quatre joueurs manifestement déplacés à ce niveau de pratique.
Reconnaître que l'autre est plus fort serait la moindre de choses dans le sport. C'est la loi fondamentale de ces confrontations symboliques par le truchement d'un jeu codifié. Mais le sportif
n'est pas totalement sorti de sa logique guerrière. Son vocabulaire comme ses modalités de motivation renvoient plus sûrement au discours militaire qu'à la philosophie humaniste.
Alors, les petits gestes de dépit se multiplient : des plaquages avec quelques dixièmes de seconde de retard, des percussions qui deviennent des agressions de dépit, des
nettoyages qui ne sont plus très propres, des paroles amères qui enveniment les choses …
Et c'est toujours la faute des autres ! De ceux qui prennent les coups sans riposter mais renvoient aux mots douteux des sourires qui sont autant de piqures insupportables.
Aucune méchanceté absurde dans tout ça, simplement la limite dépassée des compétences techniques et physiques qui n'est ni assumée ni comprise.
Mais comment pourrai-t-il en être autrement ? La fierté du combattant l'honore même si parfois elle le mène dans une impasse. Ce serait alors le rôle de l'encadrement de
comprendre la dérive, la modérer ou l'endiguer par des propos apaisants. Malheureusement, la frustration est pire encore lorsque se retrouve simple spectateur impuissant d'un naufrage
pathétique.

C'est du bord qu'on souffle sur les braises. C'est encore de là qu'on rallume la
terrible machine à ne pas voir la réalité en face. Parfois, il serait bon de fermer le banc (j'en sais hélas quelque chose) pour apaiser les débats. L'objectivité n'a pas souvent sa place dans ce
monde de passion et d'investissement total de son temps et de son énergie.
Condamner de tels excès serait remettre en cause les écarts maladroits de l'amoureux éconduit ce jour-là. Heureusement, la roue tourne toujours et dimanche prochain sera un autre
jour, une nouvelle histoire, un nouveau match. Il pourra regarder avec de nouveaux yeux qui n'y voient pas mieux, cette belle Chimène Ovale !
Parlepetitboudelalorgnettement vôtre.
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