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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 06:59
- Publié dans : Compétition et conséquences - Communauté : Les rugbymens
La cécité du regard
Aux trois blessés "agresseurs" du côté des vainqueurs !


    Le coup de sifflet final retentit sur un score sans appel. L'addition est lourde, le match mené de bout en bout et pourtant, le vaincu se dit victime d'injustice et d'agressions multiples. Les observateurs neutres (il en existe quelques-uns autour de cette rambarde sommaire) ironisent sur ce paranoïa confortable qui exonère des vraies questions …

    Ainsi, il en va souvent comme ça sur nos beaux terrains aux perches dressées. Rares sont les perdants lucides ! Le sport en général et notre Rugby régional en particulier focalise ses acteurs sur leur seul rapport à la performance factuelle. Il n'y a d'en-avant que pour l'autre, de hors-jeu qu'en face, de gestes malheureux et maladroits que pour les méchants : les autres !


    Un seul point consensuel dans l'analyse, l'arbitre a été mauvais et subjectif. Hélas la divergence revient vite au galop, personne ne peut se mettre d'accord pour désigner le camp favorisé par l'homme seul au sifflet à roulettes.
    Ce jour-là, l'arbitre n'a pas été mauvais, il a dirigé le match avec sa connaissance du jeu et des règles dans une logique très équilibrée. Il a peut-être manqué de fermeté quand la tension est montée d'un cran, comme cela arrive si souvent sur nos vertes pelouses. Il a voulu attendre pour punir et il l'a fait avec une modération qui l'honore. Alors, pourtant tant de courroux ?

    À la frustration de la défaite, s'ajouta ce jour-là, l'incapacité évidente à endiguer les actions de trois ou quatre joueurs manifestement déplacés à ce niveau de pratique. Reconnaître que l'autre est plus fort serait la moindre de choses dans le sport. C'est la loi fondamentale de ces confrontations symboliques par le truchement d'un jeu codifié. Mais le sportif n'est pas totalement sorti de sa logique guerrière. Son vocabulaire comme ses modalités de motivation renvoient plus sûrement au discours militaire qu'à la philosophie humaniste.


    Alors, les petits gestes de dépit se multiplient : des plaquages avec quelques dixièmes de seconde de retard, des percussions qui deviennent des agressions de dépit, des nettoyages qui ne sont plus très propres, des paroles amères qui enveniment les choses …

    Et c'est toujours la faute des autres ! De ceux qui prennent les coups sans riposter mais renvoient aux mots douteux des sourires qui sont autant de piqures  insupportables. Aucune méchanceté absurde dans tout ça, simplement la limite dépassée des compétences techniques et physiques qui n'est ni assumée ni comprise.

    Mais comment pourrai-t-il en être autrement ? La fierté du combattant l'honore même si parfois elle le mène dans une impasse. Ce serait alors le rôle de l'encadrement de comprendre la dérive, la modérer ou l'endiguer par des propos apaisants. Malheureusement, la frustration est pire encore lorsque se retrouve simple spectateur impuissant d'un naufrage pathétique.

    C'est du bord qu'on souffle sur les braises. C'est encore de là qu'on rallume la terrible machine à ne pas voir la réalité en face. Parfois, il serait bon de fermer le banc (j'en sais hélas quelque chose) pour apaiser les débats. L'objectivité n'a pas souvent sa place dans ce monde de passion et d'investissement total de son temps et de son énergie.

    Condamner de tels excès serait remettre en cause les écarts maladroits de l'amoureux éconduit ce jour-là. Heureusement, la roue tourne toujours et dimanche prochain sera un autre jour, une nouvelle histoire, un nouveau match. Il pourra regarder avec de nouveaux yeux qui n'y voient pas mieux, cette belle Chimène Ovale !
   

    Parlepetitboudelalorgnettement vôtre.
   
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