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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Portrait : Jean-Luc Partie 2

 

Le touche à tout compulsif

2

La dame Blanche



Nous avons laissé Jean-Luc en stage de créateur d'entreprise. L'aquarium de ses rêves est devenu nid douillet. L'idée des chambres d'hôtes avait remplacé les bulles et les cailloux, les poissons exotiques et le néon glauque.


Voilà me direz-vous, nous sommes au bout du chemin de vie de ce globe worker. Que nenni (pour me faire pardonner l'affreux anglicisme précédent).  Il lui fallut deux années picardes pour mettre au clair son envie et régler les affaires courantes.


Jean-Luc et son épouse d'alors avaient un désir précis : « Acheter une maison de pierres rouges ! ». Les pierres étaient de la bonne couleur mais la maison n'était que ruines de la cave au ciel. Il va consacrer dix ans de sa vie à remettre en état cette magnifique demeure, sa tour ronde et ses pièces de caractère.


Durant les six premiers mois, les économies suffirent à croire au possible, puis l'évidence se fit, il fallait trouver du travail pour achever ce travail de romain. Jean-Luc n'est jamais en mal d'une

reconversion, c'est sans doute la capacité de ceux qui n'ont pas sacrifié au rituel des études.


Par hasard, il se trouva derrière un micro. Il décrocha un Contrat d'Emploi Social dans une radio associative qui tient toute la fréquence ici. Quatre par jour pour donner des nouvelles du pays ce n'est pas suffisant. Avec la petite lumière rouge, il associa la grosse ampoule bleue des ambulances, un métier déjà évoqué.


En deux ans, il mit en place deux chambres d'hôtes et se lassa de ces métiers multiples. Il fallait quelque chose de nouveau, notre homme n'aime pas rester les deux pieds dans le même sabot. C'est vers une activité locale, étonnante pour un ch'timi, qu'il jeta son dévolu.


Il travaille à plein temps pour un élevage de canard gras à Souillac dans le Lot. Il y est ouvrier agricole dans la gestion du quotidien et représentant en foires et marchés extraordinaires pour les grandes occasions. Une belle manière de concilier l'inconciliable.


Au milieu de la salle commune de sa Dame Blanche trône la production de qualité de son employeur. Jean-Luc défend ses produits avec une conviction qui force le respect. Il n'y a pas un client de passage qui ne reparte avec une variation gastronomique du canard ulcéré.


Les travaux sont finis, 1 chambre et 3 suites sont proposées en ce lieu magique. La vie pourrait être belle et Jean-Luc heureux. Mais est-ce vraiment la destinée de cet homme que de se reposer sur ses lauriers ?


Une séparation douloureuse quand le chantier fut achevé va lecontraindre à vendre sa bâtisse. Avec sa nouvelle compagne, le coup du sort digéré, ils sont partis pour une nouvelle entreprise. Une autre ruine, beaucoup plus petite celle-là à Collonges La Rouge.


Dans une dépendance, quand les travaux seront finis, il y aura une chambre d'hôte ! Mais d'ici-là que fera Jean-Luc, sera-t-il encore dans son élevage ?


Au sortir de cet entretien, je m'interroge. L'immobilité, la routine, la sécurité ne conviennent pas à cet homme. De ses seize ans à son âge d'homme, il a couru après tous les possibles, je doute qu'il s'arrête un jour de régler un compte à cette école qui n'a jamais su le tirer par l'oreille !


    Multicartement vôtre

J'arrive à Figeac après une des plus belles rencontres de mon chemin. J'ai croisé l'honneur de notre pays !

J'en ferai certainement plusieurs billets mais il me faut digérer l'honneur qui me fut fait du récit de deux vies magnifiques.

Repos, lavomatic et Tour de France.

Puis la dernière ligne droite

 

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maryline coulon 26/07/2010 18:34



Coucou BR je viens de lire quelques pages de ton épopée pédestre.


Cette aventure te permet probablement de retrouver sérénité et sagesse (sic)


afin de preparer la saison sportive à venir.


Mes longs kms de marche dans les couloirs du chro, me font tout au tant souffrir


lors de mon labeur quotidien!


A chacun sa peine...


BON COURAGE


AMITIES PEDESTRES


 



BR 26/07/2010 20:18



Maryline


 


Quel bonheur et quel honneur de te savoir ici.


La sérénité se gagne par quelques faveurs qui ne dépendent jamais de soi.


La sagesse est au bout du chemin, demain , bientôt j'y serai.


C'est aussi pour mes gars que j'ai fait ce parcours, j'espère qu'ils ont tireront profit.


Courage pour tes pas multiples sur ton lieu de travail, je suis un privilégié des vacances mais j'ai essayé de partager à ma façon.


 


Bernard



Patrick 22/07/2010 19:32



Mon cher Ami, ce soir je suis content car tu as rencontré UN modèle de communication et de générosité. Mais où s'arretera cet homme. Le mien était Belge, restaurait une vieille maison à Villac,
avait quitté sa femme, s'était rapproché d'une de ses élèves (il était prof) et invitait tous ceux qui passaient à partager un instant d'agapes et de narration en échange de menus services à la
remise en état de son mas périgourdain. Il ne détestait pas en plus les jeunes jouvencelles qui venaient à s'égarer (?) dans ce joli coin.


Gilbert qu'il s'appelait . . .


Aller la pause est finie, il faut reprendre la route que je te souhaite douce et docile.



BR 22/07/2010 21:25



Patrick


 


Ey ce n'est rien par rapport à la rencontre sublime du jour ...


La raison de mon voyage aujourd'hui est devenue évidence. J'ai marché tout ce chemin pour rencontrer Georges et Josette, l'histoire de France et celle de Figeac. L'horreur et le bonheur, la
monstruosité des hommes et leur volonté farouche.


 


Que du bonheur qu'il m'appartient de mettre en mot au niveau du cadeau que me firent ces deux personnes.


 


ÀSUIVREMENT VÔTRE



marie-jo 22/07/2010 16:00



Comme le Jojo d'Etre et Avoir, ton admiration va d'emblée à ceux que notre école a blessés... Et je ne parle pas que des élèves... Compassion et reconnaissance ? Nul n'est parfait, et la vie
transforme les zéros pointés en bulles de rêve... Bienheureuse humanité, qui s'éclaire à toutes les lampes, qu'elles soient officielles, nationales ou buissonnières... Je te souhaite
une dernière ligne droite sans trop de détours kilométriques... mais remplie de méandres bavards et délicieusement réconfortants sur cette Nature (humaine et végétale) qui désespère parfois,
mais surprend et émerveille toujours...



BR 22/07/2010 18:00



Marie-Jo


 


Je suis un blessé de l'école 


Un blessé de l'avant et un torturé de l'après.


Alors, les gueules cassées me vont bien et celle-là a vécu tant de chose et en plus il m'a raconté tout ça l'espace d'une heure de confession.


J'ai un côté confesseur qui s'ignore.


Rédemptoirement vôtre