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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Pour eux, l'école est une marchandise ...

De mal en Pisa …



L'Organisation De Coopération et De Développement Économique se préoccupe de l'éducation des masses. Voilà apparemment une bonne nouvelle. Hélas, l'organisation mondiale n'a aucun sens du bien public, elle ne veut que développer les sources de bénéfices dans le seul respect de la concurrence. L'individu ne vaut rien, les grands principes pas plus, lorsqu'il y a de l'argent à faire.

Dans un rapport éminemment humaniste de cette docte assemblée on peut lire :
«  Tous les élèves n'embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la nouvelle économie ! ». L'affaire est claire, il  s'agit, à des fins de pure rentabilité, de former correctement les appelés et de laisser tomber la masse vouée aux boulots sans qualification.

La gestion des flux humains se fera bientôt selon les mêmes principes que ceux des marchandises. On détermine des critères opérationnels, on se fixe des objectifs à atteindre, on gère les enfants et les connaissances qu'il sera utile et rentable de leur inculquer.

Nos brillants économistes mondiaux, rois du monde, ont décrété que la principale qualité pour un futur salarié non qualifié sera l'adaptabilité dans la malléabilité, ça va de soi.  Un travailleur docile, capable de changer de poste, de ville, de région. Pouvant abandonner ses amis ou sa famille sans état d'âme, repoussant les odieux manipulateurs syndicaux, refusant de s'intéresser au discours politique, voilà l'idéal de cette main-d'œuvre de demain.

La télévision s'emploie avec brio à vider les cerveaux de ces futurs moutons. L'école quant à elle s'attache à leur ôter tout esprit de rébellion, tout capacité de réflexion personnelle. Il ne s'agit plus de construire un parcours d'homme mais de remplir des cases pour valider les compétences de base qui feront de chaque individu un petit robot docile au service de la grande industrie mondiale !

Dans ce contexte, la lente dégradation de la discipline n'est qu'un élément de plus pour sacrifier toute une part de la jeunesse (celle qui fréquente l'école gratuite et laïque) sur l'autel de cette idéologie de l'asservissement par l'ignorance. La mise en place du socle commun est un leurre de plus pour dénaturer complètement les contenus d'enseignement, abandonner la recherche des savoirs pour ne se préoccuper que des compétences transférables dans le monde réel.

Le piège se referme d'ailleurs sur les enseignants eux-même qui passeront leur temps à remplir des cases pour prouver qu'ils font bien le petit travail qu'on leur demande sans se soucier vraiment que l'enfant soit vraiment capable de réaliser ce qu'il valide. Car au bout du compte, on ne demande plus des résultats mais une paix sociale par l'acquisition statistiquement fixée à 80 % de diplômes complètement coupés des réalités.

Pour confirmer cette catastrophe qui n'est plus une fiction mais une réalité en marche, PISA : une enquête menée dans 35 pays de l'OCDE mesure tous les trois ans les effets de la politique éducative. PISA c’est une batterie de tests standardisés qui vérifient si les élèves de 15 ans ont atteint ces compétences de base et rien d’autre. En langue maternelle, par exemple, on n’évalue ni les techniques de base, ni l’orthographe, ni la vitesse de lecture, ni la maîtrise d’un vaste vocabulaire, ni bien sûr le plaisir que l’on prend à lire, ni la qualité de ce qu’on lit, ni l’imagination dont on fait preuve dans la rédaction d’un texte... mais principalement la capacité de comprendre un texte dans un contexte directement opérationnel. Car c’est cela qui est demandé par le marché du travail, particulièrement dans les emplois à faible niveau de qualification.

Les résultats des petits français les placent dans le peloton, ce qui satisfait nos politiques qui n'ont guère envie de mettre de l'argent dans l'école. Le ministre communique sa satisfaction d'être tout juste moyens alors que nous avions jadis tant d'ambitions pour nos enfants. Mais depuis que l'ascenseur social ne concerne que les vendeurs de stupéfiants dans les quartiers, nous nous satisfaisons de poudre aux yeux avec une incroyable naïveté !

Éducativement vôtre.

Pendant ce temps, le Sénat vote une rallonge de 4 millions d'euros pour le privé. Alors Menteur Monsieur Le Ministre ?

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