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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 06:59
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : partage

Quand le grand supplante le petit !

 



Il était une fois une grande ferme qui prenait ses aises en un territoire urbain. Elle s'offrait les plaisirs de la ville quand les habitants de celle-ci venaient s'encanailler dans les travées et les stands de celle-là.

Chaque année, le grand fermier général se devait d'ouvrir le bal, de célébrer la France de toujours, une ruralité fière et généreuse, porteuse des valeurs éternelles d'un pays ancré dans son histoire et dans ses sillons abreuvés de tous les sangs de naguère.

Il se trouve que sa première année de fermage, un petit homme vint à déraper sur un Pauvre On qui laissa beaucoup d'amertume. La chose ne porte pas chance, pas plus d'un pied gauche d'ouverture que d'un pied droit de la plus belle tradition. Le fermier général prit ombrage des lazzis et des moqueries qu'il dut subir alors.

Né dans la grande ville et particulièrement dans les quartiers huppés, il ignorait tout de la solide manière de serrer des pognes, de caresser un croupion et de vider un gorgeon. Quand on naît dans la soie et les dorures, il n'est pas aisé de côtoyer bouses et fumiers. Certains n'ont pas le pied marin, celui-ci ne l'avait pas purin.

Il se fit tapir, pour à l'aube naissante d'un petit matin urbain, visiter en catimini le poulailler et toute la 'bêtaille'. Il pensait éviter ainsi cette plèbe odorante et mal pensante qui va, le bâton à la main et le béret vissé sur le coin d'un crâne prompt à s'échauffer.

Le tapir pensait tout à loisir jouir de ces petites choses qui font son bonheur quotidien. Tapi dans le secret de quelques allées désertes, il allait tondre avec délectation quelques moutons. Il s'adresserait ensuite une fois de mieux à tous ces veaux bêlants (il n'est pas à une confusion près). Il admirerait ces vaches à lait qu'il couve d'un regard de grand argentier.  Il se choisirait pour une petite cavalcade friponne une belle pouliche étrangère. Il s'amuserait encore à plumer quelques volailles rustiques.

Mais, il fut surpris au débotté et dû converser avec ces affreux balourds qu'on désigne par des étiquettes pour lui si énigmatiques : éleveurs, viticulteurs, maraîchers, céréaliers, arboriculteurs et autres individus qui se pensent exploitants et ne sont qu'exploités par les amis de notre tapir.

Il se lança tout à trac dans une série de promesses qui n'engagent que les « pauvres On » qui alimentent leurs dernières illusions dans les tours de passe de l'artiste. Il effaça même d'un trait de plume les espoirs du Grenelle de l'environnement ; pour complaire aux plus Gros et aux plus cupides, il est bon de répandre pesticides et OGM sans distinction ni prudence.

Le tapir pouvait alors se retirer, pensant qu'il avait redoré son blason chez ces pécores qu'il méprise tant. Mais c'était sans compter sur le Vieux Lion qui attendait son heure pour retrouver la gloire et la pleine lumière. Buvant à tous les godets, serrant avec délectations des mains qui se tendaient avec sympathie, le vieux Lion marchait en pleine euphorie. Les culs des génisses se trémoussaient à son approche et le bonheur était enfin revenu dans les artères de cette grande ferme.

Dans le secret de son palais, le tapir ruminait ce coup de vache que venait de lui faire une fois de plus ce vieux Lion qui n'en finit pas de mourir. Il se jura mais bien trop tard qu'on ne l'y prendrait plus. Rien ne sert de sourire, il faut aimer sans frein !

Salonagriculturement vôtre

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Commentaires

je savais bien que cette foire politique ne pourrait rester sans un ecrit.
Dans un monde agricole en crise ou l'on oublie de dire que c'est le premier métier en terme de suicide bien loin devant les cas si célebre de chez EDF ou autres tant médiatisés et au combien attristants.


    
Commentaire n°1 posté par mat le 09/03/2010 à 13h51
Mathieu

Ce métier mérite bien mieux que cette visite lamentable, ces promesses bidons et ce traîtement indigne.
Oui, c'est le plus beau et le plus necessaire des métiers.

Sans paysan, pas de campagne.
 
IL est urgent de redonner son honneur à cette noble coorporation et les salaires que les agrculteurs méritent.

À bientôt.
Réponse de BR le 09/03/2010 à 16h50
Par BR
 
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