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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Pourquoi je n'irai pas voter pour eux !

Les effets secondaires
de la primaire.

 



 


        Nous sommes entrés dans l'ère de la primaire. Le Parti socialiste brille des mille feux de l'actualité, occupe le devant de la scène avec une idée qui tient lieu de la grivèlerie électorale. Ce parti qui nous a habitué au bourrage d'urnes lorsqu'il devait désigner sa première secrétaire, vient, toute honte bue, donner des leçons de démocratie à la France entière.

        Il y a dans cette comédie indigne de fort vilaines intentions et une multitude de médiocrités. Ce parti, du haut de sa légendaire modestie, s'arroge dès à présent l'exclusivité de la victoire potentielle. C'est ainsi que, insidieusement, nous est présenté l'enjeu de cette farce à six voix. Celui ou celle qui sortira grandi de ce choc de titan sera seul en mesure de bouter l'affreux gnome qui nous gouverne.

        Point de débat en dehors de cette fabrique à dignitaires, point de réflexion loin de ce navire qui a su si bien voguer entre deux eaux quand ils furent au pouvoir. Mitterrand avait éliminé le Parti Communiste, Aubry et ses pairs décrètent le monopole de la Gauche. Quel joli tour de passe-passe, quel orgueil aussi !

        Pire même, la bataille sous-tend que la lutte finale est désormais inscrite dans le marbre et qu'il n'y aura plus lieu de revenir là-dessus. La droite, qui n'a jamais aussi bien porté son nom se résume au parti du Président, à cette machine de guerre populaire uniquement dans ses phantasmes les plus fous. La gauche, qui fait de l'eczéma à devoir se reconnaître derrière ce parti si tiède, ne peut plus exister en dehors de ce pastiche aimable.

        Nous prenons modèle sur le grand voisin d'Outre Atlantique, le bi-partisme élevé en paradigme démocratique. La seule chose qui pousse à ce partage de la vie publique entre ces deux mastodontes, c'est leur formidable capacité à accumuler des sources de financements, des fonds si gigantesques que toutes les autres sensibilités politique n'ont aucune chance d'être audibles. C'est l'argent qui élimine les autres conceptions de la société et non la puissance des deux copies presque conformes qui s'opposent.

        La primaire est destinée à renforcer cette dichotomie définitive. On nous prépare d'ores et déjà à anticiper la prochaine élection, quand la droite, dans l'opposition alors, fera à son tour sa primaire pour affronter le vainqueur de celle-ci, installée, à n'en point douter sur le trône d'une République moribonde.

        Il y a malhonnêteté et manipulation dans ce processus scandaleux. Déjà, les sept millions de curieux qui regardèrent le premier débat furent revendiqués comme autant d'électeurs probables. À ce petit jeu des audiences, les treize millions d'indignes voyeurs de DSK feront regretter la mise hors-jeu du roi du geste déplacé … Mais le pire est à venir avec cette primaire qui veut prendre dans ses rets les excités du bulletin de vote.

        Déplacez-vous et vous serez comptés par cette machine à fabriquer des adhérents ou des sympathisants actifs. Vous voulez vous mêler d'une affaire interne, on vous internera ! Au soir de la farce, vous découvrirez des faces extatiques comptant les voix bien plus qu'ils se soucieront réellement du résultat de la course à l'échalote.

        Si vous voulez encore vous déplacer, osez affirmer qu'il y a eu débat et mise à plat des désaccords. C'était le bal des hypocrites, des sourires en coin et des accords de façades lézardées. Pas la plus petite polémique, pas le plus mince conflit de fond. Il faut afficher des convergences quand tous les séparent. C'est le contraire de la politique, c'est une réunion de salon de thé et c'est là que vous allez choisir le futur président parmi des candidats qui n'ont pas nécessairement signé leur Engagement aux valeurs de Gauche. J'enrage devant tant de mollesse, tant de courbettes et d'hypocrisie quand la situation exige exactement le contraire. Quelle farce ! Vite, un tribun je vous en conjure ...

    Abstentionnistement leur.

vidéo :
Primaires du PS: mode d'emploi par LCM

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Didier Rochon 10/10/2011 20:42



Bonsoir à toi Bernard et à tout le monde


Je suis dans une colère noire. Quel cinéma, que de mauvaise fois! Nous avons eu droit à un déballage nauséabond de suffisance et d'arrogance. Le débarquement de l'homme du Charolais en gare de
Paris Lyon serrant du bout des doigts quelques mains, les triomphes, pas modestes, du clone de Chirac et de celle qui a oublié qu'elle est originaire d'une région historique du combat de la
classe ouvrière et sacrifiée sur l'autel du capitalisme sauvage, tout cela m'a conforté dans mon refus d'aller voter. Si tous ces pantins étaient de gauche, il y a longtemps que cela se saurait.
Et dire que tous se réclame de Jaurès. Enf.....



BR 11/10/2011 06:43



Didier


Attention, critiquer ce qui apparait comme un succès civique est maintenant interdit.


Oui, il y a supercherie dans cette opération parfaitement menée. Elle sous-enend que l'adversaire du gnome est connu et que le premier tour ne sera maintenant qu'une formalité.


 


Et le débats d'idées, les sensibilités autres, qu'en fait-on ?


Ignorées, évaquées, insignifianates ! ...


 


C'est un vol manisfeste de la bataille idéologique mais personne n'en parle.



Malou 09/10/2011 11:05



Merci pour le pamphlet dont je partage une partie des arguments mais un pamphlet n'engage pas le dialogue n'est-ce pas, il est juste fait pour réveiller les consciences. Et votre verbe si
haut en couleur réussit cela fort bien. J'irai voter juste par utilté politique pour la personne la plus à même de "dégager" celui que vous appelez "l'affreux gnome qui nous gouverne". Il me
semble qu'à un moment donné il nous faut bouger en démocratie pour que notre société soit un peu plus juste. Salinement vôtre.



BR 09/10/2011 11:12



Malou


 


Je cherche à être le poil à gratter à ma modeste place. C'est une fonction nécessaire que certains, plus connus jouent parfaitement à la radio. 


Dans nos départements, le fou du roi n'a pas sa place, le vrai pas celui qui officiait sur France Inter. Quand je vois les comportements des gens en place, j'ai envie de sortir mon nez rouge pour
leur rappeler qu'ils ne sont que nos représentants et non des êtres supérieurs aux droits différents.


Dans ce cas, je fais la grimace, je les agace et ils me menacent ...