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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Quand la pluie du matin rend le terrain chafouin.

Parapluie administratif

    Le ciel joue bien des tours fâcheux dans la principauté d'Ovalie. Le sort d'une rencontre peut parfaitement dépendre des conditions climatiques et l'entraîneur chagrin regarde les cieux plus souvent qu'à son tour. L'existence même de la rencontre peut également ne tenir qu'à un bulletin météorologique, surtout quand les espaces verts ont pris le pas sur le service des sports.

    Nos concepteurs d'espace herbeux dédiés à la pratique des deux grands sports de plein air ont semble-t-il omis d'intégrer la dimension pluvieuse dans leur travail préalable. Stratus, alto- stratus,cumulonimbus et nimbo-stratus sont autant d'ennemis sournois et imprévisibles qui prennent au dépourvu nos pelouses si fragiles.

    Dans des pays prévoyants, des systèmes de drainage eussent été envisagés pour contourner la colère des cieux et mettre à l'abri l'utilisateur d'une déconvenue désagréable. Point besoin de tout ça dans nos régions si peu habituées au grand vent d'ouest et à ses torrents d'eau océaniques. L'administration municipale, bonne fille, veille à la santé des pratiquants et ouvre le parapluie de l'interdiction à la moindre gouttelette.

    Il faut louer la sagesse de ces hommes de bureau zélés qui, en ces temps de grippe H1Pépin, évitent aux imprévoyants de prendre froid. En choisissant la mesure coercitive, ils les contraignent au repos et à la douceur de leurs foyers respectifs.
    L'entraîneur maudit alors l'absence de drainage, l'impossibilité de se rabattre sur une installation couverte, l'inaction forcée qu'il devra subir et la précipitation des uns et les précipitations de l'Autre, le très grand ! En son for intérieur, il s'en veut de ne pas avoir opté pour un sport d'intérieur, toujours à l'abri de l'ire municipale !

    Il joue du téléphone pour avertir ses troupes que la boutique sera fermée pour une durée indéterminée. Et commence alors pour lui une période où les coups de fil vont pleuvoir. Avertir, décommander, différer, s'enquérir des perspectives. Ses tâches seront aussi nombreuses que les nuages dans le ciel.

    Sa semaine sera alors une course poursuite pour trouver des solutions alternatives dans un pays où les installations sportives sont notoirement insuffisantes et leur occupation aussi obscure que cette couche nuageuse qui traîne au dessus de nos têtes. Il cherche un terrain d'accueil, cet espace miraculeux, non pas parce qu'il échappe à la pluie mais parce qu'il est préservé de la bureaucratie tatillonne.

    Il ignore encore si le rendez-vous tant attendu, cette compétition qui donne du sens à son action, pourra être maintenue. La sentence arrivera ou pas, de ces obscures officines qui posent et lèvent l'interdit dans la plus totale opacité.
    S'il se retrouve le bec dans l'eau, il lui faudra ramer pour récupérer ses troupes un autre jour alors que des activités ont été programmées en famille. Il noiera ce chagrin provoqué par une inaction contrainte en rédigeant un texte vengeur contre de pauvres semblables qui ne font qu'appliquer des normes de précautions absurdes.

    Il faut reconnaître que la fréquence de ces interdictions à répétition l'ont rendu imperméable à la plus petite mansuétude pour une gestion qui envisage ce problème uniquement par le biais de la rétorsion. Il lui semble qu'un terrain synthétique devrait avoir sa place dans bon nombre de nos villes pluvieuses mais encore eût-t-il fallu que les bénéfices de la coupe du Monde aillent vers des actions utiles à cette base qui prend l'eau.

    Pluvieusement vôtre.
   

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Circé 04/12/2009 00:22


Il ne reste plus qu'à ouvrir le parapluie administratif.
Pourtant chanter : " I'm singing in the rain " sur un terrain détrempé provoquerait à coup sûr de bien belles éclaboussures !
Et un bel interêt pour une prochaine comédie musicale qui ferait recette...
Imaginez les ballets que cela pourrait créer ?
Allons, je rêve...Mais un peu de couleur dans ce monde tristounet et vert de gris, pourquoi pas ?


BR 04/12/2009 07:16


Un évênement sans grande importance qui pourtant marque de plus en plus le mépris des administrateurs pour les administrés.
Interdiction sans communication.

Le sport n'est pas une priorité, la santé non plus, l'emploi pas plus ...

La sécurité est la reine des préoccupations mais des jeunes accuillis sur les stades ne seraient pas aussi inquiétants que lorsqu'ils sont désœuvrés.

Une politique à courte vue et des méthodes où le mépris à pris le pas (de l'oie) sur la considération düe aux bénévoles.

Inquiétant, non  ?

Augurement vôtre