Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Quand le rien est l'ami du bien

De la sieste ou du temps suspendu.




    Il est un passage obligé de nos vacances sous le soleil qui a ma préférence ; la sieste ! Elle se pratique là encore selon des codes et des rituels qui en disent beaucoup de nos amis les humains. Chacun pratique son repos digestif en fonction de son humeur, de son repas, de ses préférences. Seul le silence est la règle pour ses moinillons d'occasion.

    Le plus perfectionniste s'isole dans sa chambre, se dévêt presque entièrement pour retrouver la fraîcheur de draps de lin (presque introuvables de nos jours). Il ferme porte et volets, se coupe de la bonne société qui doit encore s'affairer à la vaisselle, cet autre plaisir incontesté des maisons de vacances, mais cela est une autre histoire. Il s'offre alors un complément de nuit, un temps de sommeil profond, pour fuir la chaleur qui frappe au cœur de la journée ….

    La coquette met à profit ce petit passage dans le pays des songes pour hâler encore plus un visage qui n'a pas son content de soleil le reste de l'année. Elle doit alors trouver support mobile à son repos horizontal. Certaine n'hésite pas à marauder chez le voisin ce transat à roulette qui ne demande qu'à bouger. Elle doit alors trouver un juste compromis entre ombrage et rayons ardents pour ne pas risquer la brûlure solaire.

    L'imperturbable recherche le confort immédiat, sans se soucier des uns et des autres. Il se bauge au milieu des autres, sur un canapé ou bien un fauteuil confortable. Rien ne peut le détourner de son petit somme. Il ferme les yeux et se laisse emporter sans craindre les derniers soubresauts d'une maisonnée qui va s'enfoncer dans le calme.

    La toujours active s'offre un fauteuil et quelques activités à son goût. Un peu de lecture, un chapitre ou deux, quelques mots croisés ou bien un sudoku pour permettre le repos des moins vaillants, des plus épicuriens. Elle patiente en espérant que les dormeurs dévalent enfin pour retrouver l'activité du jour.

    Le frileux se love au fond de son lit, fenêtre béante pour cultiver le paradoxe, porte ouverte pour montrer à tous qu'il s'affaire à ne rien faire. Il écrase du sommeil de celui qui a trop profité de l'apéritif. Il peut tout aussi bien accompagner sa plongée chez Morphée de quelques grognements du fond de la gorge pour attester de la profondeur de sa fatigue. Il se réveillera la tête encore plus lourde sans vraiment comprendre ce qui occasionne cet étrange phénomène.

    L'activiste se plaint de ce temps suspendu. Elle maudit ces paresseux qui ferment les yeux sur toutes les beautés qui nous entourent. Elle voudrait profiter de chaque minute, respecte un temps le silence des dormeurs avant que de trouver quelques tâches bien bruyantes pour sonner le rappel et relever le niveau.

    D'autres s'offrent la sieste conjointe. Ils prétendent à l'assemblée moqueuse qu'ils ont besoin d'un repos mérité. Le mensonge est illusoire et les clins d'yeux complices ne méprennent personne. Les joues sont plus empourprées au réveil qu'au coucher. Chacun s'étonne encore qu'ils en aient qui osent ce plaisir défendu, cette « messienne » graveleuse qui se fait libertine à ceux qui savent trouver une bulle.

    Puis tout le monde se met en branle au déclin de la chaleur de plomb. La journée peut reprendre, elle se décalera un peu pour profiter d'une sortie, d'un moment de sable ou d'une promenade sous les pins. Tous ces prétextes au mouvement qui n'ont d'autres buts que de pousser un peu les aiguilles jusqu'à l'heure bénie de l'apéritif du soir.

    Alors la troupe un peu vaseuse s'en ira à l'aventure jusqu'à la prochaine étape de ce long et pénible chemin de croix de ces vacances pascales !

    Siestement vôtre.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Bernard 25/04/2011 08:59



Bonjour Bernard,


Comme je suis bien d'accord avec toi ! Voici un moment que l'on devrait ériger en médicament !


Sais tu qu'il est prouver qu'une personne qui travaille et qui à l'occasion de faire une sieste décuple sa vitalité mentale ... et au passage permet une récupération physique qui renforce son
corps.


Pourquoi donc alors dans les entreprises, les collectivités ne pas la généraliser ? Parce que dormir au travail fait mauvais effet ! J'ai à l'occasion de mon exercice professionnel eu
l'occasion de rencontrer un chef d'entreprise qui permet la sieste à ses salariés ... il arrivait à réaliser des gains de productivité supérieurs à sa norme professionnelle. Le mieux serait il
donc vraiment l'ennemi du bien ???


A bientôt !



BR 25/04/2011 12:37



Bernard


 


Jeme doutais que cette activité sérieuse allait satisfaire le sancerrois. La sagesse est la marque de fabrique de l'amateur de blanc et de crottins. D'ailleurs, l'un et les autres favorisent le
peit endormicement post repas.


 


Avec modérationnement tien