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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 06:57
- Publié dans : Ethnologie sportive
Rituel roboratif.
    Dans beaucoup de clubs amateurs, quand la mairie et les installations le permettent, le repas du vendredi soir est une nécessité vitale pour les succès à venir. Notre sport d'esthètes du coup de fourchette et de la cuillère se plaît à célébrer l'esprit convivial dans ces repas de fin de semaine.

    Les dirigeants, cuisiniers bénévoles sont de corvée pendant que ces si choyés membres actifs sont en short, à s'affronter sur le pré. Aux fourneaux, le plat unique est la règle. Le coq au vin ou le cassoulet déterminent les régions et les valeurs locales. La 'charcutaille' fait l'unanimité à l'exception notable de l'entraîneur qui déplore cette habitude impondérable !
    Quelques anciens, avertis on ne sait jamais comment, trônent au bar pendant que les autres s'affairent. Ils restent droit dans leurs bottes et passeront toute la soirée dans cette position. Ils revivent un passé qui deviendra de plus en plus glorieux au fil des verres …

    Les joueurs sortent des vestiaires au compte-gouttes de sueur. Ils ne se hâtent pas trop car quelques corvées attendent les premiers arrivants. Les fumeurs excellent toujours dans l'art délicat d'échapper au travail. Les autres, transforment le club-house en salle de restaurant ou bien en cantine solidaire. Le couvert est mis en dépit des règles officielles de l'art de bien recevoir, mais, ici, cela n'a strictement aucune importance.

    Les apéritifs d'autrefois ont laissé place au petit kir raisonnable. À l'exception de nos beaucoup moins glorieux anciens, la raison l'importe sur l'intempérance et c'est heureux ! D'ailleurs, à l'ombre du clocher, quelques képis, eux aussi avertis par des voies impénétrables, attendent leurs futures proies, pour remplir leur insatiable cagnotte fiscale !
    Le signal du repas tarde toujours. Le joueur est  plus bavard qu'affamé après l'entraînement. Les gens de la cuisine se plaignent de cette attente qui menace la préparation du soir. Finalement, ils rejoignent eux aussi le comptoir et parfois, une petite odeur de brûlé les rappelle à l'ordre !

    Quelques femmes de joueurs s'aventurent dans ce bouge autrefois interdit à la gent féminine. Elles viennent surveiller des époux, prompts à suivre les célibataires dans des virées nocturnes qui échappent à tout contrôle. Elles tissent des liens entre elles et bientôt, la ronde des landaus envahira le club-house les dimanches de match.

    Quand enfin tout ce joli monde est attablé, le trésorier profite de l'aubaine pour faire le tour des impayés, des cotisations en retard, des ardoises récalcitrantes. Les négligents du carnet de chèque sont pris au piège de cette relance publique et doivent céder devant une méthode aussi condamnable qu'efficace.

    L'entraîneur passe de table en table pour échanger avec des joueurs redevenus des individus. Il s'enquiert de la recherche de travail de celui-là, de la santé de la femme de celui-ci, des études des petits jeunes. Un mécontent contrarié l'interpelle pour se mettre à table. La discussion est franche et le différend sera aplani autour d'un bon verre de ce petit rouge de pays.

    Avant la fin de ce repas qui traîne encore plus en longueur que les avants matches, les salariés du samedi s'éclipsent à regret. Quelques chanteurs poussent encore la chansonnette. La tradition tend à s'évanouir pour cette assemblée plus branchée sur son portable que sur le partage réel et chaleureux.

    Enfin, le repas se termine et c'est là le point crucial qui distingue deux sortes de clubs dans notre pays. Ceux où un fruit et un yaourt sont posés négligemment sur la table pour ponctuer à la va vite cette soirée et les autres, moins nombreux hélas, qui proposent un dessert maison pour apporter cette touche sucrée qui ravit le gourmet.
    Douceursucrément vôtre.
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