Mardi 17 novembre 2009
2
17
/11
/2009
12:56
-
Publié dans : Ethnologie sportive
-
-
Recommander
Motivations diverses et parfois avariées.
Chacun en Ovalie, aborde l'entraînement, ce passage imposé par la nécessité, le besoin ou le plaisir, avec
une motivation toute personnelle. La variété des comportements oblige l'observateur attentif à se satisfaire de quelques gros traits pour décrire une réalité très contrastée.
Il y a hélas bien trop rarement les perfectionnistes sourcilleux. Ils arrivent en avance pour répéter des
gammes ou des gestes indispensables à leurs postes. La technique est leur cheval de bataille, l'ironie de leurs camarades leur lot quotidien.
Il y a encore les rois du coup de godasse. Footballeurs frustrés, botteurs compulsifs et malhabiles, ils frappent à froid, ça va de soi, comme des sourds, dans des ballons qu'ils
n'ont même pas pris la peine de gonfler convenablement.
Il faut alors attendre les bavards, les palabreurs du vestiaire qui ont toujours tant à dire, surtout quand la météo est incertaine. Ils viennent pour décompresser d'une
journée de dur labeur et ne sont jamais pressés de démontrer leur motivation.
Il faut ensuite pousser de la voix les improbables. Ceux-là , on se demande vraiment ce qu'ils viennent faire sur ce pré qu'ils finissent par fouler après moult tergiversations.
Ils attendent vraisemblablement la douche réparatrice ou la buvette consolatrice.
On doit compter les absents chroniques. Ceux qui
ne se déplacent que les semaines de matches à la maison et qui ne viennent que pour le dernier entraînement. Leur phobie des transports et peut-être du sport, les empêche de se rendre au stade plus
souvent.
On doit freiner au plus vite les saigneurs de l'entraînement. Ces garçons redoutables pour leurs plaquages meurtriers, beaucoup plus pour leurs partenaires la semaine que pour
les adversaires du dimanche. Étrangement, le jour du seigneur, ils sont doux comme des agneaux de lait.
L'entraîneur s'énerve après les princes de l'évitement et les rois du raisonnement. Ils ont toujours une envie
pressante au moment de l'effort, une bouteille à remplir, un problème à aborder avec un dirigeant de passage. Pour eux, tout est prétexte à écourter l'entraînement.
L'entraîneur vitupère ensuite contre les spécialistes de la transgression exaspérante. Ils ne respectent aucune consigne ni aucun principe. Ils se lancent dans un exercice sans
avoir écouté les explications et ne tiennent jamais compte des corrections proposées.
Les joueurs s'emportent après les plaies de l'équipe. Plongeurs fous, tricheurs absolus, ils méprisent la règle et les évolutions du jeu. Figés dans des pratiques ancestrales ils
sont dangereux la semaine et pénalisés sans cesse le dimanche.
Les joueurs soupirent encore devant les maladroits systématiques, ces contre-experts des aptitudes psychomotrices !
Incapables de se saisir d'un ballon ou de réaliser une passe convenable, ils sont pourtant toujours les premiers à vouloir jouer en arrêtant ainsi l'action en cours.
Au milieu de ce bel échantillon des déviances et des perversions, il faut encore initier le débutant,
relancer celui qui sort de blessure, préparer des compétiteurs et satisfaire des joueurs loisir. Il faut surtout préparer des hommes pour un sport qui exige concentration, écoute et condition
physique, compétences techniques et rigueur collective. L'entraîneur cherche à remplir ces délicates missions en clamant après les uns, réveillant les autres, supportant certains, ignorants les
boulets rédhibitoires. ……
Il est des soirs
d'entraînement où brûler un cierge pour le match à venir serait d'une plus grande utilité que la vaine agitation dans laquelle s'épuise notre homme !
Rugbysticohétérogènement vôtre.
1
Derniers Commentaires