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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Quelques pierres au débat sur l'identité

Une vraie (double) fracture sociale

Un prompt rétablissement à THIERRY.

    Au cœur du débat national sur l'identité, dans une agglomération qui servit de laboratoire de basse police à la future politique sécuritaire de notre immense Président, un banal fait divers met en lumière les zones d'ombres de cette inextricable débat.

    Thierry, jeune adulte,éminent représentant de la bande à Jules, une équipe de Rugby de juniors, terminait son entraînement dans une ville périphérique d'Orléans, la ville de la sécurité absolue sous le regard d'un Big Brother aux dents longues et aux vidéos inquisitrices.

    Thierry rentrait cahin-caha, une chaussure à la main, victime d'une légère entorse. Marchant plus lentement que ses camarades, il se trouvait en queue de cortège, accompagné d'un seul coéquiper qui ne voulait pas le laisser seul.

    Le chemin des vestiaires passe le long d'immeubles comme il en existe partout. Une cité agréable et aérée, plutôt bien entretenue, sans les marques habituelles de la dégradation sociale. Tapis dans le noir, derrière des arbres, des bêtes immondes guettaient leur heure.


    Thierry reçu une pluie de cannettes de bière, comme ça, gratuitement, pour tuer le temps et le bonheur des uns. Ce plaisir insupportable pour les prédateurs nocturnes que d'autres trouvent dans l'engagement associatif, dans le respect de la règle et des contraintes.

    Régulièrement, sur ce chemin, des agressions verbales, des jets de pierres, la monté de l'angoisse et l'incompréhension pour de jeunes gens qui viennent seulement en ce lieu pour s'épanouir dans un sport qu'ils ont choisi. Une poignée de charognards, casquette vissée sur un crâne peu habitué à la réflexion, dissimulés derrière une capuche qui vous retire tout aspect humain, les monstres sèment la haine…

    Ils ne souhaitent qu'une chose, régner en maîtres absolus sur une zone de non-droit. Ils veulent le vide autour d'eux, l'absence d'alternative à leur ennui mortel, la domination totale sur le seul espace qu'ils se reconnaissent. Ailleurs, ils subissent les tracasseries policières, les contrôles au faciès systématiques. Ils perdent leur temps et souvent, celui des autres dans des écoles qui ne les ont pas pris par la main quand il était encore temps. Ils se désespèrent d'un avenir qu'ils ne conçoivent qu'au travers des modèles qu'on leur sert dans des paillettes illusoires. L'argent facile, l'argent sans effort, le travail qui ne ressemble pas au travail, l'absence d'effort apparent, sont pour eux les modèles à atteindre.


    La réalité est d'autant plus insupportable que ce modèle n'existe pas vraiment, qu'il se construit sur la mise à l'écart du plus grand nombre. Alors, la haine déborde au quotidien et, la nuit venue, Thierry se voit puni d'avoir une vie ordinaire, d'être ethniquement et socialement différent d'eux, d'adhérer à une société qu'ils refusent en l'état.

    Les suppôts de Satan, de Lucifer ou d'Iblis, n'ont aucune morale, aucune loi, aucune humanité. Ils peuvent se gargariser du nom de Dieu, du livre et de la religion, ils sont dénués de toutes les valeurs qui permettent de vivre en société. Leur combat, ils le mènent contre eux-mêmes, cette violence qui les ronge, ce désespoir qui les prive de perspective mais comme tous les lâches, ils s'en prennent aux autres, ceux qui ne leur ont rien fait et qui n'y peuvent rien, dans l'obscurité et par traîtrise. La fuite est leur seule explication …


    Notre société est bien malade pour avoir nourri en son sein de tels êtres. Ils ne sont qu'une poignée en ce lieu, ils agissent parce que tous les adultes y ont baissé les bras, abandonné toute action sur leur environnement immédiat. Ils font le lit du racisme et de la haine, de l'insécurité et de la peur. Ils ne participeront pas au débat sur l'identité nationale. Ils n'ont  plus de mots pour s'exprimer alors ils jettent des pierres, insultent et donnent des coups.

    Politiquincorrectement vôtre.

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Circé 15/11/2009 15:47


C'est une analyse profondément humaine que vous tenez là.
Et vous n'avez pas peur de regarder la part d'ombre de l'humain en l'éclairant d'une autre lumière, sans jeter l'anathème, mais sans éluder ou excuser non plus.

Bien des politiques devraient avoir votre analyse et trouver de véritables solutions qui ne sont ni esbrouffe, ni basse besogne, ni matériel-caméra à implanter.

Retisser ce nécessaire lien social qui fait tant défaut en ces endroits où on a définitivement supplanté les éducateurs par de peusos-caméras ne réglant rien où une police de proximité dont le rôle
n'était pas de jouer au ballon avec les jeunes ( dixit un pathétique ministre de l'intérieur aujourd'hui tout aussi néfaste président de la république) qui a été tout simplement supprimée.

Le résultat ?
Thierry victime, mais aussi ces barbares qui défendent un "territoire", dérisoire endroit sur lequel on les cantonne et où ils pensent exister.


BR 15/11/2009 19:43


Merci de ne pas me décerner un mépris singlant comme le fit la Gazette d'Orléans, prétendant que je mélangeais tout. Apparemment, ces gens n'ont pas supporté que je mêle l'éducation nationale aux
responsabiliés collectives ...
Ils ne se doute pas que je suis en première ligne depuis des années dans notre bonne et vieille éducation natinonale. Classes,ateliers, dispositifs relais, prison, zones sensibles … Opérations
commandos avec les plus discrésifs..

Je sais comment ils fonctionnent. Je sais aussi que la maison crée sans cesse des inégalités, que les devoirs sont là pour favoriser les bons et entraîner ceux qui ne peuvent être aidés vers le
bas. Que personne dans la maison ne veut intégrer la dimension éducative au nom du devoir d'enseigner.

Tout celà ne peut être entendu par la gauche bien pensante du PS.
Mais est-ce encore la gauche ?