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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Quels enfants allons-nous laisser à notre Planète ?

Il n'y a plus de jeunesse !

 

 



De génération en génération la même antienne, la belle rengaine du bon vieux temps, des valeurs qui se perdent et de l'inexorable dégradation des relations. Nous ne pouvons échapper à ces jugements à l'emporte-pièce à travers lesquels nous espérons échapper à l'inéluctable fuite du temps, celle qui progressivement fait de nous des anciens si peu sages, que les jeunes ne daignent même plus nous écouter !

Nous avons oubliée temps glorieux où nous étions comme eux, irrespectueux, fougueux, inconscients avec tout l'avenir devant nous. Les folles espérances étaient nôtres, nous voulions bousculer l'ordre établi, nous rêvions de lendemain qui nous enchantent, de fraternité entre les peuples et de la concorde universelle.

Nous avions encore le bonheur de profiter d'une éducation décidée par des hommes pour les hommes de demain. Nos pères, nos maîtres, nos mères, nos références avaient encore des choses à nous enseigner que nulle concurrence déloyale ne venait remettre en cause. Ils leur suffisaient de supporter les distorsions de nos rébellions juvéniles, l'essentiel passait et la transmission était réelle.

Puis, progressivement, des outils de plus en plus puissants, de plus en plus lointains, toujours plus au service d'une conception mercantile du Monde a pris le pas sur la sagesse des humains. La télévision, le cinéma, internet et toutes les ondes invisibles sont venus tisser une toile qui rend inaudible la parole des sages, les mots de l'expérience et de la transmission.

Le passé s'est dissout au seul profit d'un présent de l'immédiat. Ces enfants que nous laissons grandir sous l'influence des grands Ayatollahs du profit, de la médiocrité, de l'inculture et de la facilité perdent de vue ce qui faisait tant bien que mal le socle commun de nos connaissances humanistes. Ils ont en leur possession bien plus de connaissances que nous n'en avons jamais eu, elles sont pour la plus grande part, installées dans l'éphémère et la vacuité.

Plus rien ne relie les générations qui arrivent à celles qui les ont précédées. Elles grandissent d'ailleurs de manière de plus en plus séparées, compartimentées. Les anciens croupissent dans des mouroirs s'ils n'ont pas la chance d'avoir amassé l'argent nécessaire pour engraisser les marchands du dernier âge. Chaque génération vit selon ses codes propres que des modes bien utiles définissent dans une ronde folle pour éviter toute interpénétration des âges.

Nous sommes dans la société la plus compartimentée qui soit. Tout est prétexte à ségrégation, distinction, mise à l'écart, développement séparé. L'âge, les origines sociales, les religions, le niveau de fortune ou de misère, la couleur de peau, les gouts musicaux, les modes vestimentaires provoquent des réflexes de clans hermétiques aux autres. L'entre-soi et l'individualisme sont au cœur de ce système, résultat patent d'un immense conditionnement des esprits.

La publicité a fait son œuvre. Elle s'est installée partout, noyautant les journaux d'information, organisant la pensée politique, imposant ses standards par la loi et pire encore par l'injonction sociale. Il faut être comme on vous le demande, ne pas sortir des rangs, ne plus réfléchir et se lancer dans une fuite en avant qui ne laisse plus aucune place à la réflexion, à la lecture, à l'étude ou à la culture. Même les spiritualités préfèrent l'endoctrinement à la méditation !

Nos enfants, futurs citoyens du Monde ne seront que des éponges à marque de soda, des utilisateurs compulsifs des dernières inventions de la communication, des joueurs, des parieurs, des adorateurs de vedettes qui n'ont rien à dire, des moutons dépensiers, des êtres privés de rêves et de convictions, des abstentionnistes sans conviction.

Voilà les enfants que nous laisseront à notre Planète, oublieux du passé, ignorant de la Terre, incultes et barbares si nous ne faisons rien pour redonner au savoir, à la science, à la poésie, à la philosophie et à toutes les merveilles qui germent dans l'esprit humain, plus de place que le téléphone portable, les réseaux sans âme et l'inculture de nos télévisions.



Sagement leur.

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