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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

RCO 17 - Nevers 20

Je n'ai besoin de personne ….

La dernière en guise de baroud d'honneur.

Le RCO a connu une saison noire, une série incroyable de défaites à la maison, toutes ou presque de peu, comme si la machine à marquer des points était en panne. Il a été évoqué le buteur, cet homme providentiel qui cache la misère offensive, la malchance, ce bel argument invérifiable, l'arbitre, la variable si commode. Pourtant à bien y regarder, il y a surtout une absence de schéma collectif, cet outil indispensable dans un sport qui regroupe quinze joueurs.

Pour célébrer la descente, les organisateurs eurent deux bien étranges idées. La première fit grand bruit en nous offrant un défilé surréaliste de Harley-Davidson sur le terrain même, mon cœur d'éducateur saignait de voir ces gros-cubes pétaradants là où les joueurs allaient s'exprimer, mais je suis sans doute un vieux rétrograde qui ne comprend rien à rien. La seconde fut pire encore en confiant ce dernier match d'une saison parfaitement indigeste à la société Mac Donald !

Mais laissons ces considérations extra-sportives pour nous pencher sur le contenu de ce baroud d'honneur. Nevers propose d'entrée de partie un jeu par blocs, le ballon file d'une aile à l'autre, les joueurs sont très mobiles, arrivent sur le lieu d'affrontement à pleine vitesse et cherchent toujours à franchir la ligne d'épaule. Un neuf magnifique à la baguette , les choses s'annoncent bien compliquées.

 

D'autant plus qu'il ne faut attendre que dix minutes pour voir le premier essai des visiteurs. Le ballon vole de mains en mains, la vitesse et l'évitement font le reste et l'ailier gauche déborde en bout de piste pour aller aplatir sous les perches : 0 à 7. Orléans riposte à sa manière plus brouillonne, confisque même le ballon pendant une dizaine de minutes.

C'est là que la comparaison saute aux yeux. Le RCO multiplie les points de regroupements, le jeu se limite le plus souvent à une passe, un passage par le sol. Il y a une débauche d'énergie pour une production stérile et sans danger potentiel. Nous reviendrons ultérieurement sur l'analyse de cette mi-temps symbolique de la faillite de cette méthode. La vitesse d'éjection est elle aussi défaillante. Beaucoup d'efforts pour rien ou presque : deux pénalités permettent de recoller au score : 6 – 7 à la 21 ° minute.

La minute suivante, Nevers sentant le danger, réagit. Un énième ballon rendu au pied par Orléans, une relance, une faute, une pénalité vite jouée par le joueur le plus malin (le 9) et l'affaire est vite réglée. 6 à 14, on devine une balade de santé. C'est pourtant le contraire qui va se passer. Nevers est suffisant, les derniers gestes sont négligés, la touche est enrayée, la lutte au sol ne mobilise pas assez de joueurs. Orléans joue plus de ballons sans vraiment changer sa méthode.

Il faudra un exploit individuel, deux joueurs qui sortent du cadre monotone que l'équipe a déroulé depuis le début pour redonner espoir à un public qui n'a cessé de croire en ses favoris. La défense de Nevers monte en inversée, Junquet fixe et sert à l'intérieur son ailier gauche Nasso qui s'offre un slalom géant plein de détermination pour aller pointer à dame 50 mètres plus loin. C'est une inspiration sublime : 11 – 14 à la 38° minute et égalisation sur pénalité à la mi-temps pour rêver un peu.

Le rêve va durer toute la seconde période pour les fidèles. L'ennui dominera pour les observateurs neutres. Le deuxième acte sera un long, très long monologue de Nevers qui monopolise totalement le ballon et les initiatives. Orléans défend avec un cœur qui force l'admiration compte tenu de son classement et du manque d'enjeu. Nevers vendange et exprime ainsi son regret d'être dans la mauvaise partie de la Bourgogne.

Le « planchôt » se meuble simplement de pénalités. Les maladresses et la défense interdisant les essais. À toi, à moi sur les rares incursions des noirs en zone adversaire. 17 à 17, un match nul comme cadeau d'adieu, le public s'en contenterait. Pas les joueurs qui cherchent malgré tout à se sortir de l'étreinte lors de quelques contres. Rien n'y fait. Les esprits s'échauffent, les cartons sont sortis, la bataille se fait plus brouillonne encore. À ce petit jeu, Nevers y perd sa lucidité et Orléans gagne encore en énergie du désespoir.

Il était écrit que rien ne devait sourire cette année. Une pénalité à la 79 ° minute vient redonner l'avantage aux gars de la Nièvre. Le RCO aura la balle d'égalisation au bout du pied. Ils font le choix du panache, jouent une pénaltouche qui ne donnera rien. La saison se termine par une défaite de plus, les regrets sur le score 17 à 20 mais certainement pas sur la manière.

En première période, les locaux ont exploité 18 ballons, se sont fait 62 passes, total assez décevant à ce niveau. Ils sont très souvent, trop souvent passés par le sol faute de solution de continuité : 57 rucks souvent improductifs, lents et inutiles. Nous devinons une impuissance quand sur une action significative des difficultés locales, le ballon va de droite à gauche et vice-versa, balaie toute la largeur du terrain avec 12 passes, 5 passages par le sol pour ne pas avancer de plus de 5 mètres et finir par perdre la balle au sol.

La puissance du paquet n'est pas exploitée, seulement trois mauls sont créés plus par coïncidence que par volonté organisée. Derrière ces regroupements, le pied est une solution par défaut ou par dépit. Il manque vraiment une ligne directrice bien plus que de talent. Il y a des joueurs de qualité mais pas de schéma collectif.

La seconde période donnera les mêmes impressions, le ballon en moins. Orléans est le plus souvent réduit à la défense et n'aura vraiment que 7 ballons d'attaque. Il faudra attendre la dernière action pour sortir du cadre restrictif et voir 11 passes, 5 passages par le sol et un maul pour un sursaut d'orgueil qui aurait mérité meilleur sort ! Le speaker félicite les joueurs, ils ont démontré leur vaillance, la défaite pourtant en demeure intolérable. Il faudra un fond de jeu la saison prochaine pour donner un cadre à des joueurs qui ont des qualités mais pas de repères.

 

Bonne chance à eux en Fédérale 2. J'espère que je pourrai plus souvent écrire un billet sur leurs futurs exploits. Ma retraite sportive m'en laissera le temps.

 

 

Tactiquement vôtre.

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