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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Réflexion d'un lâche

L'impossible choix.


Ce douloureux dilemme.

 

 



    Lundi, premier vrai jour de classe dans nos collèges après deux jours consacrés à l'accueil étalé, la distribution des livres pour ceux qui y ont droit (les élèves de Segpa échappent à ce droit élémentaire sans que personne ne s'en offusque et subissent une fois encore une discrimination silencieuse). Nos chères petites têtes de toutes les capillarités possibles attendent avec inquiétude, espoir ou ennui le véritable départ de l'année.

    C'est pourtant là que nos chers syndicats ont décrété l'arrêt de travail. Deux jours même pour les plus enragés d'entre-eux. Ils ne se doutent pas du terrible cas de conscience professionnel qui agite les derniers hussards noirs de notre République. Le pourraient-ils d'ailleurs, eux qui sont depuis belle lurette dispensés de classe, déchargés selon l'affreuse appellation officielle qui sous-entend que notre activité serait une charge insupportable !

    Il est impensable de s'arrêter lors de la prise d'élan. Tous les sportifs vous le diront ! La reprise d'appui se compliquerait alors de façon très significative. Pour les enfants, vous passez immédiatement pour un candidat aux absences à répétition, une petite catégorie qui bien que parfaitement minoritaire gangrène la profession avec une rare efficacité. Pour les parents, vous perdez immédiatement toute crédibilité ou vous confirmez la piètre opinion qu'ils ont de la corporation des fainéants patentés.

    Il est inconvenant de ne point exprimer sa colère face à ce pouvoir scandaleux, qui méprise les fonctionnaires et les travailleurs de tous bords, qui déshonore le pays à longueur de coups fourrés, qui humilie les plus faibles et flatteles plus forts. Il appartient à tout honnête citoyen de hurler son indignation, de signifier son ras le bol, de montrer les dents et de serrer les poings.

    Mais pourquoi faudrait-il le faire toujours en dressant les unes contre les autres les victimes de ce pouvoir qui se moque d'une journée de grève comme de son dernier mensonge ? Pourquoi envisager toute protestation à l'aulne de cette unique procédure : « la grève » qui est économiquement aberrante, contre-productive quand on n'est pas au cœur d'un système productif ?

    Les barons du syndicalisme ne sont pas capables d'envisager des actions plus insidieuses, innovantes, subversives, gratuites. Le respect de la loi autorise t-il d'emprunter des chemins détournés pour la contestation et le blocage d'un gouvernement qui de son côté ne se gêne pas  pour utiliser des procédures plus que douteuses ?

    Lundi et mardi je serai face à ceux pour lesquels doit se porter toute mon attention, toute ma force de travail. C'est ainsi que je pense agir contre cette droite qui veut d'abord décrédibiliser l'éducation nationale avant que de la mettre à mort après l'avoir étouffée à petits feux. Faire grève c'est rentrer dans ce dessein terrible, c'est aggraver un peu plus encore le gouffre qui sépare les élèves privilégiés du privé et les laissés pour compte en berne du public.

    Lundi et mardi je travaillerai et j'aurai honte car ainsi je cautionnerai le diable. Je ne peux me sortir de ce dilemme effroyable. Je validerai ipso-facto la réforme scandaleuse des retraites qui ne vise qu'à abaisser le niveau des pensions. J'en veux à cette opposition qui n'a pas compris qu'il fallait emprunter de nouvelles formes de combat. Qu'il est temps maintenant d'entrer en guérilla civique face à un pouvoir qui, lui, de son côté, n'hésite jamais à user de la menace, de la peur et de l'arbitraire.

    Il est  temps d'entrer dans la lute clandestine pour montrer un visage lisse et sans aspérité afin de mieux frapper la bête immonde qui menace notre démocratie en s'évertuant avec un réel succès à détourner les braves gens des urnes.

    Alternativement vôtre


Je serai gréviste sur mon lieu de travail, pour lutter contre les inégalités encouragées par ce gouvernement inique tout en protestant à ma manière contre la réforme injuste.

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Patrick 07/09/2010 13:31



Où doit-on chercher la solution ? Le problème demande une analyse sérieuse faisant abstraction de toute recherche de "congétinisme".


Mais seront-ce des heures ou journée payé . . . Voilà ce qui me fait douter du parfait engagement social d'une journée de grève


Bien que nos idées divergent, je trouve ta démarche courageuse, responsable et SURTOUT novatrice dans le cadre de l'éducation nationale (voir des autres secteurs)


ACTIVEMENT VOTRE



BR 07/09/2010 15:31



Patrick


 


La rumeur qui a été volontairment mise en action prétendant que les fonctionnairs grévistes sont malgré tout payés est purement falacitieuse.


Faire grève tout en remplissant sa mission est un acte inutile suaf pour les quinze enfants que j'avais toute la journée et leurs parents. J'aime les actes gratuits mais celui-là me coûte un peu
!


J'ai même l'impression d'avoir pissé dans un violon, c'est te dire que je sors de cette journée amère et cocu. Car nulle réflexion sérieuse ne sortira de ce tumulte.


Pourquoi les jeunes commencent-ils à trvailler si tard ?


Pourquoi il n'y a pas de place pour les seniors dans les entreprises ?


Pourquoi ne pas prévoir des emplois de départ progressif vers la retraite, différents, moins stressants, moins pénibles et tout autant utiles ?


Pourquoi l'inégalité devant la pension de retraite après une vie d'inégalités ?


Pourquoi l'argent du capital et de la spéculation ne ârticipe pas à l'effort de solidarité ?


Pourquoi la cupidité des uns, la pauveté des autres ?


Pourquoi n'est-il pas possible de se parler ?


Questionsansréponsement vôtre