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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Réflexions indispensables sur le compromis.

Compromis ... Contenu !

Dérapages verbaux.

stop violence femmes

En cette terre du bout du monde, trois individus discouraient à deux pas de la mer pour examiner les mille et une manières d'accepter le compromis. Le plus virulent des trois, intègre protestant suisse, tenait le haut de la sagesse en cette docte assemblée.

 

Il affirmait péremptoire que le compromis est l'art des sages, ceux qui acceptent de faire un petit bout de chemin pour aller à la rencontre d'un point de vue distinct du leur. La chose n'est pas aisée en cette société où le débat se nourrit d'invectives, de mots qui tuent, de phrases qui tranchent et qui le plus souvent campent sur leurs positions initiales.

 

Puis, le sujet semblant avoir épuisé nos discoureurs, le Suisse pris le pas sur le calviniste et se gaussa à la surprise générale d'un jeu de mot aussi vilain que laid. Il se permit, chose étrange de scinder le sujet de conversation pour en faire immédiatement un sujet de consternation !

 

Son com-promis ne resta pourtant pas sans écho. Il réveilla l'éloquence et la verve de nos dialecticiens éclairés. Qu'il y eut dans le lot une orthophoniste ne fit, à n'en point douter, qu'exacerber les dérapages lexicaux, les allusions sérieuses et les remarques graveleuses.

 

Ce compromis-ci devient immédiatement un accord tacite entre deux parties dont l'une se trouve immédiatement prise au piège d'un contrat qui n'est pas de bois. Les lèvres se délient et nos énergumènes considèrent le mariage comme un contrat nuptial qui se délecte de maintenir la confusion sur ce que doit être un devoir conjugal.

 

Le maire en son palais, en scellant l'union, ouvre des perspectives douteuses, une grotte qui se doit d'accueillir ce que la loi lui somme de recevoir fidèlement. Il transforme ainsi le don de soi, l'offrande amoureuse en une vilaine obligation que l'homme, dans sa toute puissance, ne manquera pas d'imposer selon son bon plaisir.

 

De cette terrible interprétation naissent bien des souffrances, des drames familiaux secrets et inavouables qui placent la victime au rang des accusées qui doivent savoir pourquoi. Quelques coups, quelques larmes, parfois le viol souvent la contrainte et l'indifférence habillent ces drames du silence qu'il faudra toujours taire !

 

Ailleurs ce compromis doit absolument préserver sa pureté. La promesse du don impose une virginité intacte. Il faut alors tourner le dos aux convenances et pratiquer des rites obscurs qui surprennent un peu plus notre ami helvète.

 

Que certaines empruntent d'autres voies pour préserver à leur futur époux la forme à défaut de fond, restait jusque là un mystère pour notre homme. Nous tairons celles qui usent de cet artifice. Il faut jeter un voile pudique sur ce genre d'attitudes qui se déroulent au plus secret des arrangements avec la morale et des superstitions ancestrales.

 

Notre société peut tout aussi bien être montrée du doigt. Elle étale à profusion l'image du corps, elle confond la suggestion et la plus ville pornographie. Pas une image, pas une publicité n'échappe au spectacle dégradant d'une femme rabaissée à hauteur de trottoir.

 

Nous choquons par la même, des gens qu'on accueille en notre société et qui ne peuvent accepter cette représentation malsaine destinée à nos regards concupiscents. Ils s'enferment alors dans des réactions diamétralement opposées. La femme dénudée chez les uns, couverte de la tête aux pieds pour les autres.

 

Nul compromis entre ces deux visions extrêmes, nul espoir de dialogue si rien ne change de chaque côté. La femme putain et la femme fantôme ne pourront jamais se rencontrer.

 

Compromissionnement vôtre

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