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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Remplir le coffre

La sinécure du volume.




Ah, les vacances ne seraient qu'un merveilleux chemin de miel et de douceur s'il n'y avait pas ce moment fatidique, à l'aller comme au retour, cette corvée suprême qui déchire les familles et oblige à des arbitrages douloureux : « Remplir le coffre ! ».

Par quel bout que l'on aborde l'opération, il y a toujours des impossibles, des associations qui rebutent la géométrie vacancière. Le mou et le dur ne font pas bon ménage, pas plus d'ailleurs que le cubique et le parallélépipédique. L'informe peut combler quelques lacunes mais ne peut remplir un coffre à lui tout seul.

La sagesse du bagagiste occasionnel ou régulier, son art diront certains, consiste à associer dans la plus parfaite harmonie les contraires tout en respectant les contraintes que l'on s'évertue souvent à lui imposer en dernière minute. Il doit alors garder son calme pour ne pas tout envoyer promener et rester à quai !

Le gros doit prendre la première place, c'est une règle de sagesse. Il y a plusieurs manières de concevoir la chose, le gros régulier, la valise à l'ancienne qui se peut ranger à plat ou sur la tranche selon la suite à venir, le sac à roulettes que je voue personnellement et définitivement aux gémonies pour son côté mal-commode à l'arrêt, lourd et parfaitement inutile à celui qui n'aime pas traîner sa misère derrière lui.

Le gros aime à côtoyer le souple, le sac plus petit qui se plie aux exigences du volume restant. Le sac de sport a ma préférence au sac en plastique de nos grands distributeurs. L'un sait se contenir quand l'autre finit toujours par dégueuler son trop plein quand la compression le commande. Mais il y a des impératifs qui surgissent au dernier moment. L'outil à emmener pour le cas ou …, cette précaution fatale au bel ordonnancement.

Le manche est l'ennemi de l'ordre, il n'a jamais longueur à sa convenance. Il faut reprendre la procédure au point de départ, trouver manière de caser l'encombrant pour croiser les doigts en espérant qu'il ne vienne pas briser l'encastrement précédent. Les jeux des enfants sont tout autant problématiques. Le ballon est à ce titre parfaitement mal commode à stabiliser et je conseille celui de Rugby pour échapper à ce souci gonflant !

La trousse de toilette surgit souvent quand il n'y a plus de place. La trousse molle se love sans histoire quand la mallette est un casse-tête de trop. J'ignore pourquoi elle n'est pas proposée au début de cet étrange jeu de légo, elle s'obstine dans sa rigidité à rendre impossible la fermeture du coffre, il faut alors reprendre l'opération et s'arracher les cheveux puisque le peigne est à l'intérieur.

Quand tout a retrouvé place, le pique nique du midi s'impose comme une contrariété nouvelle. Il ne supporte ni la pression ni l'horizontalité. Trop de débordements potentiels ou d'explosions à redouter. Il se veut accessible y compris pendant la route quand le petit-creux menace le voyageur. Il faut alors établir compromis entre le temps qu'il fait et la fermeture de la plage arrière à moins d'accepter de manger chaud …

Tout est calé, l'auto est prête, le coffre a pu être fermé sans rien abimer quand au moment de partir, on se rend compte que les manteaux l'hiver, les vestes l'été sont restés dans la maison. La plage fera l'affaire quand la communauté voyageuse se limite à deux personnes. Au delà, le bouchon s'avère être la seule manière de casser le blouson du petit dernier à moins de ne plus pouvoir utiliser le rétroviseur intérieur.

Voilà, nous pouvons partir, le plus difficile est fait. Le long ruban de bitume peut se dérouler sous nos pneus, mais que se passe-t-il justement ? La crevaison sournoise nous prend au dépourvu. La roue de secours se trouve comme par un hasard maléfique au fond de ce maudit coffre plein la gueule. Il faudra tout recommencer.

Coffrement vôtre.

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