Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Rugby, le retour de la flamme olympique.

Le revers de la médaille.
    Cette fois, sonnez tambours et videz les musettes, le Rugby refait son entrée aux Jeux Olympiques. Tout le monde est content dans la belle principauté d'Ovalie, le sport que nous aimons accédera enfin à l'universalité. Hélas, je vais une fois fois jouer les rabat-jubilations, l'empêcheur de tourner en ovale et je vais envoyer un gros Gnon à la face replète de nos éternels satisfaits !

    D'abord, ce rugby à VII est un tout autre sport. Il a le terrain du rugby, en partie les règles du Rugby, la forme du Rugby mais ça n'est pas du Rugby. C'est un sport aux exigences physiques et techniques redoutables qui ne peut être pratiqué que par des athlètes. Il induit une véritable uniformisation morphologique et nie un peu plus encore cette complémentarité des différences qui fit longtemps l'honneur de ce sport. Il demande tant qu'il ouvrira encore un peu plus la porte des pratiques prohibées pour jouer avec les cuisses qui dégoulinent d'acide lactique.


    Ensuite, ce jeu à VII n'a aucun caractère universel. Un amateur moyen, un pratiquant régulier des niveaux inférieurs ne dispose pas du potentiel «énergétique »
 pour s'essayer à cette pratique. Ce sport est une activité exclusivement réservée à l'élite. Par contre, il permet à n'importe quelle nation de « monter » une équipe compétitive en s'en donnant les moyens. C'est l'avantage essentiel de cette version qui permet déjà au Kenya, à la Russie et à la Corée de briller face aux grandes nations.
    Mais ce point favorable deviendra rapidement un boulet à traîner lorsque tous ces joueurs issus des nations nouvelles, chercheront à rentabiliser leur investissement olympique en signant des contrats dans les clubs à XV de France et d'Angleterre. La part des nationaux dans les championnats domestiques n'a pas fini de diminuer et les jeunes français n'auront que leurs yeux pour pleurer leurs espoirs déçus.
    Monsieur Lapasset, en grand politique qu'il est, savoure une victoire dont il mérite légitimement les éloges. Par contre, s'il se retourne un tant soi peu sur son héritage, les soucis commencent et n'ont pas fini d'obscurcir l'horizon bleu blanc rouge du coq et des pintades. La filière jeu à VII est totalement délaissée dans cette fédération dont il a eu si longtemps la charge. Les résultats internationaux brillent par leur irrégularité et parfois par leur médiocrité. L'équipe nationale à VII n'est pas composée des meilleurs français et le pauvre entraîneur national n'est connu que des rares initiés. (Thierry Janesek)


    Que se passera-t-il si par malheur, ou en toute logique peut-être, la France ne figure pas dans les douze nations qualifiées ? Le Rugby retrouverait la une des journaux. Les moqueurs s'en donneraient à cœur joie et j'aurais encore de belles chroniques à écrire !

    Le Rugby français ne peut manquer cette échéance, c'est un rendez-vous incontournable. Mais une nouvelle fois, qui va payer ? Est-ce qu'une fois encore, les clubs seront ponctionnés ? Constituera-t-on un bataillon de futurs « médaillables » qui se préparera dans le giron de la fédération ? Qu'est ce qui attirera et motivera ces candidats à l'improbable ?
    Les questions ne manquent pas, encore faudrait-il qu'elles arrivent jusqu'aux oreilles de nos dirigeants, plus habitées à écouter les compliments des flagorneurs de tous poils, que les critiques constructives des rares francs tireurs encore en exercice.

    2016 c'est demain et ce sera à Rio. Il ne faudrait pas que l'opération tourne au Grand carnaval pour la France. Les futurs « sélectionnables » sont actuellement cadets ou juniors. Nous attendons très rapidement un plan d'envergure avec une vraie lisibilité, des moyens conséquents et pas des opérations à la petite semaine comme c'est souvent (toujours ?) le cas.

    Flasquement vôtre.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article